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Quelques données sur les macromolécules
de
S. pombe
Une cellule haploïde de S. pombe contient en moyenne 33,8 fg
d’ADN, 3 pg d’ARN et 10 pg de protéines.
Le génome haploïde comporte 13,8 millions de bases (Mb)
réparties sur 3 chromosomes
(Chromosome I : 5,7 Mb ; chromosome II : 4,6 Mb ; chromosome III :
3,5 Mb).
Ceci correspond à une taille génétique totale
de 2 100 centimorgans.
Environ 60 % du génome code des protéines (2 % chez l’homme).
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Quelques mutations affectant le cycle
cellulaire
Même s’ils ont été identifiés en premier lieu
chez les levures, de nombreux gènes impliqués dans le contrôle
du cycle cellulaire (notamment cdc : cell division cycle) sont communs
à tous les eucaryotes. Des mutations de ces gènes chez les
levures ont permis d’expliquer les mécanismes fondamentaux qui en
assurent le bon déroulement même si l’on est encore loin de
comprendre tous les mécanismes impliqués. Certaines mutations
qui perturbent le bon déroulement du cycle se traduisent phénotypiquement,
par exemple par une différence de taille des cellules, ce qui permet
d’identifier les mutants. L’existence de mutations thermosensibles (qui
ne s’expriment qu’à une température donnée) est également
un atout. Des mutations létales peuvent être ainsi conservées
tout en ayant la possibilité d’étudier leurs effets phénotypiques.
Les mutations qui retardent ou empêchent la division allongent
le cycle cellulaire sans affecter la croissance et se traduisent par une
taille des cellules plus grande que la normale. Il en est ainsi de certaines
mutations affectant le gène cdc2 comme cdc2-33 qui bloque un signal
nécessaire à la transition G2-M. En outre, cette mutation
est conditionnelle et ne s’exprime qu’à la température restrictive
(> 35°C). Elle est de plus récessive. Inversement, les mutations
qui accélèrent le cycle et aboutissent à une division
prématurée se traduisent par une taille des cellules diminuée.
Ainsi, une autre mutation du gène cdc2, cdc2-3w, se traduit par
de petites cellules parce que le signal d’entrée en mitose est prématuré.
Il s’agit d’un allèle dominant. Ainsi, des modifications légèrement
différentes de la protéine conduisent à des effets
opposés se traduisant par des phénotypes différents
observables au microscope. Les clichés ci-dessous montrent l’effet
phénotypique de ces deux mutations. À gauche, des cellules
cdc2-33 thermosensibles, cultivées à 38°C, au centre
les mêmes cellules cultivées à 20°C et à
droite des cellules cdc2-3w de phénotype wee (« petit »
en Écossais).
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cellules aberrantes
(cdc2-33 cultivées à 38°C)
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phénotype normal
(cdc2-33 cultivées à 20°C)
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phénotype wee
(cdc2-3w)
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Différents phénotypes chez S. pombe
(observation vitale, x 600)
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Le gène cdc2 de S. pombe, dont les homologues
chez les autres espèces sont appelés désormais cdk1,
code une protéine kinase cycline-dépendante (cyclin dependant
kinase), petite protéine de 34 kd qui intervient à différentes
moments du cycle cellulaire. Chez les métazoaires comme la drosophile,
le xénope et l’homme, la protéine cdk1 est indispensable
à l’entrée en mitose et au passage à la phase S de
la mitose. Chez S. pombe, elle est impliquée dans le déclenchement
du démarrage du cycle en G1 ainsi que dans la transition G2-M.
Comme leur nom l’indique, ces protéines ne sont actives que
si elles sont combinées à une autre protéine appelée
cycline. On connaît différentes cyclines, dont la concentration
varie régulièrement au cours du cycle en fonction du rapport
entre leur transcription et leur dégradation protéolytique
ubiquitine-dépendante. Des cyclines différentes s’associent
à la même kinase à des moments différents du
cycle.
La fonction générale des protéines cdk consiste
à utiliser l’ATP pour modifier par phosphorylation l’activité
de protéines cibles indispensables au bon déroulement du
cycle. Ces kinases sont elles mêmes régulées de façon
comparable par phosphorylation et déphosphorylation assurées
par d’autres kinases et phosphatases selon des voies régulatrices
complexes. Le schéma ci-dessous présente ainsi la séquence
d’activation simplifiée de la p34cdc2 qui constitue notamment un
signal d’entrée en mitose chez S. pombe associée à
la cycline B codée par le gène cdc13. Des mutations différentes
du gène cdc2 peuvent avoir des effets opposés selon les fonctions
affectées dans la protéine.
