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Présentation et culture de l'archéobactérie halophile extrême Halobacterium salinarum
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Autres activités et protocoles avec H. salinarum :
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Halobacterium salinarum
est
une archéobactérie extrêmophile qui colonise des
milieux aquatiques dont la
concentration en chlorure de sodium est proche de la saturation et
où la
plupart des autres organismes ne peuvent survivre. Ce microorganisme
présente un métabolisme énergétique
comportant des modalités variées : respiration
aérobie et anaérobie, phototrophie et
fermentation. Associé, d'une part, à la capacité
à détecter et discriminer
différentes longueurs d'onde de la lumière, diverses
substances organiques ou
encore la concentration en dioxygène dissous et,
d'autre part, à la
propriété de se déplacer par rapport à ces
stimulus à l'aide de flagelles, ce métabolisme flexible
lui confère d’exceptionnelles capacités d’adaptation. H. salinarum
présente en outre une extraordinaire résistance au sel et à la dessiccation
ainsi qu'au rayonnement ultraviolet. Enfin, cette espèce présente un taux de
mutations spontanées particulièrement élevé (de 10-2 à 10-5
selon les caractères, alors que le taux habituel est de 10-6) qui
permet d'obtenir des mutants en culture sans avoir à mettre en œuvre de système
de mutagenèse provoquée. H. salinarum est une espèce représentative d’un vaste
groupe d'archéobactéries, la famille des halobactériacées, dont une vingtaine
de genres différents, comportant une cinquantaine d’espèces, ont été décrits.
Ces archéobactéries se développent dans des milieux contenant une concentration
extrêmement élevée en chlorure de sodium (de 3,5 à 5 mol.L-1,
soit
plus de 290 g/L), proche de la saturation qui intervient vers 300 g/L.
On les trouve, par exemple, dans les bassins d'évaporation des
marais salants, dans des mares salées temporaires au bord de la
mer, dans la Mer Morte
et dans le
Grand Lac Salé à l’ouest des États-Unis où
elles prolifèrent en formant des nappes
de couleur rouge, en raison des carotènes et de la
bactériorhodopsine présents dans leur membrane. On peut
aussi en trouver parfois
dans la saumure et
dans diverses salaisons (morue salée, jambons) où elles
forment des taches
rouges et où elles furent initialement décrites.
Halobacterium
ne peut survivre que si la concentration en sel est très élevée et la concentration optimale
pour sa culture est de 4,6 mol.L-1. Si la concentration en sel est inférieure à 2,5 mol.L-1, elle ne
peut se multiplier. Enfin, les cellules éclatent si la concentration devient inférieure à environ 1,5 mol.L-1.
Au laboratoire, cette propriété facilite la
préparation d'extraits
cellulaires pour l'étude des enzymes intracellulaires, la
séparation des membranes, notamment si l'on veut étudier
leurs propriétés optiques, et l'isolement de l'ADN. Compte tenu de
la facilité de sa
culture et de sa manipulation au laboratoire, de l’absence de risque de
contamination des milieux de culture par d’autres microorganismes (rien
d'autre ne pousse à de telles concentrations en sel), de son
innocuité pour l’homme et de la diversité des
problèmes biologiques qu’il
permet d’explorer, H. salinarum
et les espèces proches constituent des
microorganismes exceptionnels pour mener des activités
scientifiques variées en
classe, qu'il s'agisse de microbiologie, d'écologie, de
métabolisme
énergétique, de génétique, etc. Ajoutons
que la connaissance approfondie de son
génome, dont la séquence a été
établie en 2000, apporte des informations précieuses
dont l’accès est public. L'article correspondant (en anglais)
peut être consulté librement à l'adresse :
http://www.pnas.org/cgi/content/full/97/22/12176
- Culture sur milieu solide
- Comme
aucun autre microorganisme n'est susceptible de contaminer le milieu en
raison de sa concentration en sel, l'utilisation de H. salinarum rend
possible l’apprentissage par les élèves des
techniques de base de la microbiologie, en particulier la mise en
culture de
bactéries, l’isolement de colonies, le suivi de la croissance au
colorimètre ou par étalement, etc. sans aucun risque de voir se développer
d’autres
bactéries ou de voir le milieu envahi par des microorganismes
indésirables,
même si les élèves ne respectent pas rigoureusement
les conditions de travail
en asepsie. En réalité, les conditions de travail
en asepsie ne sont même pas nécessaires, mais il est bon que les élèves apprennent à les respecter.
