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Sur cette
page : histoire de la coca
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Les feuilles de coca sont consommées
traditionnellement dans les Andes depuis la nuit des temps, probablement
depuis au moins 5 000 ans. Des feuilles ont été retrouvées
sur le site de Huaca Prieta daté de 2 500 à 1 800 ans avant
notre ère. Une statue de céramique de 7 cm de haut, représentant
une tête d'homme dont la joue est déformée à
la manière caractéristique de celle des coqueros actuels,
est datée de - 1 500 ans avant notre ère.
Les légendes incas
attribuent l'origine de la coca au dieu Inti qui l'aurait créée
pour apaiser la soif et la faim des Incas (qui se considéraient
comme des descendants des dieux). Chez ces derniers, la coca était
une plante divine et la feuille était le symbole de la divinité
réservé aux personnes de très haut rang. Seules les
classes dirigeantes avaient le privilège de mâcher la coca
mais elle pouvait cependant être distribuée à l'occasion
de certaines grandes fêtes. L'usage s'en est ensuite popularisé
et la conquête espagnole par Pizarre en 1533 a accéléré
cette évolution. La mastication de la coca fut rapportée
dès les premières explorations de l'Amérique, notamment
par Amerigo Vespucci en 1507. Au milieu du seizième siècle,
elle fut déclarée nécessaire au bien-être des
Indiens par le roi d'Espagne, Philippe II, et les colons espagnols encouragèrent
son usage, la fournissant aux Indiens pour augmenter le rendement du travail
dans les mines des nouvelles colonies. Le clergé local prélevait
même un impôt sur le commerce de la plante qui représentait
d'ailleurs l'essentiel des revenus des évêchés de Cuzco
et de Lima (Pérou) à la fin du seizième siècle. |
Sculpture olmèque représentant
un mâcheur de coca
(-100 + 100 avant le présent)
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Bien que de la coca ait été
envoyée de temps en temps en Europe, du dix-septième au dix-neuvième
siècle, son usage resta très limité pendant cette
période. En 1750, le botaniste français Joseph de Jussieu
donna une description des spécimens qu'il avait rapportés
du Pérou et Lamark la nomma Erythroxylon coca en 1786. Elle
fut popularisée en Europe, d'abord par un essai publié par
un neurologue italien, Paolo Mantegazza, en 1859, puis par un pharmacien
corse, Angelo Mariani. Créateur du Vin Mariani, un vin aux extraits
de coca ainsi que des pastilles et du thé à la coca, il en
déposa les brevets en 1863. Son vin, dont la publicité vantait
à la fois les qualités stimulantes, anti-dépressives
et organoleptiques eut un grand succès. Mariani devint célèbre
dans toute l'Europe et reçut même une médaille spéciale
du pape.
Aux États-Unis, un
pharmacien de Géorgie, John Pemberton, s'inspira du Vin Mariani
pour proposer un vin français de coca qui va devenir le fameux Coca-Cola. |
Publicité pour le Vin Mariani
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Dans ce dernier,
dont le brevet fut déposé en 1886 mais modifié ensuite,
le vin était remplacé par un extrait de noix de cola puis
l'eau plate par du soda. C'est un autre pharmacien, Asa Candler, qui
racheta les droits en 1892 et fonda la Coca-Cola Company. Au début
du vingtième siècle, les dangers de la cocaïne devenant
de plus en plus documentés, l'alcaloïde fut retirée
de la formulation du Coca-Cola dont la concentration en caféine
fut augmentée. Des feuilles de coca, dont la cocaïne a été
éliminée, continuent néanmoins à entrer dans
sa fabrication. La composition exacte du Coca-Cola reste cependant toujours
secrète.
Aujourd'hui, en dehors des
pays où la mastication est traditionnelle, aucune préparation
licite ne peut contenir de coca ou de cocaïne qui sont inscrites au
tableau I de la Convention de 1971. |
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Consommation traditionnelle
Traditionnellement, les feuilles
de coca séchées sont chiquées en mélange
avec de la chaux ce qui atténue l'amertume du goût et augmente
l'effet stimulant en facilitant la solubilisation de la cocaïne (l'addition
de chaux augmente de dix fois la concentration plasmatique en cocaïne
chez l'usager). Dans les tribus indiennes des Andes qui en font usage traditionnellement,
les hommes reçoivent, lors des rites marquant la puberté,
une sorte de gourde contenant de la chaux dont ils ne se sépareront
plus. La chaux est prélevée avec un bâtonnet humidifié
de salive puis placée dans la bouche avec des feuilles de coca débarrassées
au préalable de leur nervure principale. L'opération est
répétée jusqu'à former une boule placée
entre la joue et la mâchoire. La boule n'est pas mastiquée
mais chiquée comme du tabac pendant trois quarts d'heure pour en
extraire le jus. |
Joue déformée par la boule de coca
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| En général,
un coquero (mâcheur de feuilles de coca) prend cinq à six
chiques par jour représentant 50 à 100 g de feuilles. L'ecgonine
(80 fois moins puissante que la cocaïne qui est la benzoyl-ecgonine)
et la cocaïne, en faible quantité, passent dans la circulation
en traversant les muqueuses de la bouche, de l'estomac et de l'intestin.
