-
Yopo
(Anadenanthera)
-
Voir aussi
:
|
Anadenanthera peregrina
|
|
Le yopo est une poudre hallucinogène,
connue également sous le nom de cohoba, utilisée en Amérique
à l'époque préhispanique par diverses tribus indiennes
et encore aujourd'hui par certaines tribus du sud du Venezuela et du nord
du Brésil. Tirée des graines de Anadenanthera peregrina
(connue aussi sous le nom de Piptadenia peregrina) et d'A. colubrina,
deux arbres de la famille des Légumineuses dont les fruits (gousses)
contiennent entre six et douze graines, il s'agit d'un hallucinogène
puissant en raison de la présence d'alcaloïdes indoliques (diméthyltryptamine,
monométhyltryptamine, bufoténine, méthoxydiméthyltryptamine). |
Feuilles et gousses d'Anadenanthera
|
|
Décrit dès 1496
par une chronique espagnole, l'usage de cette poudre à priser était
beaucoup plus répandu qu'aujourd'hui. Les tribus établies
des Andes colombiennes jusqu'à la région de l'Orénoque
et même jusqu'aux îles des Antilles l'utilisaient largement
et les Indiens des hautes terres où l'arbre ne pousse pas allaient
l'acheter aux tribus des basses terres. Plusieurs missionnaires puis des
explorateurs ont décrit sa préparation et son usage, notamment
le célèbre baron Alexandre von Humboldt, naturaliste et explorateur,
en 1801. Des échantillons de graines furent envoyés en Europe
en 1851 mais leur analyse chimique n'en fut faite que plus d'un siècle
plus tard. |
|
|
Le Yopo est surtout utilisé,
comme la plupart des hallucinogènes de la région, par les
sorciers dans des rites magiques et divinatoires. Les détails de
sa préparation varient selon les tribus mais, le plus souvent, il
s'agit d'obtenir une poudre à priser bien que certaines tribus fument
aussi les graines. Ces dernières, de couleur grise à noire
et aplaties, sont récoltées lors d'une cérémonie.
Les graines humidifiées, fermentées dans certaines tribus,
sont ensuite broyées puis la pâte obtenue est grillée.
Réduite en poudre, elle est alors le plus souvent mélangée
avec du calcaire provenant de coquilles d'escargot ou avec de la chaux
mais, contrairement à ce qui se produit avec la coca, cette pratique
ne semble pas modifier la puissance du produit. La poudre est insufflée
par une autre personne dans les narines de l'usager à l'aide d'un
long tube d'os ou de bois, permettant un effet rapide. Elle provoque un
écoulement nasal abondant suivi d'effets neuromusculaires (frissons,
convulsions) puis d'hallucinations visuelles. |
|
|
|
|