-
Sur cette
page : histoire du tabac
-
Voir aussi
: le tabac
|
Molécule
de nicotine
|
-
Découverte
et expansion mondiale
Le tabac a été utilisé
par de nombreuses tribus amérindiennes, notamment au cours de rituels
religieux et sociaux, dès les premiers siècles de notre ère
comme en atteste la découverte de pipes et de représentations
de dieux et de prêtres fumant vieilles de près de 2 000 ans.
Inconnu hors du continent américain jusqu'en 1492, son usage gagna
rapidement le monde entier à la suite de la découverte de
l'Amérique par Christophe Colomb. Ce dernier rencontra des fumeurs
de tabac lorsqu'il jeta l'ancre devant Cuba et fit connaître le tabac
en Espagne où il eut un grand succès notamment en raison
des propriétés médicinales qu'on lui prêtait.
À partir de 1520, des plantations furent établies d'abord
aux Antilles puis en Espagne et au Portugal et, vers 1530, en Afrique.
En France, André Thévet décrivit en 1557 le petun,
(nom du tabac chez les Indiens du Brésil) et entreprit sa culture.
En 1558, l'ambassadeur de France au Portugal, Jean Nicot, envoya à
Catherine de Médicis des échantillons de tabac en poudre
qu'elle utilisa pour soigner ses enfants. La prise de tabac devint alors
très à la mode à la cour de France. L'usage du tabac,
fumé, prisé ou chiqué, gagna rapidement toute l'Europe
puis s'étendit vers l'est.
La culture fut introduite
en 1580 en Turquie et en Russie, en 1590 en Inde et au Japon, en 1600 en
Grèce, aux Philippines et en Indochine. Dès le milieu du
dix-septième siècle, le tabac était cultivé
sur pratiquement toute la planète. |
Gravure du XVIIème siècle
|
| Malgré
des tentatives de prohibition dans plusieurs pays, allant parfois jusqu'à
la peine de mort comme en Turquie au dix-septième siècle,
son usage se répandit dans le monde entier. Aussi, la plupart des
états préférèrent rapidement instituer des
taxes ou se réserver l'exclusivité de son commerce. |
-
Réglementation
et taxation
En France, une taxe sur le tabac
fut instaurée au début du dix-septième siècle
et, en 1674, la fabrication et la vente devinrent un privilège royal.
Le monopole fut confié au siècle suivant à la Compagnie
des Indes occidentales tandis que la culture du tabac était interdite
en France métropolitaine. À la fin du dix-huitième
siècle, la production des manufactures approvisionnées par
le tabac des colonies atteignait 7 000 tonnes par an.
La culture, la fabrication
et la vente furent libéralisées par l'Assemblée nationale
en 1791 mais, en 1811, Napoléon rétablit un monopole d'état
sur le tabac. |
Timbre de la SEITA
|
| Au début
du dix-neuvième siècle, l'usage du cigare se répandit
puis celui de la cigarette à partir de 1842. La consommation continua
de s'accroître atteignant 24 000 tonnes en 1870 dont 17 millions
de cigarettes. En 1926, alors que le nombre de cigarettes vendues annuellement
atteignait 10 milliards, le monopole fut confié à une société,
la SEIT (Société d'exploitation industrielle des tabacs)
qui devint la SEITA en 1935 en absorbant la régie des allumettes.
En 1938, 20 milliards de cigarettes furent vendues en France puis 30 dans
les années 50. La consommation doubla encore entre les années
50 et 70 pour atteindre le niveau record de près de 100 milliards
d'unités en 1991. Privatisée en 1995, la SEITA fabrique aujourd'hui
des cigarettes et des cigares et approvisionne aussi les détaillants
en produits du tabac importés. |
|
En France, 13,5 millions de personnes,
8 millions d'hommes et 5,5 millions de femmes, soit environ 35 % de la
population adulte fume régulièrement du tabac et la lente
diminution (8 % entre 1991 et 1996) observée à la suite de
la mise en application de la loi Evin s'est infléchie. De plus,
le pourcentage de fumeurs atteint 50 % chez les jeunes de 18 à 24
ans chez lesquels les filles fument désormais autant que les garçons.
En 1990, on estimait en France à 60 000 le nombre de décès
annuels prématurés dus au tabac dont 5 000 femmes. Dans plusieurs
pays, la consommation de tabac a cependant diminué (Australie, USA,
plusieurs pays européens du Nord), parfois considérablement,
comme en Grande-Bretagne et aux USA où elle a diminué de
35 % en dix ans en même temps que l'image sociale du fumeur se dégradait
et qu'augmentait le refus du tabagisme passif. Dans le monde, le nombre
de fumeurs de tabac est estimé par l'OMS à environ 1,2 milliard
soit environ un tiers de la population mondiale âgée de plus
de quinze ans correspondant à environ 47 % des hommes et 12 % des
femmes. Par son ampleur et les dégâts sanitaires qu'il induit,
le tabagisme est de loin la plus grande et la plus grave toxicomanie affectant
l'humanité. |
Hooka (Népal)
|
Voir
aussi : le tabac
|
|

|
|