Introduction
Les cellules de Halobacterium salinarum sont, comme celles de toutes les bactéries, de petite taille, mais il est néanmoins possible de les observer au microscope si l'on dispose au minimum d'un objectif X 60. Les cellules de H. salinarum ont généralement la forme de bâtonnets de 2 à 6 µm de long et de 0,4 à 0,7 µm de diamètre, mais elles présentent parfois une forme arrondie. Elles sont munies de flagelles implantés à une ou aux deux extrémités et peuvent ainsi se déplacer en fonction de la présence de telle ou telle substance chimique (chimiotropisme positif pour les acides aminés, petits peptides, oxygène dissous) ou de différentes longueurs d'onde de la lumière (phototropisme, négatif du bleu à l'ultraviolet, positif du rouge au vert). Les cellules sont limitées par une membrane formée de lipides, typiques des archées, et de protéines. Elles sont dépourvues de paroi mais enveloppées par une pellicule extramembranaire, appelée couche S, formée uniquement de glycoprotéines reliées par des ions Mg2+. La couche S maintient la forme en bâtonnet des cellules, semble-t-il, et les changements de forme des cellules pourraient être liés à des modifications ou à la destruction de cette couche. Lorsqu'elle est détruite, par exemple quand on colore un frottis sans précautions, les cellules prennent une forme arrondie. Observations à l'état frais Observation d'une goutte de culture liquide Après avoir déposé une
goutte de culture sur une lame, recouvrir d'une lamelle et
déposer la préparation sur la platine du microscope. ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 630, état frais) Le cliché ci-dessous a subi un redimensionnement moins important (21 % de la dimension originale) de façon à ce que les cellules soient mieux visibles : ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 630, état frais) Enfin, l'image ci-dessous est une partie limitée du cliché original : ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 630, état frais) On
peut aussi observer les cellules avec un objectif 100 à
immersion. L'affichage des images obéit à la même
logique que pour les clichés précédents : ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 1 000, objectif à immersion, état frais). Image redimensionnée ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 1 000, objectif à immersion, état frais) Partie de l'image (redimensionnée) ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 1 000, objectif à immersion, état frais) Partie de l'image non redimensionnée Dans
une telle
préparation, les cellules restent vivantes pendant plusieurs
jours comme on peut le constater par leurs mouvements. Ces derniers
sont visibles sur une vidéo que vous pouvez visionner en ligne
ou télécharger en cliquant sur l'image ci-dessous (soyez
patients, fichier de 16 Mo) : ![]() Après avoir cliqué sur l'image, un menu s'affiche sur votre écran.
Les
halobactéries étant détruites par le contact avec
une solution insuffisamment concentrée en sels, il a fallu
mettre au point une méthode permettant de contourner ce
problème. Dès 1955, une méthode de coloration
spécifique a été développée par H.
P. Dussault. La méthode indiquée ici s'en inspire
directement. Elle consiste à étaler en couche mince sur
une lame porte-objet, soit une goutte d'une suspension épaisse
obtenue directement à partir d'une culture en milieu liquide,
soit une goutte d'une suspension obtenue en agitant vigoureusement, dans
une solution de sel à 20 %, des colonies obtenues sur milieu
solide. ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 630, coloration par le bleu de méthylène). Image redimensionnée ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 630, coloration par le bleu de méthylène) Partie de l'image non redimensionnée ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 1 000, objectif à immersion, coloration par le bleu de méthylène). Image redimensionnée ![]() Cellules de H. salinarum (microscope optique X 1 000, objectif à immersion, coloration par le bleu de méthylène). Partie de l'image non redimensionnée Observations au microscope polarisant Si l'on dispose d'un microscope polarisant, il est intéressant d'en profiter pour observer des cristaux de sel. Il suffit de faire un frottis à partir d'une culture dense et de le laisser s'évaporer jusqu'à cristallisation du sel et séchage. Cette préparation pourra encore être utilisée après l'observation au microscope polarisant pour mettre en oeuvre l'une des colorations précédentes. Une fois sèche, la lame est couverte de cristaux de sel qui peuvent être observés à des grossissements variés. Toutefois, les bactéries ne sont visibles individuellement qu'avec un grossissement de l'ordre de 600.
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