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Les principales espèces de champignons hallucinogènes appartiennent aux genres Psilocybe, Strophaire et Panéole qui font partie de l’ordre des Agaricales (comme le champignon de Paris).
  • Psilocybes
Les psilocybes comportent plusieurs dizaines d’espèces dont une quinzaine ont des propriétés hallucinogènes connues depuis des temps immémoriaux et utilisées en Amérique latine lors de rites chamaniques. Les champignons hallucinogènes sont appelés Teonanacatl (ce qui signifie "La chair des dieux") par les Indiens du Mexique. L’espèce la plus couramment utilisée, Psilocybe mexicana, est très répandue au Mexique méridional et oriental. Elle est de petite taille avec un pied long et grêle de 8 cm sur 1,5 mm, finement strié, et un chapeau en forme de coupole de 1 à 2 cm de diamètre muni d’un mamelon. Des lamelles rayonnantes situées sous le chapeau produisent les spores. Les psilocybes ont une croissance relativement lente qui peut durer jusqu'à deux à trois semaines. La plupart des psilocybes hallucinogènes bleuissent en vieillissant. 
La culture des psilocybes a été réalisée pour la première fois en 1956 par R. Heim au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, ce qui a permis de fournir à A. Hoffmann, des laboratoires Sandoz à Bâle (Suisse), la matière première nécessaire à l’isolement des alcaloïdes psychoactifs du champignon, la psilocybine et la psilocine. Les autres espèces de psilocybes hallucinogènes (P. cœurulescens, P. zapotecorum, etc.) diffèrent du précédent par les dimensions, la couleur, la forme du chapeau, le mamelon, les spores, le contenu en alcaloïdes. Moins répandues que P. mexicana, elles sont néanmoins connues des Indiens et utilisées de la même façon. Une seule espèce européenne, P. semilanceata, contient de la psilocybine à une concentration de 0,4 %. Appelé "bonnet de lutin" en raison du chapeau légèrement conique portant un mamelon plus ou moins marqué, c’est un champignon à tige grêle d’une dizaine de centimètres poussant dans les prairies abandonnées sur sols acides, humides et ensoleillés.

Molécules de psilocybine et de psilocine

Psilocybe mexicana
 
 
 


Psilocybe semilanceata
(Bonnet de lutin)

  • Strophaires
Il existe également des strophaires hallucinogènes comme Stropharia cubensis. Ce champignon présent en Amérique, en Eurasie et en Afrique, se développe sur les bouses de vache. Haut d'une douzaine de centimètres, il possède un chapeau brun ou fauve, strié, de quelques centimètres de diamètre, muni d'un mamelon central pointu et un pied fibreux portant un anneau persistant. La chair bleuit à l'air après rupture. Cultivé au laboratoire par R. Heim dès 1956, il s'est révélé riche en psilocybine (jusqu'à 0,6 %) et en psilocine. Cette caractéristique le rend hautement hallucinogène et il est utilisé pour cette raison au même titre que d'autres champignons hallucinogènes par certaines tribus amérindiennes du Mexique.
  • Panéoles
Les panéoles sont un genre appartenant à l'ordre des Agaricales dont quelques espèces, notamment Panaeolus campanulatus et P. papilionaceus, ont été décrites comme hallucinogènes. La présence irrégulière d’alcaloïdes indoliques identifiés par chromatographie laisse penser que ces espèces sont hallucinogènes de façon inconstante.

Stropharia cubensis
  • Psilocybine et psilocine
Alcaloïde présent dans plusieurs dizaines d’espèces de champignons hallucinogènes, la psilocybine est un ester phosphorique de la psilocine. Les deux alcaloïdes sont généralement présents dans les mêmes champignons mais la psilocybine y est en concentration plus élevée. Il s’agit de dérivés indoliques. Dans l’organisme, le groupement phosphate de la psilocybine est éliminé par une phosphatase ce qui libère la psilocine, métabolite psychoactif. La psilocybine agit à des doses du même ordre que la psilocine, soit 6 à 20 mg par voie orale. Elle fut isolée en même temps que la psilocine en 1958 par A. Hoffmann des laboratoires Sandoz à Bâle (Suisse) qui établit sa structure et mit au point sa synthèse chimique la même année. Plus stable que la psilocine qui s’oxyde facilement, elle pénètre aussi plus facilement la barrière hématoencéphalique. La psilocybine, comme la psilocine, produisent des effets similaires à ceux des autres hallucinogènes indoliques tel le LSD, c’est à dire des hallucinations affectant l’ensemble des perceptions (organes des sens et proprioception) ainsi que la conscience de soi. Toutefois, les crises d’angoisse, fréquentes avec le LSD sont beaucoup plus rares avec la psilocybine et la psilocine qu’avec le LSD.


Molécule de psilocybine                      Molécule de psilocine


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