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Chanvre d'un herbier du seizième siècle
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Le chanvre est, avec le pavot,
la plante la plus anciennement consommée par l'homme pour ses propriétés
psychotropes. Il est originaire du versant indien ou chinois de l’Himalaya,
et il est connu en Chine depuis au moins 6 000 ans. Ses fibres et ses graines
étaient largement exploitées de même que ses propriétés
psychotropes. Il faisait partie en Inde des cinq plantes magiques utilisées
dans les rituels religieux et entrait sans doute dans la composition du
soma. La ganja et le bhang continuent d’être utilisés chez
les Hindous à des fins rituelles, notamment dans certains temples.
Son usage s’est répandu très tôt dans le monde entier.
Il était connu des Assyriens et des Scythes il y a trois mille ans.
Ces derniers l’utilisaient en fumigations : ils jetaient la plante ou la
résine sur des pierres chauffées après avoir étanchéifié
le local et inhalaient la fumée. |
Graines de chénevis
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En Égypte
on l’utilisait d’une manière comparable. La médecine grecque
le reconnut comme hallucinogène. Massilia, l’actuelle Marseille,
exportait dès le septième siècle avant notre ère
des cordages de chanvre et la découverte de nombreuses pipes sur
le site suggère son utilisation comme psychotrope à cette
époque où le tabac était inconnu en Europe. Le nom
de Cannebière qui a la même racine que cannabis rappelle l'importance
de cette plante dans l’économie locale.
Le chanvre était bien
connu aussi des Arabes qui, à la fin du treizième siècle,
disposaient de plus de cent termes différents pour le qualifier.
Il était utilisé à la fois comme médicament
et comme stupéfiant. L’histoire de la secte des Haschichins, ennemis
des croisés qui tentèrent d’assassiner saint Louis, est bien
connue mais sa relation avec l’étymologie du mot assassin reste
controversée. |
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En Europe, son usage en tant que
psychotrope est resté méconnu jusqu'au dix septième
siècle sauf par Paracelse et Rabelais (qui décrivit au seizième
siècle le « pantagruélion » dont les caractéristiques
suggèrent qu’il s’agit du chanvre) alors que ses fibres étaient
d'une importance stratégique (cordages).
La connaissance de ses effets
se répandit en Europe, en France, après la campagne napoléonienne
d’Égypte, pays où il était largement consommé
sous forme de haschich, et, en Angleterre, après la conquête
des Indes. Un décret de Bonaparte du 8 octobre 1800 tenta de prohiber
son commerce et son utilisation en Égypte mais il suscita néanmoins
l’intérêt de scientifiques ayant accompagné Bonaparte
dans ce pays comme Sylvestre de Sacy, Aubert Roche et Jacques Moreau de
Tours. Ce dernier, psychiatre, l’étudia scientifiquement, le testa
pour traiter ses malades et publia Du Haschich et de l’Aliénation
Mentale, ouvrage qui devait avoir un grand retentissement. Il fit connaître
le haschich à Théophile Gauthier et à d’autres écrivains
et artistes comme Charles Baudelaire, Alexandre Dumas, Gérard de
Nerval, Delacroix etc. De leurs soirées naquit le
club des haschichins réunissant à l’hôtel Pimodan l’intelligentsia
de l’époque. Ils y expérimentèrent les effets du haschich
sous forme de dawamesk. Les écrits de T. Gauthier comme le Club
des Haschichins ou de C. Baudelaire comme Les Paradis artificiels
populariseront ces expériences.
Le chanvre et ses dérivés,
comme les autres drogues traditionnelles (opium, coca), seront interdits
en France par la première loi de prohibition concernant les psychotropes,
votée le 12 juillet 1916 qui n’empêchera pourtant pas la régie
française des tabacs de vendre officiellement un mélange
de kif et de tabac en Afrique du nord et la France de produire du
chandou en Indochine à travers une Régie de l'opium jusque
dans les années 50.
En Grande-Bretagne, vers 1840,
O’Shaugnessy, un médecin irlandais ayant travaillé aux Indes
comme médecin de la Compagnie des Indes orientales, étudia
expérimentalement les propriétés du chanvre et introduisit
son usage en médecine. On en fit dès lors des médicaments
contre les douleurs, l’asthme, les migraines etc. Ces médicaments
se répandirent rapidement aussi aux États-Unis.
Le gouvernement britannique,
confronté à une consommation importante de chanvre en Inde,
prit l’initiative de mettre en place une commission chargée d’une
étude exhaustive sur cette plante (Indian Hemp Drugs Commission).
La commission rendit en 1894 un rapport de 7 500 pages comportant sept
volumes, probablement l’étude la plus approfondie qui ait jamais
été faite sur la question. |
L'ouvrage du docteur Moreau
(publié en 1845)
Les fumeurs de haschich (Daumier)
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Le rapport concluait
à l’absence de nocivité du chanvre. En 1916 pourtant, comme
la France, la Grande-Bretagne adoptera une législation prohibitionniste
s’étendant à toutes les drogues.
Aujourd'hui, divers groupes
de pression luttent pour la libéralisation de l'usage du chanvre
sous une forme ou sous une autre. Certains groupes militent pour la légalisation
de l'utilisation médicale (Cannabis buyer's club aux USA),
d'autres pour une dépénalisation voire une légalisation
(Mouvement pour la Libéralisation Contrôlée, Collectif
d'Information et de Recherche Cannabique en France). Dans la plupart des
pays européens il existe aujourd'hui une dépénalisation
de fait ou de droit du simple usage mais le chanvre reste inscrit sur la
liste internationale des stupéfiants sans utilisation médicale.
En France, où le simple usage est un délit, des circulaires
aux procureurs préconisent cependant de ne pas poursuivre les simples
usagers. |
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En Amérique, si le chanvre
était cultivé pour ses fibres dès le dix neuvième
siècle, l’habitude de le fumer a probablement été
importée d’Afrique au Brésil par les esclaves. Le chanvre
est en effet présent depuis longtemps en Afrique où Livingstone
l’avait rencontré sous une forme sauvage au Congo lors de ses explorations.
Du Brésil, il gagna ensuite le Mexique puis les États-Unis.
Les travailleurs mexicains qui, au début du siècle, traversaient
la frontière vers les USA l’introduisirent au Texas. Dès
1937, le chanvre appelé par son nom mexicain marijuana, fut interdit
aux États-Unis par le Marijuana Tax Act après d'hystériques
campagnes de presse. Autorisée de nouveau pendant la guerre pour
fournir des fibres, sa culture sera de nouveau interdite après guerre.
Aujourd'hui, l'Amérique
du Nord est un des principaux producteurs clandestins de cannabis avec
notamment de vastes surfaces cultivées aux USA et la mise au point
au Canada de variétés hybrides sélectionnées
particulièrement riches en THC souvent
cultivées en intérieur.
Plants de chanvre hybride à teneur élevée en
THC
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Badge électoral
et
Détournement du sigle MacDo
(USA)
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