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Feuilles de
divers kavas
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kava-kava ou kawa-kawa est une boisson enivrante utilisée traditionnellement
par les habitants de plusieurs archipels du Pacifique (Fidji, Hawaï,
Nouvelle Guinée, Salomon, Vanuatu, etc.). Il est préparé
à partir des racines de la plante Piper methysticum (littéralement,
poivre enivrant), un buisson de quelques mètres de hauteur de la
famille des Pipéracées cultivé dans la plupart des
îles du Pacifique intertropical de Hawaï jusqu'à la Nouvelle
Guinée. Diverses variétés aux effets quelque peu différents
liés à leur répertoire chimique sont cultivées. |
Cultivé sans doute depuis
3 000 ans,
P. methysticum a gagné la plupart des archipels
du Pacifique, amené par l'homme au cours de ses migrations. Il servait
traditionnellement non seulement à s'enivrer à l'occasion
des fêtes mais aussi dans un but thérapeutique et magique.
À la fin du dix-septième
siècle, un botaniste de l'expédition du capitaine Cook aux
îles Hawaï décrivit, pour la première fois en
Europe, l'usage du kava chez les indigènes et Cook en rapporta des
spécimens en Europe. La première étude scientifique
de cette boisson fut menée par le célèbre pharmacologue
allemand Louis Lewin qui la publia en 1886.
À partir du dix-neuvième
siècle, les missionnaires chrétiens dans les îles combattirent
l'usage de ce breuvage et sa consommation diminua considérablement.
Il fait un retour en force
depuis une quinzaine d'années dans les régions de consommation
traditionnelle et déborde sur de nouvelles îles car il participe
de l'affirmation de l'identité culturelle des habitants de ces régions
et procure en outre des revenus non négligeables, bien supérieurs
à ceux des autres productions locales comme le coprah, le café
et le cacao. |
Louis Lewin (1850-1929)
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| Les nakamal,
bistrots où l'on consomme le kava, se sont répandus de la
Nouvelle Guinée à la Nouvelle Calédonie en passant
par l'Australie, suscitant parfois l'inquiétude des autorités.
Ainsi, en Nouvelle Calédonie, plusieurs de ces établissements
ont été fermés tandis qu'au Queensland (Australie)
le Kava a été placé sur la liste des stupéfiants.
Pourtant, cette boisson semble dépourvue de toute toxicité.
Ainsi, la FDA (Food and Drug Administration) américaine, pourtant
très attentive aux risque d'abus des substances psychotropes, a
autorisé son importation aux USA. Par ailleurs, en dix ans de progression
de sa consommation au Vanuatu (où il représente la première
source de revenus des agriculteurs), les ventes d'alcool ont diminué
de 40 %. |
La matière première
de la boisson est constituée par les racines de Piper methysticum.
Celles-ci sont massives et épaisses, de couleur grisâtre,
de texture spongieuse et pèsent de 1 à 10 kg. Leur chair
fibreuse accumule un jus jaunâtre, sorte de résine insoluble
dans l'eau.
Traditionnellement, les racines
épluchées puis découpées en morceaux étaient
préalablement mastiquées par des personnes choisies, souvent
des jeunes filles vierges, jusqu'à ce qu'il ne reste que des résidus
végétaux contenant la résine. Ces derniers étaient
ensuite mis à tremper dans l'eau, donnant un liquide à l'aspect
de café au lait. Après filtration, le liquide au goût
amer et désagréable était bu par les hommes selon
un rituel bien établi (la consommation de kava-kava était
interdite aux femmes). |
Racine de P. methysticum
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| Aujourd'hui, on
écrase les racines découpées en morceaux entre deux
pierres ou on les râpe avant de les mettre à macérer
dans l'eau mais l'utilisation d'une broyeuse mécanique est de plus
en plus fréquente. La masse obtenue est ensuite malaxée dans
l'eau et on exprime le jus à travers un linge pour le filtrer. Le
breuvage obtenu est une fine émulsion de résine dans l'eau
dont la puissance dépend de la variété utilisée
et de la qualité de la préparation. La dose habituelle est
le contenu d'une demi noix de coco mais de nombreux amateurs consomment
plusieurs
doses par jour. |
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Le kava a un goût amer et
astringent et laisse sur la langue une sensation d'anesthésie. Il
est apprécié pour son odeur rappelant celle de la réglisse.
Une dose d'environ un quart de litre prise à jeun détermine
au bout d'une vingtaine de minutes un état de relaxation caractérisé
par une sensation de bien-être paisible, légèrement
euphorique, et par une impression de réceptivité intellectuelle.
En outre, l'élocution se trouve facilitée. À doses
plus importantes, le kava détermine une sorte de narcose plus ou
moins marquée se traduisant par de la somnolence, puis par l'endormissement.
La durée du sommeil est variable de deux à huit heures. Le
kava constitue ainsi un agent anti-stress reconnu mais, à doses
élevées, la pupille dilatée (mydriase) et hyporéactive
produit une photophobie et des signes similaires à ceux d'une légère
ivresse alcoolique apparaissent. Certaines variétés donnent
au réveil une sensation similaire à la "gueule de bois" mais
les meilleures variétés ont été sélectionnées
pour ne pas présenter cet effet désagréable. Les kavas
les plus puissants peuvent exercer leur effet pendant plus d'une journée.
L'action du kava potentialise les effets de l'alcool et des barbituriques. |
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