CORRIGES

Polynésie, septembre 1998

Durée de l’épreuve : 4 h

Coefficient : 8


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Partie 1 (10 points)

Biologie humaine

Corrigé

1. (2.5 points)

1.1

1.1.1

1 : plaquettes

2 : globules rouges

3 : granulocyte

4 : lymphocyte

5 : monocyte

1.1.2

Les granulocytes, les lymphocytes et les monocytes peuvent se trouver en dehors du compartiment sanguin.

1.2

1.2.1

Les plaquettes ou thrombocytes sont des fragments cellulaires provenant de cellules géantes, les mégacaryocytes, qui se forment dans la moelle rouge des os (moelle osseuse) comme tous les éléments figurés du sang.

1.2.2

Les plaquettes interviennent dans la première étape de l'hémostase, ensemble des phénomènes aboutissant à l’arrêt d’une hémorragie.

L'hémostase comporte deux étapes, l’hémostase primaire comportant un temps vasculaire et un temps plaquettaire et l’hémostase secondaire, temps plasmatique aboutissant à la coagulation.

Hémostase primaire

La déchirure d’un vaisseau sanguin provoque une vasoconstriction immédiate limitant le débit sanguin (temps vasculaire). Elle est suivie de l’adhésion des plaquettes aux fibres collagènes du tissu conjonctif sous-jacent exposé par la rupture du vaisseau (temps plaquettaire). L'agrégation des plaquettes forme un clou plaquettaire qui bouche la lésion.

Hémostase secondaire

L'hémostase secondaire ou temps plasmatique correspond à la coagulation proprement dite. Elle aboutit à la formation d'un réseau de fibrine autour du clou plaquettaire. La fibrine est une protéine insoluble issue de la transformation d'une protéine soluble circulante, le fibrinogène, sous l'action de la thrombine. La formation de cette dernière résulte d'une cascade de réactions chimiques déclenchées par la lésion.

1.2.3

Le cation qui joue un rôle primordial dans l'hémostase est l'ion calcium, Ca2+.

1.2.4

La principale différence biochimique entre plasma et sérum est constituée par le fibrinogène présent dans le plasma mais absent du sérum. Le sérum est du plasma dépourvu de fibrinogène et est donc incoagulable.

2. (2 points)

2.1

L'arbre généalogique du document 2 montre que madame X, de phénotype Rh- est issue de parents de phénotype Rh+. Étant donné que l'allèle Rh- est présent chez les parents de madame X puisqu'ils l'ont transmis à leur fille mais qu'il ne s'exprime pas chez eux, les parents sont hétérozygotes de phénotype Rh+/Rh- et l'allèle Rh- est récessif. Madame X est donc homozygote puisque l'allèle récessif s'exprime chez elle. Au niveau moléculaire, la présence de l'allèle Rh+ se traduit par la présence de l'antigène D sur les globules rouges alors que la présence de l'allèle Rh- se traduit par l'absence de l'antigène D ce qui confirme le caractère dominant de l'allèle Rh+.

2.2

Madame X est homozygote Rh-/Rh-. Monsieur X, de phénotype Rh+ peut être homozygote Rh+/Rh+ ou hétérozygote Rh+/Rh- puisque l'allèle Rh+ est dominant.

Puisque madame X est homozygote, elle ne produit que des gamètes portant l'allèle Rh-. Si monsieur X est homozygote Rh+/Rh+, le fœtus a reçu un allèle Rh- de sa mère et un allèle Rh+ de son père et il est donc hétérozygote Rh+/Rh-. Si monsieur X est hétérozygote Rh+/Rh-, il produit moitié de gamètes portant Rh+ et moitié de gamètes portant Rh-. Dans ce cas, le fœtus a une chance sur deux d'être hétérozygote Rh+/Rh- et une chance sur deux d'être homozygote Rh-/Rh-.

3. (3 points)

3.1

On constate sur le document 3 que la concentration sérique en anticorps anti-VIH chez le bébé, maximale à la naissance, diminue progressivement jusqu'au quinzième mois. À dix-huit mois, le bébé présente un taux d'anticorps anti-VIH nul.

On peut en déduire que l'enfant n'a pas été contaminé par le VIH car dans le cas contraire, la concentration sérique en anticorps anti-VIH diminuerait puis augmenterait à partir du moment où son système immunitaire devient fonctionnel.

3.2

Les cellules responsables de la synthèse des anticorps sont des plasmocytes issus de la transformation de lymphocytes B à la suite d'une stimulation antigénique.

3.3

Les anticorps sont des protéines, les immunoglobulines (Ig), dont la structure unitaire est constituée de quatre chaînes polypeptidiques, deux légères et deux lourdes liées entre elles par des ponts disulfures.

