- Série S -
Polynésie française - Juin 1998
Durée de l’épreuve : 3 h 30
Coefficient : 6 (enseignement obligatoire) ou 8 (enseignement de spécialité en SVT)
Histoire et évolution de la Terre et des êtres vivants
L'environnement et ses modifications conditionnent l'évolution des êtres vivants.
A partir d'exemples précis, développés brièvement, exposez comment l'environnement constitue un moteur de l'évolution.
Choisissez des exemples classiques permettant d'illustrer les notions
de sélection naturelle, de spéciation, de radiation adaptative.
Ne vous perdez pas dans les détails.
Mécanismes de l'immunité
On cherche à comprendre comment le virus d'immunodéficience
humaine (VIH) responsable du SIDA agit sur le système immunitaire
du malade.
Document 1.Mettez en relation les informations fournies par les documents pour décrire et expliquer l'évolution du système immunitaire après une infection par le VIH. Proposez une explication au développement de maladies opportunistes chez les malades atteints du SIDA.

Document 2.
Des lymphocytes T en culture sont exposés au virus du SIDA,
puis la survie de ces cellules est mesurée au fil des jours suivant
l'exposition. Les résultats sont indiqués ci-dessous.
La réponse à la question 1 nécessite une analyse complète des documents et la recherche du déterminisme des phases de l'infection et de l'évolution du système immunitaire. La réponse à la question 2 implique une définition préalable du concept de maladie opportuniste.
Aspects du fonctionnement des centres nerveux
La myasthénie est une maladie neuromusculaire caractérisée par une faiblesse des muscles squelettiques. Les patients ont des difficultés par exemple à garder leurs paupières levées. L'impossibilité de mettre en évidence chez les malades des anomalies de structure de l'innervation du muscle a conduit les médecins à émettre l'hypothèse d'un mauvais fonctionnement de la jonction neuromusculaire.
A l'aide des documents ci-dessous, éprouvez l'hypothèse émise et proposez un mécanisme expliquant la myasthénie.
Document 1.
Organisation de la jonction neuromusculaire ou plaque motrice.

Document 2.
Un nerf moteur est stimulé électriquement. Des électrodes
posées sur la peau, au niveau d'un muscle commandé par ce
nerf, permettent d'enregistrer les phénomènes électriques
globaux de ce muscle (électromyogramme) lors de la stimulation du
nerf.
On enregistre ces phénomènes électriques sur deux
sujets, l'un normal, l'autre atteint de myasthénie.

Document 3.
L'alpha-bungarotoxine, molécule toxique extraite du venin de
serpent, possède la propriété de se fixer sur les
récepteurs à acétylcholine. Son injection à
une souris saine entraîne des symptômes analogues à
ceux de la myasthénie. Par autoradiographie, on peut localiser l'alpha-bungarotoxine
radioactive sur la membrane d'une cellule musculaire. La figure donne le
résultat de cette localisation chez un individu sain et chez un
individu myasthénique.

Document 4.
A l'aide des électrodes réceptrices 1 et 2, on mesure
les potentiels dans la zone postsynaptique de la jonction neuromusculaire.
On mesure ainsi le potentiel postsynaptique au niveau de la plaque motrice
(électrode 1) et le potentiel d'action du muscle responsable de
la contraction (électrode 2).

On réalise cette manipulation sur deux jonctions neuromusculaires, d'un individu sain et d'un individu myasthénique.
Distinguez les informations permettant de valider l'hypothèse
générale de départ (anomalie fonctionnelle de la synapse)
de celles permettant de proposer une explication.
Aspects du fonctionnement des centres nerveux
La rétine (couche sensorielle de l'œil) possède des cellules spécialisées dans la perception de la lumière, les bâtonnets. Exposés à la lumière, les bâtonnets génèrent un potentiel de récepteur à l'origine de potentiels d'action.
En mettant en relation les informations fournies, expliquez comment des échanges ioniques au niveau des bâtonnets sont à l'origine d'un potentiel de récepteur.
SCHEMA DU MONTAGE EXPERIMENTAL
Deux méthodes d'exploration électrophysiologique permettent
d'étudier le fonctionnement d'un bâtonnet isolé.
Méthode 1 : Mesure du potentiel transmembranaire.
A l'aide d'une électrode transmembranaire on mesure le potentiel
de membrane du bâtonnet.

Méthode 2 : Mesure du courant transmembranaire.
On aspire une partie du bâtonnet dans une micropipette. Cette
micropipette est utilisée pour mesurer directement le courant ionique
traversant la membrane de la partie aspirée.

Document 1.
Le bâtonnet comporte deux segments sur lesquels on a pu identifier
des canaux ioniques spécifiques au K+, localisés
uniquement au niveau du segment interne de cette cellule et des canaux
ioniques spécifiques au Na+ localisés au niveau
du segment externe de cette cellule. Les méthodes 1 et 2 citées
dans le montage expérimental ont permis d'établir les phénomènes
ayant lieu à l'obscurité.

Document 2.
On applique à un bâtonnet deux stimulations lumineuses
d'intensité croissante (I1 et I2). On enregistre son potentiel de
membrane (A) et les courants transmembranaires (B) à l'aide des
méthodes 1 et 2.

Document 3.
On étudie l'effet de la concentration externe en Na+,
notée [Na+]e, sur le fonctionnement de la cellule. La
concentration externe en Na+est de 115 mM, alors que la concentration
interne est de 30 mM. La méthode 2 permet de modifier la solution
en contact avec la cellule. On diminue ainsi la concentration externe en
Na+et on stimule le bâtonnet par la lumière d'intensité
I3.

Document 4.
Un bâtonnet est stimulé par une lumière d'intensité
constante. On introduit une portion de plus en plus longue du bâtonnet
dans la micropipette, comme le montre la figure ci-dessous. On mesure les
variations des courants ioniques entrant et sortant en fonction de la longueur
de membrane (d) introduite dans la micropipette.
Attention aux idées reçues ! Ici, le potentiel
de récepteur n'est pas une dépolarisation mais une hyperpolarisation
et le stimulus ne provoque pas l'ouverture de canaux mais leur fermeture.
Ceci souligne la nécessité dans ce type de question de se
limiter à l'analyse et à l'interprétation des résultats
expérimentaux sans essayer de "régurgiter" un modèle
pas nécessairement étudié en classe.