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Mise en évidence de vacuoles gazeuses intracellulaires chez l'archéobactérie halophile Halobacterium salinarum
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Autres activités et protocoles avec H. salinarum :
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Halobacterium salinarum est un microorganisme fondamentalement
aérobie, même s'il dispose de voies métaboliques alternatives (phototrophie, respiration anaérobie,
fermentation) lui permettant de s'adapter aux modifications des conditions de l'environnement
extrême dans lequel il prospère. Les cellules
possèdent un cycle de Krebs à localisation
cytoplasmique et une chaîne de transport des électrons
située dans la membrane plasmique comportant divers
cytochromes et autres molécules de transport des
électrons. Une extrême concentration en sel et la
température élevée des eaux dans lesquelle vit H. salinarum sont
des
facteurs qui diminuent fortement la solubilité de
l’oxygène moléculaire dans
l’eau et, généralement, c'est surtout la couche
superficielle des eaux en contact avec l'air qui est oxygénée. Les cellules sont munies
d'un dispositif remarquable qui existe aussi chez de nombreuses cyanobactéries. Il s'agit de vacuoles gazeuses intracellulaires
limitées par une couche de protéines, leur permettant de remonter mécaniquement vers
la surface,
là où la concentration en dioxygène dissous est la
plus élevée et où davantage de lumière est
disponible. Ce mécanisme ne dépense pas d'énergie, contrairement à la nage à l'aide des flagelles. Ces
vacuoles pourraient aussi jouer un rôle dans la répartition verticale de la
population.
Les vacuoles gazeuses de H. salinarum sont des structures creuses en forme de fuseau ou de cylindre mesurant de 150 à 250 nm de long, limitées par une membrane d'environ 2 nm d'épaisseur constituée uniquement de protéines.
Une
douzaine de gènes codant les protéines des
vésicules sont réunis ensemble sur un grand plasmide,
appelé pNRC100. Il s'agit de gènes dont l'expression est
induite par des conditions telles que l'absence d'oxygène dissous. Les mutations spontanées s'y produisent avec une fréquence élevée (voir la page Isolement de mutants spontanés).
Il
est possible d'observer en culture l'effet des vacuoles gazeuses et de
les mettre indirectement en évidence expérimentalement.
Pour observer les conséquences de la
présence de vacuoles gazeuses intracellulaires, il est
nécessaire de disposer d'une culture en milieu liquide complet.
Si l'on veut démontrer expérimentalement l'existence de
ces vésicules, il faut préparer un volume de culture
suffisant pour pouvoir remplir quelques tubes à essai. Il faut
donc ensemencer un volume suffisant, par exemple 50 mL.
Attention, à température ambiante, la croissance de la
population bactérienne est assez lente (quelques jours) et il
faut donc préparer la culture suffisamment à l'avance. Si
l'on place les cultures dans une étuve (42°C maximum), la
croissance sera plus rapide.
Dans tous les cas, une croissance optimale est obtenue en
oxygénant correctement la culture en plaçant un barreau
aimanté dans le flacon posé sur un agitateur rotatif avec
une vitesse moyenne de rotation.
Après une semaine de culture l'agitation est stoppée de
façon à laisser les cellules en suspension dans le milieu
remonter en surface. Il faut environ deux jours pour que la
majorité des cellules atteignent la surface où elles
forment alors une couche épaisse comme on peut l'observer ci-dessous :
Culture de H. salinarum en milieu liquide deux jours après arrêt de l'agitation
Noter la couche épaisse de cellules remontées en
surface en raison de la présence des vacuoles gazeuses
intracellulaires
Si un échantillon de la culture est versé dans un tube à essai, la
remontée des cellules vers la surface, qui demande un ou deux jours au minimum, est encore plus
spectaculaire :
Deux échantillons d'une culture de H. salinarum abandonnés quelques jours dans des tubes à essai
Noter la densité élevée de cellules
près de la surface et leur quasi-absence dans la parti
inférieure des tubes
- Mise en évidence expérimentale des vacuoles gazeuses
La première démonstration de la présence
de vacuoles gazeuses incluses dans le cytoplasme de microorganismes a
été faite en 1895 par trois microbiologistes allemands,
Ahlborn, Klebahn et Strodtmann, qui montrèrent par
l'expérience, désormais classique, dite
"expérience du marteau, du bouchon et de la bouteille", que les
cyanobactéries sont munies de tels dispositifs leur permettant
de flotter. En appliquant, par un coup de marteau, une pression modérée à
une culture remplissant entièrement un flacon fermé par
un bouchon de liège, les vacuoles se
dégonflent et les cellules qui flottaient initialement finissent par tomber
au fond du flacon.
La même expérience peut être menée avec une culture de H. salinarum,
démontrant ainsi que leur flottabilité est liée
à la présence de vacuoles gazeuses.
Pour cela, il
convient de verser un échantillon d'une culture en milieu
liquide (suffisamment concentrée pour que l'effet soit bien
visible) dans un tube et
d'attendre quelques jours que la majorité des cellules flottent, comme on le voit sur le cliché 1 ci-contre.
Dans un second temps, la culture est versée par
précaution dans un tube en plastique et ce dernier est muni d'un
bouchon adapté de façon à ce qu'il puisse
s'enfoncer jusqu'à la surface du liquide (cliché 2). Un coup sec est alors appliqué sur le bouchon avec un
marteau de façon à créer une surpression sur la
culture. Le même résultat peut être obtenu par une
simple centrifugation à vitesse modérée qui
provoque également une surpression. Attention, une
centrifugation trop rapide détruit les cellules.
Le tube est ensuite abandonné pendant quelques jours,
enveloppé de papier d'aluminium pour éviter l'effet de la
lumière, car H. salinarum est doué de phototropisme.
Quelques jours plus tard, le tube est examiné pour observer le résultat (cliché 3).
Comme on le constate, les bactéries sont rassemblées dans
la partie inférieure du tube car, une fois les vacuoles
vidées de leur gaz par la surpression, la gravité les
fait tomber au fond du tube. Cependant, il n'y a pas de
véritable sédimentation, contrairement à ce que
l'on peut observer, par exemple, avec une suspension de levures abandonnée quelques jours, car les cellules de H. salinarum sont munies de flagelles qui leur permettent de nager dans le milieu.
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