La cocaïne y est rapidement détruite. À côté
de leur effet stimulant, particulièrement utile pour des montagnards
vivant le plus souvent dans des conditions difficiles à haute altitude,
les feuilles constituent aussi un complément alimentaire non négligeable
en raison de leur richesse en protéines, en sels minéraux
(calcium, phosphore) et en vitamines (A et B2). |
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Consommation
et production
On estime à plusieurs millions
le nombre d'adeptes de la mastication de feuilles de coca répartis
essentiellement dans les pays andins (Bolivie, Colombie, Pérou,
Chili). Ils consomment plusieurs milliers de tonnes de feuilles chaque
année produites légalement pour cet usage. Ainsi, en Bolivie,
10 à 15 000 hectares de cocaïer dans la région des Yungas
sont cultivés licitement pour la consommation locale qui représente
10 000 à 13 000 tonnes par an. Jusqu'aux années 1970, la
production de coca dans les pays andins restait destinée à
cette consommation traditionnelle mais l'augmentation rapide de la demande
de cocaïne aux USA à cette époque devait conduire à
une explosion de la culture du cocaïer, surtout au Pérou, en
Bolivie et en Colombie.
Ainsi, au Pérou, les
surfaces consacrées à sa culture illicite sont passées
de 32 000 hectares en 1979 à près de 130 000 hectares en
1992, année record. Elles atteindraient environ 60 000 hectares
aujourd'hui.
En Bolivie, les surfaces cultivées
sont passées de 4 000 hectares en 1971 à 70 000 hectares
en 1987. Comme au Pérou les autorités ont engagé des
programmes de destruction massive des cultures et il y aurait aujourd'hui,
environ 50 000 hectares illicites. |
Sac de feuilles de coca
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En Colombie, les
efforts d'éradication menés dans les pays voisins se sont
traduits par une augmentation constante des surfaces cultivées qui
dépasseraient aujourd'hui 100 000 hectares.
Au total, les surfaces plantées
illégalement en coca dépassaient, selon l'ONU, 220 000 hectares
en 1997, susceptibles de fournir 300 000 tonnes de feuille permettant la
fabrication de près de 700 à 1 000 tonnes de cocaïne
par an. Toutefois, les données statistiques présentent de
nombreuses incertitudes et les chiffres sont plutôt à considérer
comme des ordres de grandeur. En outre, les rendements sont très
variables. Un hectare de coca fournit de 700 à 1 500 kg de feuilles
par an selon la région de production. Le premier producteur mondial
de feuilles reste le Pérou (environ 100 000 tonnes), suivi de la
Bolivie (environ 60 000 tonnes) et de la Colombie (près de 100 000
tonnes). En outre, une faible fraction de la production totale (probablement
quelques centaines de tonnes) vient de plantations en Équateur,
en Argentine et au Panama.
Si les campagnes d'éradication
menées dans les principaux pays producteurs ont conduit à
la destruction de quelques milliers d'hectares par an, mais aussi à
de graves conflits encore non réglés avec les cocaleros (planteurs
de coca), il n'est pas sûr que les surfaces cultivées aient
diminué considérablement en raison de nouvelles plantations
effectuées parallèlement et de l'augmentation de la production
en Colombie. Les efforts de reconversion n'ont pas toujours été
probants non plus, en raison de la difficulté à trouver des
productions capables d'apporter les mêmes revenus, en particulier
dans des régions dépourvues d'infrastructures. Aujourd'hui,
les agences nationales conjuguent répression (destruction des plantations
par fumigations aériennes) et reconversion agricole tandis que les
agences internationales montent des projets de développement intégré
comportant non seulement un volet de reconversion agricole mais aussi un
volet de développement des infrastructures. |
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Culture
de la coca et environnement
La culture de la coca a un impact
majeur sur l'environnement notamment à cause de la déforestation
et de l'utilisation massive de substances chimiques dans les opérations
de transformation de la feuille. Plusieurs centaines de milliers d'hectares
de forêt ont été détruits en Bolivie, en Colombie
et au Pérou depuis le début du boom de la coca qui serait
responsable de 90 % de la déforestation dans ces pays. Les surfaces
de forêts défrichées dépassent largement celle
qui sont plantées de coca car elles servent aussi à l'installation
des villages de cocaleros et à leurs cultures vivrières.
En outre, elles peuvent être abandonnées pour diverses raisons
(érosion, incursions de la police etc.), les cocaleros allant alors
défricher plus loin. Les méthodes de culture utilisées
favorisent l'érosion en mettant les sols à nu et les cours
d'eau se comblent de sédiments. De plus, des milliers de tonnes
de produits chimiques, insecticides et herbicides sont déversés
chaque année et se retrouvent dans les sols, les cours d'eau et
les nappes. Enfin, les laboratoires clandestins de fabrication de pâte
base et de cocaïne sont responsables de graves pollutions, notamment
par les solvants utilisés lors des différentes étapes
de préparation. |
Voir
aussi : la coca
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