On appelle drogues de synthèse
(souvent désignées par leur nom anglais, designer drugs)
des substances psychotropes synthétisées artificiellement
par opposition aux drogues d'origine végétale (haschich,
opium,
cocaïne)
ou semi synthétique (héroïne,
LSD).
Fabriquées à
partir de précurseurs produits par l'industrie chimique, les drogues
de synthèse ont connu un développement considérable
de leur production au cours des dernières années et le nombre
de leurs consommateurs, qui est de l'ordre de 30 millions aujourd'hui dans
le monde, est désormais en deuxième position derrière
celui des consommateurs de
cannabis chez les utilisateurs
de drogues illicites.
Parmi les plus répandues
de ces substances, on compte notamment les stimulants
de type amphétamine et leurs différents dérivés
(métamphétamine,
MDA,
ecstasy
etc.) dont les saisies mondiales sont passées de 280 kg en 1976
à 1,4 tonnes en 1990 puis à 14,5 tonnes en 1996.
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L'augmentation
spectaculaire de la production et de l'usage de ces substances est liée
à la fois à la facilité de leur synthèse, qu'il
est souvent possible de réaliser à partir de matière
première non contrôlée, et à l'apparition de
nouveaux modes de consommation des drogues (culture des raves notamment).
Le plus souvent, leur formule chimique les exclut initialement des listes
nationales et internationales des substances interdites et c'est seulement
lorsqu'elles sont identifiées en raison d'un usage abusif qu'elles
peuvent y être placées. C'est ainsi que la MDMA (ecstasy)
synthétisée pour la première fois en 1912 et redécouverte
en 1970 put être utilisée sans contrôle jusqu'en 1985
avant d'être interdite aux USA puis placée sur la liste I
de l'ONU.
De même, la 2CB
apparue au début des années 90 n'a été
interdite aux USA qu'en 1994 et en Europe en 1997.
Des centaines de psychotropes
nouveaux, inconnus dans la nature, sont susceptibles d'être produits
de façon entièrement synthétique, notamment des opiacés
et des dérivés d'amphétamines, obligeant les autorités
sanitaires à une veille permanente pour identifier les nouveaux
produits mis en circulation et les précurseurs utilisés pour
les synthétiser. |
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Stimulants
de type
amphétamine
Molécule d'amphétamine
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Les
stimulants
de type amphétamine (STA) constituent une vaste famille chimique
de psychotropes de synthèse construits à partir de la molécule
de phényléthylamine.
Ils regroupent des dizaines de dérivés chimiques de cette
molécule parmi lesquels des psychostimulants,
des anorexigènes et des hallucinogènes.
Seuls les dérivés dextrogyres sont psychoactifs.
L’amphétamine au sens
strict est l’alpha-méthyl-phényl-éthylamine dextrogyre,
le nom amphétamine correspondant à l'acronyme de la formule
chimique : [a(alpha)-m(méthyl)-ph(phényl)ét(éthyl)amine].
C'est un puissant stimulant du système nerveux central et un anorexigène
très efficace. Cependant, l’amphétamine n’a quasiment pas
d’utilisation thérapeutique, à quelques rares exceptions
près comme le traitement du surdosage de barbituriques et de la
narcolepsie, et elle a donc logiquement disparu de la pharmacopée
française en pratique courante.
Les propriétés
anorexigènes des amphétamines ont également conduit
à la synthèse de nombreux dérivés destinés
à contrôler l’appétit mais plusieurs d'entre eux se
sont révélés dangereux et ont été écartés
de la pharmacopée.
D'autres modifications de
la molécule d'amphétamine renforcent les propriétés
stimulantes (métamphétamine)
ou lui confèrent des propriétés hallucinogènes
(méthoxyamphétamines).
La synthèse chimique
des amphétamines étant relativement simple, elle sont produites
dans le monde entier par des laboratoires clandestins qui approvisionnent
un vaste marché illicite puisque les utilisateurs de STA constituent
désormais le second groupe en nombre des utilisateurs de substances
prohibées.
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Molécule de tryptamine
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La
tryptamine est un produit de dégradation de l'acide aminé
tryptophane naturellement présent chez tous les organismes et qui
est dénué de propriétés psychotropes. C'est
également le squelette chimique de la sérotonine
(5 hydroxy-tryptamine), un important neurotransmetteur du système
nerveux central dont les fonctions physiologiques sont perturbées
par diverses molécules, notamment les hallucinogènes comportant
un noyau indol (DMT, LSD).
Des dérivés
hallucinogènes comportant le noyau indol comme l'ibogaïne,
l'harmaline ou la diméthyltryptamine
(DMT) sont naturellement présents chez certaines plantes et divers
dérivés synthétiques ont été produits.
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Molécule de phencyclidine
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La
phencyclidine est un anesthésique - analgésique dérivé
de la pipéridine. Synthétisée pour la première
fois en 1959, elle est utilisée surtout en médecine vétérinaire,
son usage en médecine humaine ayant cessé en 1965 en raison
de ses effets secondaires.
Appelée le plus souvent
PCP ou poussière d'ange (angel dust en Anglais), elle est
légèrement stimulante à faible dose et perturbe les
perceptions et la conscience à dose plus élevée.
L'abus de PCP existe surtout
aux USA.
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Molécule de kétamine
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Anesthésique
utilisé notamment en médecine vétérinaire pour
endormir les gros animaux pendant une courte durée car elle est
dépourvue d'effets secondaires, la kétamine a été
aussi utilisée dans le même but en chirurgie.
Chez l'homme, elle a des effets
de courte durée avec altération de la conscience mais elle
peut aussi entraîner un état d'inconscience.
L'abus de kétamine
existe surtout en Grande Bretagne.
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Molécule de méthaqualone
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Hypnotique
non barbiturique à effet sédatif général, la
méthaqualone, appelée aussi Mandrax (son ancienne
dénomination commerciale) ou
quaaludes,
a été
retirée de la pharmacopée mais continue d'être produite
clandestinement en Afrique et en Inde où sa consommation reste importante.
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Les molécules
ci-dessus et leurs dérivés psychoactifs sont présentés
en animation CHIME dans les pages correspondantes
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