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Activation de la protéine cdk1 au cours du cycle cellulaire
de S. pombe
La structure tridimensionnelle de la protéine p34cdc2 de S.
pombe n’a pas été établie, mais celle de la cdk2
humaine (298 acides aminés), très similaire, a été
établie par radiocristallographie X et peut servir de prototype.
Elle est représentée ci-dessous non liée à
une cycline à gauche en image statique et, si on dispose du plug-in
Chime, en modèle moléculaire interactif à droite..
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Structure tridimensionnelle de la protéine cdk2 humaine
(représentation en rubans)
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Modélisation dynamique de la protéine cdk2 humaine
(si Chime est installé sur votre ordinateur)
Les commandes sont accessibles par le bouton droit de la souris.
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Attention
!
Si l'image d'une pièce
de puzzle s'affiche à droite, il vous faut télécharger
Chime :
Chime fonctionne uniquement
sous Windows 95 ou supérieur avec des navigateurs acceptant JavaScript
comme Netscape Communicator (depuis la version 3.04 jusqu'à la version
5) ou Microsoft Internet Explorer à partir de la version 4.0.
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Le gène cdk1 s’est remarquablement conservé
au cours de l’évolution au point qu’il est possible de le remplacer
chez la levure par son homologue humain. Les protéines cdk comportent
toutes environ 300 acides aminés (297 pour cdk1 de S. pombe,
D. melanogaster et H. sapiens) et possèdent de nombreuses similitudes
de séquence et une structure tertiaire similaire. Les protéines
cibles sont elles aussi hautement conservées et sont phosphorylées
par cdk1 au niveau d’un site bien défini dont la séquence
consensus est de la forme : S/T*-P-X-K/R (S/T* : sérine ou thréonine
phosphate ; P : proline ; X : tout aminoacide ; K/R : lysine ou arginine).
La protéine cdk1 a une forme grossièrement allongée
et mesure environ 6 nm de long sur 4 nm de large. Elle comporte deux régions
principales. La région N-terminale, en haut, est formée principalement
de feuillets bêta (en vert) et d’une hélice alpha large (en
rouge) qualifiée de PSTAIRE en raison de sa séquence d’acides
aminés strictement conservée dans les différentes
protéines cdk. PSTAIRE correspond à la séquence de
l’hélice représentée avec le code à une lettre
des acides aminés (proline-sérine-thréonine-alanine-isoleucine-arginine-acide
glutamique). La région C-terminale, en bas, est plus volumineuse.
Elle est formée principalement par 5 hélices alpha (en rouge).
L’ATP (non représenté), substrat servant à la phosphorylation
des protéines cibles, se place dans la fente délimitée
par les deux régions principales mais l’entrée de la fente
est bloquée par une boucle dite T. La phosphorylation sur la thréonine
14 et sur la tyrosine 15 inactive la protéine tandis que la phosphorylation
de la thréonine 160 est nécessaire à son activité.
Les événements de phosphorylation-déphosphorylation
modifient la conformation de la protéine, notamment la position
de l’hélice PSTAIRE et de la boucle T par rapport à l’ouverture
de la fente où se trouve le site actif. Le modèle ci-dessous
montre la structure générale de la molécule représentée
en rubans. Pour souligner les sous structures essentielles aux fonctions
de cette protéine, l’hélice PSTAIRE, les trois sites de phosphorylation
et la boucle T on été représentées différemment
du reste de la molécule avec Rasmol (voir légende).
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Modèle tridimensionnel annoté de la protéine
cdk2 humaine
Le squelette carboné est représenté en rubans avec
les hélices alpha en rouge, les feuillets bêta en vert et
le reste en gris. Les sites de phosphorylation responsables de l’inactivation
(thr14 et tyr15) sont représentés en boules et bâtonnets
tandis que le site de phosphorylation responsable de l’activation (thr160)
est représenté en sphères. L’hélice alpha1
PSTAIRE est représentée en bâtons et la boucle d’activation
T en squelette carboné.
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