- Série S -
Amérique du Nord - Juin 1998
Durée de l’épreuve : 3 h 30
Coefficient : 6 (enseignement obligatoire) ou 8 (enseignement de spécialité en SVT)
Aspects de l'histoire et de l'évolution de la Terre et des êtres vivants
Expliquez comment les homologies observées à l'échelle des organismes et des molécules apportent des arguments en faveur de l'évolution des êtres vivants.
Définissez ce que l'on entend par homologies et choisissez des exemples précis en nombre limité dans les deux domaines indiqués avant de généraliser.
Unicité génétique des individus et polymorphisme des espèces
Neurospora est un champignon microscopique haploïde dont les principales étapes du cycle de développement sont présentées sur le document 1. On connaît chez ce champignon deux souches qui se distinguent par leur capacité à croître sur un milieu "minimum" sans méthionine (un acide aminé) :
On admet que ce phénotype est déterminé par l'expression d'un couple d'allèles notés M+ et M-.la souche sauvage [M+] peut se développer en l'absence de méthionine, la souche mutée [M-] a besoin de méthionine pour se développer.
On croise une souche [M+] avec une souche [M-]. Les spores obtenues en place dans les asques sont cultivées sur milieu minimum sans méthionine. Le résultat, observable après quelques heures, est schématisé sur le document 2.
Expliquez comment ce croisement permet d'obtenir les différents types d'asques observés.
Document 1.
Représentation simplifiée du cycle de développement
de Neurospora.

Document 2.
Résultat de la culture de Neurospora sur milieu minimum
(sans méthionine).
Transposition à Neurospora d'un problème généralement résolu en classe à l'aide de Sordaria. Il s'agit ici d'un cas classique de monohybridisme chez un haploïde concernant une exigence nutritive et seules les spores possédant le phénotype [M+] germeront sur milieu minimum sans méthionine.
Aspects du fonctionnement des centres nerveux
Grâce à l'olfaction, un organisme est capable de détecter la présence de molécules odorantes dans l'air, d'en apprécier la concentration, et de faire la discrimination entre des odeurs différentes.
Exploitez de manière rigoureuse les documents fournis pour proposer une explication du mode de codage du stimulus olfactif sur les plans quantitatif (intensité de l'odeur) et qualitatif (nature de l'odeur).
SCHEMA FONCTIONNEL DE LA MUQUEUSE OLFACTIVE CHEZ L'HOMME
Les molécules odorantes de l'air se dissolvent dans le mucus
qui tapisse la cavité nasale, puis se lient à des récepteurs
membranaires présents sur les cils des neurones olfactifs qui envoient
un message nerveux.

Document 1.
Représentation graphique de la réponse d'un neurone
olfactif soumis à des concentrations croissantes d'une molécule
odorante.
L'électrode réceptrice est placée sur l'axone du neurone.

Document 2.
Réponse d'un neurone olfactif à quatre odeurs différentes
A, B, C et D.
En l'absence de tout stimulus, les neurones olfactifs présentent
une activité spontanée, correspondant à la valeur
"100 UA" de la fréquence des potentiels d'action.

Document 3.
Portion de muqueuse olfactive comprenant 9 neurones (numérotés
1 à 9), et traduisant la réponse de chacun d'eux à
quatre odeurs différentes (A, B, C et D).
Le neurone faisant l'objet du document précédent est le n° 1.
Le codage quantitatif peut être fait par une seule cellule
alors que le codage qualitatif nécessite un groupe de cellules.
Aspects du fonctionnement des centres nerveux
Par une mise en relation des documents fournis, proposez un mécanisme ionique par lequel les cellules photoréceptrices de l'śil réalisent la transduction du stimulus lumineux en une activité nerveuse.
Document 1.
A : Schéma d'un bâtonnet, cellule photoréceptrice
de la rétine de l'oeil des Vertébrés.
B : Détail d'une portion de la membrane du segment externe.

Document 2.
Enregistrement de la réponse d'un bâtonnet à
des éclairs lumineux d'intensité croissante (L1 < L2 <
L3).
L'électrode réceptrice est intracellulaire (voir document 1).

Document 3.
Composition ionique des milieux extracellulaire et intracellulaire
(chiffres exprimés en mmol.L-1).
| Na+ | |
|
|
|
| Milieu intracellulaire |
|
Document 4.
Enregistrements réalisés avec la technique du patch-clamp
A : Une microélectrode de verre, dont l'extrémité
mesure 1 µm de diamètre, est appliquée sur la membrane
du segment externe d'un bâtonnet. Le fragment qui adhère à
la microélectrode est détaché en aspirant légèrement
et en retirant rapidement la microélectrode. L'ensemble microélectrode-fragment
de membrane est plongé dans une solution avec ou sans GMPc, à
l'obscurité. On impose au potentiel de membrane une valeur constante.
B : Enregistrement obtenu.
AB
Attention aux idées reçues ! Ici, la transduction
ne produit pas une dépolarisation mais une hyperpolarisation et
le stimulus ne provoque pas l'ouverture de canaux mais leur fermeture.
Ceci souligne la nécessité dans ce type de question de se
limiter à l'analyse et à l'interprétation des résultats
expérimentaux sans essayer de "régurgiter" un modèle
étudié en classe. L'analyse des documents ne doit pas ici
suivre leur ordre de présentation.