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Tabernanthe iboga
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Appelé aussi Eboga,
Eroga ou Eboka, l'Iboga est une préparation hallucinogène
consommée traditionnellement en Afrique par quelques tribus du Congo
et du Gabon au cours de rituels magico-religieux.
L’iboga est préparé
à partir des racines d'un arbuste du genre Tabernanthe spontané
dans les forêts équatoriales d'Afrique de l'Ouest et cultivé
dans quelques villages du Gabon.
Le genre Tabernanthe,
qui comporte plusieurs espèces, appartient à la famille des
Apocynacées. Au moins deux espèces, T. iboga et T. manii
contiennent
une douzaine d'alcaloïdes, notamment l'ibogaïne, alcaloïde
hallucinogène indolique. Une espèce proche,
Ervatamia
orientalis, qui produit de l'ibogaïne dans ses feuilles a été
identifiée en Australie. Chez Tabernanthe, les alcaloïdes
sont surtout présents dans les racines, en particulier dans l'écorce
qui peut en contenir jusqu'à 6 %.
Molécule d'ibogaïne
T. iboga est un arbuste
atteignant 1,5 m à 2 m, produisant des fleurs jaunâtres ou
rosâtres qui donnent des fruits à la chair sucrée mais
ne contenant pas d'alcaloïdes psychoactifs.
L'écorce des racines
de T. iboga est utilisée pour ses propriétés
stimulantes à faible dose et pour ses propriétés hallucinogènes
à doses plus élevées notamment dans des rituels d'initiation.
Des cas d’animaux comme les gorilles et les sangliers qui déterrent
et mangent les racines ont été signalés. |
Rameau fleuri d'Iboga
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Utilisation traditionnelle
Pour préparer l’iboga,
l'écorce jaunâtre de la racine est râpée et la
poudre obtenue peut être mangée directement ou délayée
dans de l'eau pour préparer une boisson ou encore séchée
pour être conservée. Elle est souvent aussi mélangée
avec d'autres plantes supposées accentuer ses effets. |
L'Iboga
était utilisé dans le passé comme stimulant par les
guerriers et les chasseurs pour lutter contre la fatigue car à faible
dose il a un effet comparable à celui des amphétamines. À
doses plus élevées, il provoque des hallucinations mais des
doses excessives peuvent aussi provoquer des convulsions voire la paralysie
et même la mort. La consommation de l'Iboga a lieu dans le cadre
de fêtes collectives obéissant à des rituels précis
comme les cérémonies plus ou moins secrètes du culte
Bwiti
au Gabon. L'appartenance à ce culte impose une initiation au
cours de laquelle de grandes quantités d'Iboga sont consommées
dans le but d’entrer en contact avec les esprits des ancêtres.
Dans les cérémonies
rituelles, les doses absorbées peuvent varier considérablement
et aux effets propres de l'Iboga peuvent s'ajouter ceux d'autres plantes
qui sont parfois ajoutées à la boisson hallucinogène. |
Racine de Tabernanthe iboga
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Certains participants
consomment des quantités de quelques dizaines de grammes dont les
effets, surtout stimulants, facilitent la danse et l'usage prolongé
des tambours tandis que d'autres consomment jusqu'à plusieurs centaines
de grammes de racines, en particulier lors de l'initiation. Les cérémonies
commencent en général le matin pour se terminer par des danses
rituelles au milieu de la nuit et sont rythmées par la consommation
d'Iboga répétée à plusieurs reprises.
Dans un contexte différent,
l'Iboga est parfois aussi employé comme aphrodisiaque. |
Les propriétés psychoactives
de l'Iboga sont dues à la présence d'un groupe d'alcaloïdes
indoliques dont le plus abondant, l'ibogaïne, a des effets psychostimulants
et hallucinogènes.
L’ibogaïne a des effets
stimulants et euphorisants à doses modérées (10 à
50 milligrammes), doses pour lesquelles elle est peu toxique surtout en
administration orale. À des doses plus élevées
(de quelques centaines de milligrammes jusqu'à un gramme) elle provoque
un état de transe accompagné d'hallucinations, notamment
visuelles et auditives, une distorsion de la perception du temps et parfois
l'illusion de lévitation. Les nausées et les vomissements
ne sont pas rares et on observe parfois des manifestations de type épileptique.
La phase d'hallucinations est souvent suivie d'une longue phase de sommeil
lorsque les effets se sont dissipés. De très fortes doses
peuvent déclencher des convulsions, voire la paralysie, et peuvent
même être létales. Toutefois, la dose létale
est très élevée. |
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