La séquence
complète du génome de l'espèce Halobacterium sp. NRC-
Le génome de Halobacterium sp. NRC-1 est le plus petit génome connu chez les halophiles avec un peu plus de 2,5 millions de paires de bases. Il comporte trois unités circulaires, un grand chromosome riche en guanine et cytosine, et deux plasmides, appelés pNRC100 et pNRC200. Le génome de Halobacterium est particulièrement instable parce qu'il comporte notamment des éléments transposables, séquences susceptibles de s’insérer dans d’autres régions du génome. Lorsqu'ils s'insèrent au sein d’un gène, ils en bloquent le fonctionnement. Ces réarrangements spontanés sont responsables d’une importante variabilité phénotypique et la survenue de colonies mutantes est courante dans les boîtes de culture. On constate, par exemple, un taux spontané de mutations affectant la formation des vacuoles gazeuses (vac-) de quelque 10-2, ce qui est extrêmement élevé puisque le taux de mutations spontané est habituellement de l’ordre de 10-6 pour la plupart des cellules. D’autres mutations affectent la synthèse de la bactérioopsine, la partie protéique de la bactériorhodopsine, ou celle du rétinal, le groupement prosthétique de cette dernière qui capte les photons. Il existe ainsi des souches dépourvues de vacuoles gazeuses ou d'autres incapables de réaliser la phototrophie. Protocole Beaucoup de mutations se manifestent phénotypiquement par des variations de la couleur des colonies et sont donc détectables par un examen visuel des colonies obtenues en culture sur milieu solide. Cependant, il vaut mieux utiliser une loupe binoculaire pour parcourir visuellement la boîte de culture, compte tenu de la petite taille des colonies. Pour observer des mutations, il faut d'abord obtenir des colonies séparées sur milieu solide. Pour cela, préparer une série de tubes à hémolyse avec 1 mL de milieu de culture liquide dans chaque. Prélever une colonie avec une anse et la déposer dans le milieu contenu dans un des tubes en faisant tourner rapidement l’anse entre les doigts pour décrocher la colonie. Une colonie contient environ 100 millions de cellules. Fermer le tube et l’agiter vigoureusement à la main ou sur vortex pour bien mettre en suspension les cellules qui ont tendance à rester collées entre elles. Prélever 100 µL (ou 3 gouttes) de cette suspension et les déposer dans un autre tube contenant 1 mL de milieu de culture. Fermer le tube et l’agiter vigoureusement. Recommencer les opérations pour obtenir au total six tubes : les dilutions croissantes permettront, théoriquement, d’obtenir une centaine de cellules dans 100 µL prélevés dans le tube 6 et donc une centaine de colonies bien séparées après étalement sur le milieu solide et incubation. Mais comme le nombre de bactéries prélevé n’est jamais sûr, il est préférable de faire un étalement dans trois boîtes différentes à partir de prélèvements dans les tubes 4, 5 et 6. Mettre ensuite les boîtes dans un sachet étanche pour empêcher l’évaporation et les placer retournées (couvercle vers le bas) à l’étuve à
Identification de mutants Les bactéries de la souche sauvage, qui possèdent des vacuoles gazeuses, de la bactériorubérine (un carotènoïde membranaire) et de la bactériorhodopsine (la protéine photosensible permettant la phototrophie), forment des colonies opaques, de couleur rose clair, car la couleur de la membrane due à la bactériorhodopsine (membrane pourpre) et à la bactériorubérine (membrane rouge) est en partie masquée par la réfraction de la lumière due à la présence des vacuoles gazeuses. Elles présentent l'aspect suivant à la loupe binoculaire : ![]() Quelques colonies de phénotype sauvage (loupe binoculaire X 20) Les clichés ci-dessous présentent quelques exemples de colonies présentant divers phénotypes mutants apparus spontanément dans des boîtes de culture.
Les colonies issues de
mutants dépourvus de vacuoles gazeuses sont plus ou moins transparentes. On
observe aussi des colonies légèrement pourpres lorsque la mutation affecte la
synthèse de la bactériorubérine ou tirant vers l’orange lorsque c’est la
synthèse de la bactériorhodopsine qui est affectée. Enfin, on observe parfois
des colonies présentant des secteurs de couleurs différentes dus à l’apparition
de l’une ou l’autre de ces mutations au cours de la croissance de la colonie.
En dehors de la mutation portant sur la production de vacuoles gazeuses dont la fréquence est très élevée, de l’ordre de 10-2, celles portant sur la synthèse de la bactériorubérine et de la bactériorhodopsine ont une fréquence de l’ordre de 10-4, ce qui reste très élevé pour des mutations spontanées. Pour identifier avec plus de certitude la nature des mutations obtenues, on peut remettre une colonie en culture en milieu liquide pendant quelques jours et, d’une part, vérifier si les cellules remontent vers la surface et, d’autre part, comparer le spectre d’absorption d’une suspension de cellules sauvages avec celui d’une suspension issue d’une colonie mutante. Dans le premier cas on pourra vérifier l’absence de vacuoles gazeuses, dans le second l’absence de tel ou tel pigment.
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