L'éthanol
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Alcool est le
nom employé dans le langage courant pour désigner l’éthanol.
En chimie, c’est le nom d’une fonction (groupement chimique hydroxyle formé
d’un atome d’oxygène lié à un atome d’hydrogène,
- OH) que l’on trouve dans de multiples molécules organiques. De
ce fait, on appelle alcools les molécules organiques dont le squelette
carboné porte un ou plusieurs groupes fonctionnels -OH comme le
méthanol (CH3OH), l’éthanol (CH3CH2OH)
ou le glycérol (CH2OHCHOHCH2OH). La concentration
en éthanol dans une boisson est indiquée en pourcentage volumique.
Ainsi, dans un litre de whisky à 40 % d'alcool, par exemple, il
y a 0,4 litre d'alcool pur.
L’alcool est disponible légalement
dans la plupart des pays du monde à quelques exceptions près.
On distingue les boissons alcooliques dans lesquelles l’alcool est généré
naturellement et les boissons alcoolisées où l’alcool est
additionné.
La consommation d'alcool a
décru en Europe ces 20 dernières années mais ne cesse
d’augmenter dans les pays en voie de développement. Les pays à
plus fort taux de consommation sont encore majoritairement européens,
la France restant dans le peloton de tête avec environ 13 L d’alcool
pur par an, par habitant âgé de plus de 15 ans. |
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De formule
CH3-CH2OH, l’éthanol est liquide à
la température ambiante. C’est une substance volatile à l’odeur
caractéristique, miscible à l’eau en toutes proportions et
à de nombreux solvants organiques. L’éthanol est obtenu par
la fermentation de divers sucres sous l’action de certaines espèces
de levures. Ces dernières, des champignons unicellulaires, sont
les premiers microorganismes à avoir été utilisés
par l’homme : la production de boissons alcoolisées par fermentation
existait déjà il y a 6 000 ans et elle est documentée
chez les Sumériens, les Babyloniens et dans l'ancienne Égypte,
ce qui fait de l’alcool un des psychotropes les plus anciennement connus.
Elle a d'ailleurs existé dans la plupart des cultures humaines et
diverses mythologies en font largement état. Ce sont les arabes
qui ont découvert la préparation de l'alcool par distillation
de boissons fermentées et lui ont donné son nom (al kohol
signifiant subtil) mais sa consommation est interdite aux Musulmans par
le Coran. Aujourd’hui, c’est la substance psychoactive la plus utilisée
dans le monde, en général, et en France, en particulier.
Cellule de levure en bourgeonnement
(taille réelle 5 µm)
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L’alcool est consommé sous
forme de boissons qui diffèrent par l’origine de la matière
première des fermentations (raisin, grain, etc.) et par leur degré
alcoolique. Le degré alcoolique est le pourcentage en volume de
l’alcool pur contenu dans un liquide. Ainsi, 100 millilitres d’une boisson
titrant 43 degrés alcooliques contient 43 mL d’alcool pur. Le tableau
ci-contre présente le degré alcoolique des trois grands types
de boissons contenant une quantité non négligeable d’alcool
: la bière, le vin et les spiritueux.
En raison de ses effets psychotropes,
la distribution d’alcool et sa consommation dans les lieux publics sont
réglementées dans la plupart des pays. Malgré son
potentiel addictif majeur, l’alcool n’est pourtant inscrit sur aucune des
listes régissant au niveau mondial le contrôle des stupéfiants
et la lutte contre leur trafic. Sa consommation est ou a été
interdite dans quelques pays mais l’exemple de la prohibition des années
30 aux États-Unis a montré l’inefficacité de cette
méthode de lutte contre l’abus d’alcool. En France, le commerce
des alcools et des boissons alcoolisées est un monopole d'état
faisant l’objet d’un contrôle strict de la part de l’administration
(Direction générale des douanes et des droits indirects). |
| Boisson |
Degré alcoolique |
| Bières |
4 à 12
(bières
courantes, 5 %) |
| Vins |
6 à 20
(vins
courants, 11 %) |
| Spiritueux |
20 à 50
(alcools de
grains courants,
43 %) |
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Les effets psychotropes de l'éthanol
sont caractérisés par quatre phénomènes :
le désir de consommation (appétence), la répétition
de la consommation avec renforcement, la tolérance qui traduit l’adaptation
de l’organisme et la dépendance qui se traduit par la survenue d’un
syndrome de sevrage à l’arrêt du produit. Ces différents
effets sont modulés par des facteurs génétiques et
environnementaux. Les effets de l’éthanol sur le système
nerveux sont multiples et complexes et varient selon le mode de consommation,
aiguë ou chronique.
L'alcool se lie notamment
à un site spécialisé du récepteur du GABA (acide
gamma aminobutyrique), principal neurotransmetteur inhibiteur, renforçant
ainsi l'action inhibitrice du GABA.
Une excessive consommation
chronique d’alcool constitue une forme de toxicomanie, l’alcoolisme, qui
s’accompagne du développement de la tolérance et de la dépendance. |
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Effets
physiologiques et pathologiques
À faible dose, de l’ordre
de 0,5 g/kg de poids corporel, l’alcool est un aliment générant
par combustion près de 30 kilojoules par gramme. À cette
dose, les propriétés anti agrégation plaquettaire
de l’alcool expliqueraient la réduction du risque de maladie cardio-vasculaire
observée chez les consommateurs modérés (300 mL par
jour). Au delà, l’aspect nutriment cède progressivement le
pas aux aspects toxiques. La toxicité de l’alcool à fortes
doses s’exerce principalement sur les sphères hépatodigestive
(cirrhose, gastrite), neuropsychiatrique (délire, encéphalopathie,
polynévrite) et sur les voies aérodigestives supérieures
(cancers). L’alcool est métabolisé par le foie en acétate.
Les voies métaboliques impliquées dans l’oxydation de l’alcool
sont plus ou moins actives selon les individus et une protection naturelle
contre l’abus d’alcool peut être conférée par une forme
déficiente inactive d’acétaldéhyde déshydrogénase
fréquente en Extrême-Orient qui génère une réaction
de dégoût après absorption d’alcool. En revanche, il
ne semble pas exister de facteurs génétiques prédisposant
les consommateurs à la survenue d’une maladie organique, en particulier
hépatique. |
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