Il existe cinq classes d'immunoglobulines, les IgA, les IgD, les IgE, les IgG et les IgM.

3.3

Les anticorps trouvés chez l'enfant proviennent de sa mère et appartiennent aux IgG. En effet, le système immunitaire du fœtus ne produit pas d'anticorps avant la naissance et les seuls anticorps maternels capables de traverser la barrière placentaire sont les IgG.

4. (2.5 points)

4.1

Les deux types de greffes réalisées sont une autogreffe et une xénogreffe.

Une autogreffe est une greffe réalisée avec un greffon provenant du receveur lui-même.

Une xénogreffe est une greffe réalisée avec un greffon provenant d'un organisme appartenant à une espèce différente de celle du receveur.

4.2

Dans les expériences 2 et 3, on procède à deux xénogreffes successives en utilisant le même donneur. À l'issue de la première, le greffon est rejeté au bout de 10 jours tandis qu'après la seconde, il est rejeté au bout de 4 jours. Le rejet de greffe est donc plus rapide lorsque l'animal a déjà rencontré le tissu étranger qui lui est greffé. Cette différence s'explique par la mémoire immunitaire. Lorsque l'organisme a déjà rencontré les antigènes du greffon, des cellules mémoires permettent le déclenchement plus rapide d'une réponse immunitaire spécifique dirigée contre ces antigènes.

4.3

L'expérience 4 montre que la greffe de moelle osseuse et de thymus chez une souris dont le système immunitaire a été détruit restaure ses capacités à rejeter une xénogreffe.

L'expérience 5 montre que le thymus à lui seul est insuffisant pour restaurer cette réponse immunitaire tandis que l'expérience 6 montre que la moelle osseuse à elle seule est également insuffisante à la restaurer. On en déduit que la réponse immunitaire aboutissant au rejet d'une greffe nécessite la présence simultanée de la moelle osseuse et du thymus.

En effet, la moelle osseuse produit l'ensemble des cellules impliquées dans les réponses immunitaires, notamment les lymphocytes responsables de la phase effectrice du rejet de greffe. Toutefois, ces lymphocytes, appelés lymphocytes cytotoxiques (LTc), acquièrent leur immunocompétence dans le thymus. C'est pourquoi le rejet de greffe par les LTc n'est possible que si la moelle osseuse et le thymus sont présents.


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Partie 2 (6 points)

Physiopathologie

Corrigé

1. Étude d'un processus pathologique. (4.5 points)

1.1

Tachycardie (accélération de la fréquence cardiaque) ; bradychardie (ralentissement de la fréquence cardiaque) ; arythmie (rythme cardiaque irrégulier) ; tachyarythmie (rythme cardiaque trop rapide et irrégulier).

1.2

L'athérosclérose est une lésion dégénérative sclérosante de la surface interne d’une artère. (Synonyme d'athérome bien qu'on réserve parfois le terme d'athérome aux dépôts sur l’aorte et les gros vaisseaux, et le terme d'athérosclérose à l’oblitération plus ou moins complète des artères de calibre moyen).

Les conséquence de l'athérosclérose sur la paroi des artères sont la perte d’élasticité, l'épaississement interne conduisant à une diminution du diamètre interne de l’artère voire à son oblitération (sténose) plus ou moins complète et la fragilisation.

1.3

1.3.1

Les artères assurant l'irrigation du muscle cardiaque sont les artères coronaires.

L'oblitération partielle des artères coronaires conduit à une ischémie transitoire qui se révèle le plus souvent à l'effort. Elle se manifeste par des douleurs précordiales irradiantes (angine de poitrine ou angor) disparaissant au repos.

Lorsque l'oblitération de l'artère est quasi complète, l'ischémie est permanente. Elle conduit à l'anoxie et à la nécrose du territoire qui n'est plus irrigué (infarctus du myocarde).

Les signes cliniques le plus souvent observés sont une intense douleur constrictive médiothoracique avec irradiation dans les bras et la mâchoire inférieure, dyspnée et angoisse. On observe des variations de la tension artérielle, une fièvre modérée retardée, les bruits du cœur sont assourdis avec galop présystolique ou ventriculaire accompagné ou non de frottement péricardique.

1.3.2

Angine de poitrine : traitement par la trinitrine ou ses dérivés administrés par voie orale.

Infarctus du myocarde : hospitalisation en urgence, monitorage et traitement par thrombolytiques ; traitement de l'état de choc éventuel.

