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| Mai 2002 |
Intérêt
pédagogique
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L’intérêt scientifique de S. pombe résulte
de la conjonction de facteurs favorables : unicellulaire eucaryote sans
danger et facile à cultiver, cycle haploïde, nombreuses mutations
notamment thermosensibles, relations morphologie-cycle cellulaire, petit
génome comportant seulement 3 chromosomes, etc. Ces caractéristiques
en font également un outil pédagogique particulièrement
utile à l’instar de S. cerevisiae dont l’intérêt
n’a plus besoin d’être souligné. Les caractéristiques
exceptionnelles des levures en font des organismes modèles parmi
les plus utilisés par les chercheurs et parmi les mieux connus puisque
le génome de la levure bourgeonnante S. cerevisiae, comme
celui de la levure fissipare, S. pombe ont été séquencés
entièrement. Cette dernière constitue un des organismes modèles
de choix pour comprendre les mécanismes du cycle cellulaire et la
facilité de sa culture et de son observation microscopique en font
aussi un modèle pédagogique du plus grand intérêt.
Des activités scientifiques diverses mais complémentaires
peuvent être mises en œuvre à partir de ce modèle,
de la seconde à la terminale, pour résoudre divers problèmes
aux différents niveaux d'enseignement.
S. pombe est aussi facile à utiliser que S. cerevisiae
pour ce qui concerne les problèmes généraux de biologie
cellulaire, d’enzymes, de croissance et de métabolisme. Elle se
cultive aisément sur un milieu à base d’extrait de levure
et de glucose et ses cellules, plus grandes que celles de la levure de
bière, s’observent aisément au microscope optique sans aucune
coloration ou avec les colorations courantes utilisées pour les
levures.
Consulter le manuel
de laboratoire pour l'utilisation de S. pombe (en Anglais) sur le
site de l'Université d'Amsterdam.
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Comme S. cerevisiae, S. pombe se multiplie rapidement en fermentant
ou en respirant dans un milieu nutritif liquide ou solide. En seconde,
on peut ainsi l’utiliser dans le chapitre « Cellule, ADN et unité
du vivant » pour caractériser deux métabolismes hétérotrophes
différents et étudier l’unité élémentaire
du vivant, la cellule. Pour tous ces types d’utilisation pédagogique,
on peut se référer à mon ouvrage, Travaux
pratiques de biologie des levures (Ellipses). Les mutants du cycle
cellulaire peuvent être utilisés notamment pour illustrer
la notion du programme intitulée : « Les activités
fondamentales des cellules telles que le métabolisme et la division
sont sous le contrôle d’un programme génétique ».
Un exemple de démarche en seconde concernant le contrôle
génétique des activités cellulaires est proposé
en outre sur le site Biotic de l’INRP à l’adresse :
http://www.inrp.fr/Acces/biotic/genetic/cdc2/html/demarche.htm
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S. pombe constitue surtout un organisme modèle particulièrement
pratique pour résoudre les problèmes relatifs au cycle cellulaire
dont les mécanismes de contrôle semblent universels. Cet intérêt
a été notamment souligné par le prix
Nobel de médecine et physiologie 2001.
Le gène cdc2 (cdk1) de S. pombe peut servir de support
concret en première S lors de l’étude des relations génotype-phénotype.
En partant de cultures de diverses souches, notamment cdc2+, cdc2-33 et
cdc2-3w dont les phénotypes cellulaires sont présentés
à la page des données cellulaires,
les différents phénotypes identifiables au microscope concrétisent
les relations génotype-phénotype. En outre, l’utilisation
de mutants thermosensibles montre que l’expression de certains gènes
dépend de l’environnement (ici la température).
On peut aller plus loin : un logiciel de traitement de séquences
de macromolécules permet d’identifier et de caractériser
diverses mutations du gène cdc2. Si l’on dispose du logiciel Anagène,
très répandu dans les lycées, on peut obtenir les
séquences de six allèles du gène cdc2 de la levure
sur le site Biotic de l’INRP à l’adresse suivante :
http://www.inrp.fr/Acces/biotic/genetic/cdc2/html/telechar.htm
La comparaison des allèles et leur traduction en protéines
permet de formuler des hypothèses quant à l’effet des diverses
mutations sur la protéine correspondante compte tenu de l'effet
sur la division, reculée ou avancée.
On a réuni dans un même diagramme ci-dessous les mutations
ponctuelles de l'allèle cdc2 identifiées par le logiciel
Anagène dans les séquences proposées par l'INRP.
Comparaison de la séquence de six allèles cdc2 avec
Anagène
(WT : wild type, sauvage ; DP : division prématurée
[phénotype wee], TS : thermosensibles)
Les tirés indiquent une identité par rapport à
l'allèle de référence.
Il est possible d’aller encore plus loin dans la compréhension
des mécanismes moléculaires avec l’étude des relations
structure-fonction menée avec un logiciel de modélisation
3D comme un exemple en a été
donné ci-dessus.
Le modèle tridimensionnel présenté a été
réalisé avec le logiciel Rasmol à partir des coordonnées
fournies par la Protein Data Bank pour une protéine cdk humaine
dont la structure tridimensionnelle est similaire à celle codée
par le gène cdc2 de S. pombe.
Le logiciel Rasmol, ainsi que l’utilitaire Chime pour le Web, sont
librement téléchargeables sur le site Biogeo de l’INRP à
l’adresse suivante :
http://www.inrp.fr/Acces/Biogeo/model3d/visu3d.htm
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Communs à tous les êtres vivants où on les a recherchés,
les gènes cdk peuvent donc aussi servir à concrétiser
la notion d’unité du vivant et de parenté évolutive
en terminale S. La comparaison avec un logiciel de traitement de séquences
de différents gènes cdk provenant d’espèces différentes
montre leur caractère hautement conservé chez des espèces
aussi éloignées que la levure, la drosophile et l’homme.
Certaines séquences de la protéine cdk essentielles à
ses fonctions, telle l’hélice PSTAIRE sont même totalement
identiques dans toutes les espèces étudiées malgré
des centaines de millions d’années d’évolution séparée.
Une matrice des distances évolutives peut être construite
à partir des résultats de comparaisons.
Les séquences, préparées pour le logiciel Anagène,
sont proposées en même temps que celles des allèles
cdc2 sur
le site Biotic.
En terminale, l’étude des modèles 3D peut aussi servir
à rafraîchir les connaissances sur les relations structure-fonction
des protéines. |
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Didier Pol © 2002
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