La métamphétamine
est un dérivé méthylé de l'amphétamine
possédant de puissants effets psychostimulants.
La molécule de métamphétamine
ne diffère de celle de l'amphétamine que par la substitution
d'un des deux atomes d'hydrogène du groupe amine par un groupe méthyl.
Comme pour l'amphétamine, c'est la molécule dextrogyre (dexmétamphétamine)
qui est psychoactive, le mélange racémique (métamphétamine
dextrogyre et lévogyre) présentant plus d’effets secondaires
sur les sphères cardiovasculaire et respiratoire que la dexmétamphétamine
seule.
Synthétisée
facilement, il est possible de la produire artisanalement à partir
de l'éphédrine contenue dans
des médicaments ou à plus grande échelle dans des
laboratoires clandestins à partir d'éphédrine importée.
Il existe des laboratoires au Mexique, au Canada et aux États-Unis,
approvisionnant le marché nord-américain, mais aussi, de
plus en plus, dans le Triangle d'Or où 87 laboratoires ont été
repérés en 2000 dans la partie birmane.
La métamphétamine
est avalée (tabs), prisée par voie nasale (crank,
crystal), fumée (ice, glass) ou injectée. Appelée
souvent "cocaïne du pauvre", car elle est moins chère que la
cocaïne et agit plus longtemps (trois à six heures contre environ
une heure pour la cocaïne), c'est un stimulant puissant déclenchant
des réactions d'agressivité souvent violentes et des crises
de paranoïa.
Lorsque l'effet
se dissipe, la dépression engendrée par la descente, extrêmement
désagréable, favorise l'installation rapide d'une pharmacodépendance.
Son utilisation a considérablement
augmenté depuis quelques années aux Etats-Unis, où
on la trouve sous les noms de meth, ice, crystal, crank et en Asie
(ice, shabu, ya ba). Tous les indicateurs (saisies, admissions en
urgences, décès, délinquance liée, etc.) sont
en augmentation aux USA où son abus, surtout répandu jusqu'ici
dans l'Ouest et le Sud-Ouest, a gagné les grandes villes de l'Est.
En 1996 on estimait à 4,9 millions, soit 2,3 % de la population,
le nombre de personnes en ayant pris une fois dans leur vie alors
qu'elles n'étaient que 3,8 millions (1,8 %) en 1994. L'abus de métamphétamine
aux USA est responsable de l'admission en urgences de plusieurs milliers
de personnes chaque année.
Très répandue
aux Philippines, au Japon et en Indonésie son utilisation s'est
surtout considérablement répandue en Thaïlande
ces dernières années où une personne sur 20 en consomme
soit 2,7 millions d'utilisateurs dont 300 000 sont considérés
comme toxicomanes. En 2000 on estimait à quelque 700 millions
le nombre de comprimés consommés dans le pays et 77 millions
de comprimés y ont été saisis, plus du double par
rapport à 1999.
En Europe, la métamphétamine
est loin de constituer un aussi grave problème de santé publique.
Elle est utilisée principalement en Finlande, Suède, Belgique
et Royaume Uni.
4-Méthyl-thioamphétamine
(MTA)
Dérivé amphétaminique
de synthèse apparu en 1997 sur le marché clandestin en Europe,
la 4-MTA est appelée couramment flatliner en raison de l'aspect
des comprimés aplatis (flat) et portant une ligne (line).
Elle peut être vendue aussi pour de l'ecstasy
dont les effets sont similaires, mais ceux de la MTA étant plus
longs à se déclarer, les consommateurs habitués à
l'ecstasy croient souvent avoir pris une dose insuffisante et sont ainsi
amenés à prendre davantage de comprimés ce qui les
expose à un risque de surdose. Cinq décès ont été
enregistrés jusqu'ici à la suite de la consommation de cette
substance, dont un chez une personne ayant exclusivement consommé
de la MTA. La surdose provoque une dépression respiratoire qui peut
être fatale.
Découverte pour la
première fois par la police en Grande-Bretagne en 1997, la MTA semble
s'être répandue depuis dans le reste de l'Europe comme le
montre la saisie en 1998 de 25 000 comprimés dans le port de Douvres
en Angleterre. Non inscrite sur la liste des stupéfiants interdits
par la Convention des Nations unies, l'Observatoire européen des
drogues et toxicomanies (OEDT) a néanmoins décidé
son interdiction dans l'Union européenne suite au déclenchement
de son système d'alerte rapide instauré précisément
pour détecter les nouvelles drogues de synthèse.
Méthcathinone
La methcathinone
est la 2-méthylamino-propiophénone connue également
sous le nom d'éphédrone. L'abus de méthcathinone,
répandu dans le passé dans l'ex-URSS (où elle était
connue sous les noms de Jeff ou de Mulka), a gagné
dans les années 90 les États-Unis où cette drogue
de synthèse est connue sous les noms de cat (à ne
pas confondre avec le qat) ou de The C. La
méthcathinone est sur le plan chimique un dérivé de
la cathinone, alcaloïde tiré du
qat, mais elle est synthétisée dans les laboratoires clandestins
à partir de l'éphédrine
par une simple oxydation.
Synthétisée
pour la première fois en Allemagne en 1928, elle fut utilisée
ensuite comme antidépresseur en URSS. Son étude fut reprise
pour cette raison dans les années 50 par la société
américaine Parke Davis qui mit en évidence ses propriétés
psychostimulantes similaires à celles des amphétamines
puis l'abandonna à cause de ses effets secondaires identiques aussi
à ceux de ces dernières. Mais un étudiant, stagiaire
dans cette société, put dérober des documents décrivant
sa synthèse et, en 1990, elle apparut sur le marché clandestin
aux USA. Non inscrite à l'époque sur la liste des substances
contrôlées, la méthcathinone s'y répandit rapidement
et fut interdite en 1992. Depuis, de nombreux laboratoires clandestins
produisant de la méthcathinone ont été démantelés
dans plus d'une dizaine d'états américains.
La méthcathinone
peut être prisée, injectée, fumée ou avalée.
Ses effets aigus et chroniques sont similaires à ceux de la métamphétamine.
Méthylphénidate
Dérivé amphétaminique
dont les propriétés stimulantes sont peu marquées,
le méthylphénidate est le phényl pipéridyl-2
acétate de méthyle. Il est utilisé principalement
au Canada et aux USA pour soigner les troubles de l'attention chez les
enfants mais fait parfois l'objet d'abus, notamment chez les adolescents.
Quoiqu'inscrit au tableau II de la Convention internationale de 1971 sur
les substances psychotropes au même titre que les autres dérivés
amphétaminiques, sa consommation mondiale est passée de moins
de 3 tonnes en 1990 à près de 13 tonnes en 1997, principalement
en raison de l'importance de la consommation aux États-Unis qui
représentent 90 % de la consommation mondiale. Parallèlement,
le nombre de jeunes âgés de 10 à 14 ans admis en urgences
pour un problème lié au méthylphénidate a été
multiplié par 10 depuis 1990 et dépasse désormais
le nombre de cas liés à la cocaïne dans la même
tranche d'âge. Les organisations de l'ONU rappellent d'ailleurs à
l'ordre régulièrement les USA à propos de leur
consommation excessive de méthylphénidate dont l'intérêt
médical est controversé.