1.4
 

Facteurs favorisant
Moyens de prévention primaire
  • Excès de nourriture, de lipides saturés, d'alcool. 
  • Tabagisme. 
  • Sédentarité, absence d'exercice. 
  • Stress répétés. 
  • Pathologies diverses (obésité, diabète, hypertension artérielle, hyperlipidémie, hypercholestérolémie). 
  • Antécédents familiaux.
  • Éducation à la santé et à l'hygiène alimentaire, information du public. 
  • Éviter les facteurs favorisants, alcool, tabac, manque d'exercice, etc. 
  • Surveillance des personnes à risque, notamment celles ayant des antécédents familiaux.
  • 2. Étude paraclinique (1.5 point)

    Coronarographie.

    Principe.

    Elle repose sur l’opacification du réseau coronarien par un produit de contraste qui permet de le visualiser par radiographie.

    Indications.

    La coronarographie est indiquée lorsque l’on suspecte une sténose d’une artère coronaire.

    Avantages

    Elle permet de diagnostiquer une maladie coronarienne, d’en faire le bilan (localisation et étendue des lésions, anatomie du réseau coronarien) et de choisir le traitement le plus approprié.

    Inconvénients

    C’est une méthode invasive car nécessitant un cathétérisme et l'injection d'un produit de contraste à base d'iode. Elle utilise de plus les rayons X. Elle ne peut être fréquemment répétée et présente des risques de complications thromboemboliques, en particulier l’infarctus du myocarde.

    Doppler

    Principe

    C'est une méthode d’examen des vaisseaux (artères et veines) reposant sur l'utilisation de l’effet Doppler (décalage de la fréquence avec l'éloignement) appliqué à une source d’ultrasons se réfléchissant sur le sang en mouvement.

    Indications

    Le Doppler permet l’examen des artères et des veines et la détection des sténoses et plaques d'athérome mais est peu indiqué pour l’examen des artères coronaires.

    Avantages

    Le Doppler est une méthode non invasive, indolore, non dangereuse, ne nécessitant pas de préparation du malade, facile à faire et peu onéreuse. Il permet aussi de localiser et quantifier les emboles.

    Inconvénients

    Le seul inconvénient du Doppler est d’être peu spécifique (il mesure la vitesse du sang dans un vaisseau mais cette dernière ne dépend qu’en partie du diamètre du vaisseau).


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    Partie 3 (4 points)

    Terminologie médicale

    Corrigé

    1. Définitions (1.25)

    1. Ablation de l'estomac.
    2. Douleur du sein, uni ou bilatérale, observée notamment avant les règles.
    3. Femme qui accouche pour la première fois.
    4. Dégénérescence simultanée et symétrique des branches terminales de plusieurs nerfs.
    5. Examen endoscopique de la vessie.
    6. Inflammation de la muqueuse utérine.
    7. Taux de sodium plasmatique.
    8. Prononciation correcte de la langue.
    9. Opération chirurgicale destinée à reconstituer un vaisseau sanguin.
    10. Paralysie de la partie inférieure du corps.
    2. Définitions et comparaison (1.5 point)

    1.

    Hématémèse : vomissement de sang.

    Hémoptysie : vomissement de sang provenant de l'appareil respiratoire.

    Les deux termes désignent une émission de sang (racine hém-, héma-, hémo-) par la bouche puisque le suffixe -émèse indique que le sang est vomi et que le suffixe -ptysie indique que le sang est craché. Toutefois, hématémèse se rapporte à un vomissement de sang, quelle que soit son origine, tandis que hémoptysie se rapporte à un vomissement de sang provenant de l'appareil respiratoire.

    2.

    Cholangiographie : examen radiographique des voies biliaires après administration d'un produit de contraste.

    Cholécystographie : examen radiographique de la vésicule biliaire après administration d'un produit de contraste.

    Les deux termes désignent une radiographie en rapport avec la bile (racine chol-, cholé-) mais la racine -angio indique qu'il s'agit de vaisseaux (voies biliaire) alors que la racine -cyst indique qu'il s'agit d'une vésicule.

    3.

    Myosis : diminution de diamètre de la pupille.

    Mydriase : augmentation de diamètre de la pupille.

    Les deux termes se rapportent aux variations de diamètre pupillaire mais sont des antonymes.

    4.

    Myosarcome : tumeur maligne comportant principalement des fibres musculaires.

    Myome : tumeur bénigne constituée de fibres musculaires.

    Les deux termes désignent une tumeur des muscles (racine myo-) mais sarcome désigne une tumeur maligne alors que myome désigne une tumeur bénigne.

    3. Termes médicaux correspondant aux définitions (1.25 point)

    1. Epistaxis ou rhinorragie.

    2. Pyélonéphrite.

    3. Thrombopénie.

    4. Dyspepsie.

    5. Gastroentérite.

    6. Scintigraphie.

    7. Asthénie.

    8. Urémie.

    9. Varice.

    10. Myélite.