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Rameau de Banisteriopsis caapi
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| Le
yage
Le yage est une boisson hallucinogène
consommée principalement par des tribus indiennes d'Amazonie. Il
est préparé à partir de l'écorce de lianes
tropicales du genre Banisteriopsis appartenant à la famille
des Malpighiacées, Banisteriopsis caapi et B. inebrians,
deux lianes géantes d'Amérique du Sud.
Le yage est utilisé
par des tribus indiennes de l'ouest du bassin de l'Amazone au Brésil,
en Colombie, au Pérou, en Bolivie et en Équateur. Dans certaines
tribus, on se contente de mâcher directement l'écorce séchée
tandis que d'autres l'utilisent pour préparer une poudre à
priser hallucinogène. La plante est appelée Ayahuasca
chez les Indiens quechuas mais porte pratiquement autant de noms qu'il
y a de tribus en faisant usage (Caapi, Kahi, dapa, etc.).
Elle est connue en Europe
depuis 1851 quand le botaniste britannique Spruce en découvrit l'usage
chez les indiens Tukanos et en envoya des échantillons aux jardins
botaniques de Kew, en Angleterre. |
Liane de Banisteriopsis |
C'est pourtant
plus de cent ans plus tard, en 1969, que leur analyse chimique y fut réalisée.
Le botaniste colombien Zerda Beyon en décrivit les effets hallucinogènes
en 1905 et en isola un alcaloïde qu'il appela télépathine
en référence aux effets que lui attribuaient les Indiens.
Mais finalement la télépathine devait se révéler
chimiquement identique à l'harmine, un alcaloïde hallucinogène
isolé de Peganum harmale en 1841.
D'autres alcaloïdes indoliques présents dans Peganum harmale,
l'harmaline et la tétrahydroharmine, appartenant comme l'harmaline
à la famille des carbolines, sont également présents
chez B. caapi et B. inebrians mais à de faibles concentrations.Cependant,
les préparations à base de Banisteriopsis utilisées
par les Indiens comportent la plupart du temps bien d'autres ingrédients,
notamment d'autres plantes hallucinogènes qui peuvent en accentuer
les effets.
La consommation de yage, très
ancienne, est utilisée aussi bien en thérapeutique que pour
la sorcellerie au cours de cérémonies rituelles et est considérée
par les Indiens comme rendant possible la télépathie en particulier
avec les ancêtres disparus.
Les méthodes de préparation
diffèrent selon les régions : mastication directe (Orénoque),
broyage et décoction dans l'eau froide (Colombie, Brésil),
ébullition (Pérou, Équateur) avec, éventuellement,
addition d'autres plantes. Enfin, certaines tribus inhalent la poudre d'écorce
par le nez avec une paille. |
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Les effets, dus essentiellement
à l'harmine, peuvent varier largement selon la préparation
en raison des diverses espèces et variétés de Banisteriopsis
qui existent dans le bassin de l'Amazone, de l'état de développement
de la plante au moment de la récolte de l'écorce et du mode
de préparation. En outre, les Indiens ajoutent souvent à
la préparation d'autres plantes dont certaines peuvent potentialiser
les effets du yage ou avoir elles-mêmes des propriétés
hallucinogènes comme le Psychotria viridis qui contient un
alcaloïde hallucinogène, la diméthyltryptamine
(DMT).
Après l'ingestion,
le sujet est pris de vertiges et souvent de nausées. Les diarrhées
ne sont pas rares et peuvent durer plus longtemps que les effets hallucinogènes.
Ceux-ci produisent des visions colorées avec des animaux (serpents,
jaguars) qui ont une place importante dans la mythologie indienne. Les
hallucinations alternent avec des périodes de fatigue et peuvent
provoquer des bouffées de fureur et d'agressivité.
Le yage est souvent consommé
dans un but divinatoire : le sorcier est mandaté par la tribu pour
connaître l'avenir, voire pour retrouver un objet perdu.
C'est William Burroughs et
Allen Ginsberg qui firent connaître le yage aux USA avec la publication
en 1963 de leur ouvrage, Lettres du Yage, dans lequel ils s'entretenaient
de leurs expériences hallucinogènes menées avec le
Yage en Amazonie. |
Correspondance de W. Burroughs
et A. Ginsberg consacrée au yage
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