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Jeunes rameaux
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Le qat, Catha edulis, est
un arbuste de la famille des Célastracées cultivé
pour ses feuilles stimulantes. Il pousse surtout en Afrique orientale et
au Yémen dont il est sans doute originaire. Dans ce pays, il est
connu depuis le treizième siècle comme en témoigne
un ouvrage médical du médecin arabe Naguib ad Din qui le
recommandait pour lutter contre la faim et la fatigue. C’est un arbre pouvant
atteindre 6 m de haut, mais il est le plus souvent taillé en buisson
ou en arbrisseau, dont les branches portent des feuilles lancéolées
à bord dentelé d’un vert foncé brillant et d’odeur
aromatique. Les feuilles les plus jeunes ont le plus de valeur et contiennent
d’autant plus de cathinone, le principal alcaloïde
du qat, qu’elles sont plus fraîches. Elles sont récoltées
au petit matin avant d’être emportées au marché car
elles ne se conservent guère plus d’un à deux jours, ce qui
limite la diffusion de son utilisation.
Il faut attendre trois à
quatre ans après la plantation d'un arbre pour réaliser les
premières récoltes mais les jeunes pousses sont ensuite récoltées
tout au long de l’année et, tous les cinq ans, les arbres sont taillés
pour favoriser la repousse de jeunes rameaux. |
Arbuste
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Production et
consommation
Dans le Nord du Yémen,
les surfaces cultivées en qat sont passées de 10 000 à
70 000 hectares entre 1970 et 1980. Après la défaite du Sud
dans la guerre civile de 1994, le qat s’est davantage répandu au
Sud où son utilisation était jusqu'alors limitée.
Il occuperait aujourd’hui au Yémen entre 120 000 et 140 000 hectares
soit près d’un vingtième des terres cultivables et représenterait
un quart de la production agricole et 5,5 % du PIB selon les autorités.
Toutefois, selon la banque mondiale, il représenterait 25 % du PIB
et 16 % des emplois du pays. En outre, il absorberait autour du cinquième
des dépenses de consommation des familles et il alimente également
une économie informelle. Enfin, il est responsable de sérieux
dégâts sanitaires et sociaux chez les personnes qui en abusent.
Le qat est également cultivé en Éthiopie, au Kenya
et à Madagascar.
Au Yémen, on chique
ses feuilles pour en extraire un jus aux propriétés psychotoniques,
le plus souvent au cours de séances collectives de trois à
quatre heures où chacun apporte sa propre provision de 100 à
200 grammes. Beaucoup de maisons possèdent même une pièce
réservée à la consommation collective du qat et ce
dernier a un important rôle de cohésion sociale. |
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Le qat contient des vitamines
et des sels minéraux mais leur apport est négligeable et
ne compense pas l’anorexie entraînée par l’abus chronique.
L’étude des alcaloïdes du qat a été entreprise
en 1887 par F. Flückiger et J. Gerock qui, les premiers, en isolèrent
la cathine. Cette dernière fut identifiée par O. Wolfes en
1930 comme la norpseudoéphédrine (ou norisoéphédrine)
mais sa concentration dans le qat et sa faible puissance ne pouvaient rendre
compte des effets réels de la mastication des feuilles. De nombreuses
observations expérimentales montraient que d’autres alcaloïdes,
repérés notamment par chromatographie, étaient présents
dans les feuilles fraîches dont les extraits stimulaient l’activité
locomotrice des souris davantage que ceux des feuilles sèches. C’est
en 1963 que le Laboratoire des stupéfiants des Nations Unies isolait
un nouvel alcaloïde à partir des feuilles fraîches du
qat, l’a-amino-propiophénone à laquelle fut donné
le nom de cathinone. Sa structure fut établie en 1979 et sa synthèse
réalisée en 1980 par les équipes de K. Szendrei et
de X. Schorno et E. Steinegger. Au cours du séchage des feuilles,
la cathinone se transforme en cathine, beaucoup moins active et ce d’autant
plus vite que les feuilles sont plus âgées. Aussi, la concentration
en cathinone, alcaloïde le plus actif de la plante, est plus élevée
dans les jeunes feuilles fraîches et les bourgeons. Or on constata
un peu plus tard que le prix du qat était lié à sa
concentration en cathinone car sur les marchés d’Afrique de l’Est
et du Yémen, le prix des feuilles est proportionnel à leur
degré de fraîcheur et inversement proportionnel à leur
âge. La cathinone est un sympathomimétique aux effets similaires
à ceux de l’amphétamine mais elle
est à peu près quatre fois moins puissante. Il existe en
outre une tolérance croisée entre cathinone et amphétamine. |
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