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Peyotl
  • La plante
Le peyotl, Echinocactus williamsii, qui a aussi porté le nom de Lophophora williamsii appartient à la famille des Cactacées. C'est un petit cactus dépourvu d'épines, à croissance très lente, d'une quinzaine de centimètres de diamètre au maximum, haut d'une dizaine de centimètres, grossièrement arrondi, grisâtre, dont la surface est découpée en quelques lobes côtelés portant une touffe de poils. Il possède une longue racine en forme de carotte. Dans son habitat naturel, les fleurs apparaissent en avril. Une seule fleur, de couleur rose, jaune ou blanche, s'épanouit au centre du cactus et donne une baie rose après pollinisation. 
  • Usage traditionnel
Le peyotl, dont la région d'origine est le sud du Texas et le plateau mexicain central, a élargi son aire de répartition au siècle dernier en même temps que son utilisation gagnait de nouvelles populations, notamment aux États-Unis. Obéissant à des règles complexes, variables de tribu à tribu, la consommation du peyotl est associée à des pratiques divinatoires, thérapeutiques ou religieuses. Elle est répandue aujourd'hui au Mexique (Huichols, Tarahumaras, Coras, etc.) et aux États-Unis (Comanches, Kiowas, Navajos, etc.) dans environ une cinquantaine de tribus différentes. 
Le peyotl a un goût amer. La nécessité de mâcher longuement les morceaux provoque parfois des nausées, voire des vomissements. Les effets commencent à se manifester entre une et trois heures après l'ingestion. Ils atteignent un maximum en deux à quatre heures puis diminuent progressivement pendant les quatre heures suivantes. Comme la mescaline pure, le peyotl provoque de riches hallucinations visuelles. Il est aussi appelé La plante qui fait les yeux émerveillés et au cours des rituels de consommation, l'homme est supposé communiquer avec les dieux. Toutefois, le ramassage extensif du peyotl en fait une espèce menacée d'extinction.
  • L'exemple des Huichols
Chez les Indiens Huichols de la Sierra Madre, située à plusieurs centaines de kilomètres des zones où pousse le cactus, la récolte donne lieu à un pèlerinage annuel à la fin de la saison des pluies, la "chasse" au peyotl. Des tranches fraîches sont mâchées lors de cette "chasse" et le reste de la récolte est ramené dans la tribu. Les têtes de peyotl récoltées sont découpées en tranches et mises à sécher. En séchant, elles prennent une forme de bouton, les mescal buttons, consommés à l'occasion des cérémonies importantes de la vie sociale de la tribu, pour demander la pluie ou une guérison, pour désigner les dirigeants, etc. Les plants les plus âgés, qui sont aussi les plus riches en mescaline, sont particulièrement vénérés et recherchés. Considéré comme étant de nature divine, le peyotl est lié aux autres éléments essentiels de la mythologie indienne comme le daim et le maïs qui symbolisent le dieu des vents responsable de la communication entre l'homme et les dieux.

 
 


Fleur de peyotl


Racine et tige


Couronne

  • Les alcaloïdes du peyotl
Le peyotl contient une quinzaine d'alcaloïdes dont le principal est la mescaline. Il contient également quelques alcaloïdes ayant des effets sédatifs comme l'anhalonine, l'anhalonodine et la peyotline ou toxique comme la lophophorine.
La mescaline est responsable des effets hallucinogènes du peyotl. Elle est active à des doses de 300 à 500 mg par voie orale. On la trouve également dans un autre cactus, le cactus de San Pedro ou Trichocereus pachanoi. Sur le plan chimique, c'est la triméthoxy-3, 4, 5 phényl-éthylamine, un dérivé amphétaminique que l'on sait obtenir également par synthèse.

Molécule de mescaline
  • La mescaline
La mescaline est un sympathomimétique : elle augmente légèrement la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la transpiration et la salivation. Comme les autres hallucinogènes, elle provoque une mydriase importante. À des doses d'environ 5 à 10 milligrammes par kilo de poids ingérés par voie orale, les effets hallucinogènes apparaissent progressivement, plus lentement qu'avec les autres hallucinogènes, et atteignent leur maximum au bout d'environ quatre heures avant de décliner au cours des heures suivantes. 
Ils sont caractérisés par des hallucinations de type psychédélique, principalement visuelles, aux couleurs particulièrement riches, mais aussi auditives. Comme avec le LSD, les hallucinations synesthésiques et le sentiment d'empathie sont courants et les épisodes mystiques ne sont pas rares. Bien que les utilisateurs jugent les effets de la mescaline moins froids et moins cérébraux que ceux du LSD, les sujets à qui on a administré l'une ou l'autre de ces substances en double aveugle sont incapables de les distinguer.
La mescaline ne fait guère l'objet d'abus en raison de la disponibilité plus grande sur le marché clandestin d’autres hallucinogènes. Divers dérivés plus actifs que la mescaline ont été synthétisés (escaline, proscaline, thiomescaline, triméthoxyamphétamine, etc.) mais font rarement leur apparition sur le marché clandestin.



Molécule de mescaline           Molécule d'escaline             Molécule de proscaline


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