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Découverte
par les Européens
Employé sans doute depuis
très longtemps en Afrique, l'Iboga a été mentionné
pour la première fois en Europe comme plante psychoactive en 1819
dans un ouvrage sur le Gabon paru en Angleterre.
En 1864, un médecin
de la Marine, Griffon du Bellay, décrivit son usage comme stimulant
et aphrodisiaque et en rapporta des échantillons en Europe.
À la fin du dix-neuvième
siècle, son usage avait été reconnu chez des tribus
du bassin du Congo dans une zone correspondant aux régions limitrophes
du Congo et du Gabon actuels ainsi qu'au Cameroun. Dans sa région
d'origine, les cultes liés à l'Iboga ont souvent pris un
caractère politique et servent à l'affirmation de l'identité
culturelle, recrutant un nombre croissant d'adeptes en résistance
à la pénétration de l'Islam et du Christianisme, religions
importées en Afrique noire au cours de l'histoire. |
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La première description
botanique de l’iboga date de 1889. En 1901, Dybowski et Landrin isolèrent
de l'écorce de la racine son principal alcaloïde auquel ils
donnèrent le nom d'ibogaïne et dont ils montrèrent qu'il
possède les mêmes propriétés psychoactives que
la racine. La même année, Phisalix montra chez le chien que
l'ibogaïne agit sur le système nerveux central en provoquant
un état d'ébriété qu'il compara à celui
dû à l'alcool. Ses propriétés sympathomimétiques
et stimulantes furent rapidement identifiées et, au début
du siècle, quelques études menées en France préconisèrent
son utilisation comme anti-asthénique à des doses modérées
(10 à 30 mg par jour). Toutefois, ses propriétés hallucinogènes
se manifestant pour des doses dix fois plus élevées restèrent
longtemps méconnues en Europe. |
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Une
application médicale ?
L'exploration pharmacologiques
de l'Iboga fut poursuivie jusqu'à la seconde guerre mondiale. En
1939, un médicament anti-fatigue à base de racine de Tabernanthe
manii fut mis sur le marché en France. Il fut baptisé
Lambarène en l'honneur du Dr Schweitzer qui exerçait à
Lambaréné, une ville du Gabon située sur le fleuve
du même nom. Contenant 0,2 g d'extrait de racine par comprimé,
il fut largement utilisé comme stimulant et comme produit dopant
par les sportifs. Sa commercialisation ne fut toutefois arrêtée
qu'en 1966. Les racines contiennent, outre l’ibogaïne, une douzaine
d'alcaloïdes du même type (tabernanthine, ibogamine, coronaridine,
etc.). Cependant, la structure chimique de la molécule
d'ibogaïne ne fut établie qu'après de longs travaux
entre 1952 et 1958 et sa synthèse complète ne fut réalisée
qu’en 1966. Des observations de toxicomanes traités par l'ibogaïne
ayant suggéré qu'elle réduit l'appétence envers
la cocaïne et l'héroïne,
des essais sont en cours pour évaluer son éventuel potentiel
anti-addictif. |
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