- Ne jamais mettre une colonie dans l’eau, ni même dans de l’eau
physiologique : lorsque la concentration en sel est inférieure à 1,5 mol/L,
les cellules de Halobacterium sont
détruites. Chaque fois que l’on veut mettre une colonie en suspension, il
convient d’utiliser, soit du milieu de culture liquide, soit du milieu minéral
liquide.
1. Pour un simple
isolement de colonies : étalement en stries classique.
Pour les détails techniques, voir :
Isolement de
colonies de microorganismes sur milieu gélosé
Colonies isolées par étalement en stries
Noter les colonies colorées en rose et les traces dues à l'écoulement d'eau de condensation.
2. Pour repiquage ou obtention de nombreuses colonies : dilutions en série
Préparer une série de tubes à
hémolyse avec 1 mL de milieu de culture liquide dans chaque.
Prélever une
colonie avec une anse et la déposer dans le milieu contenu dans un des tubes en
faisant tourner rapidement l’anse entre les doigts pour décrocher la colonie.
Une colonie contient environ 100 millions de cellules. Fermer le tube et
l’agiter vigoureusement à la main ou, mieux, sur vortex pour bien mettre en suspension
les cellules qui ont tendance à rester collées entre elles.
Prélever 100 µL (3 gouttes) de cette
suspension avec une pipette Pasteur et les déposer dans un autre tube contenant
1 mL de milieu de culture. Fermer le tube et l’agiter vigoureusement. Recommencer
les opérations pour obtenir au total six tubes : les
dilutions croissantes
permettront, théoriquement, d’obtenir une centaine de cellules
dans 100 µL prélevés dans le tube 6 et donc une
centaine de colonies bien
séparées après étalement sur le milieu
solide avec un râteau (étaleur) et incubation.
C’est notamment la procédure
à suivre pour observer des mutations spontanées détectables par la couleur
des colonies. Mais comme le nombre de bactéries prélevé n’est jamais sûr, faire
un étalement dans trois boîtes différentes à partir d’un prélèvement dans les
tubes 4, 5 et 6.
Pour obtenir un tapis de bactéries, procédure à suivre si l’on
veut, par exemple, extraire l’ADN, prélever une goutte de suspension dans le
tube 1 ou 2 avec une pipette Pasteur et déposer la goutte au centre d’une boîte
de milieu de culture.
Étaler la goutte soigneusement sur toute la surface
avec un râteau.

Quelques milliers de colonies formées à la suite de l'étalement avec un râteau
Dans tous les cas de culture sur milieu solide :
Mettre les boîtes dans un sachet étanche pour empêcher
l’évaporation et les placer retournées (couvercle vers le bas) à l’étuve à 37°C.
À cette température, il
faut environ 1 semaine pour obtenir les colonies (le temps de doublement est
d’environ 6 heures et il faut environ 25 générations pour voir une colonie).
À
température ambiante, il faut environ 2 semaines.
Pour obtenir une croissance
plus rapide, on peut placer les cultures jusqu'à 42°C maximum.
- Culture en milieu liquide
Prélever avec une anse une colonie ou un
échantillon de culture sur boîte de Pétri et
ensemencer 25 à 50 mL de milieu liquide complet contenus dans un
flacon conique (Erlenmeyer) en faisant pivoter rapidement entre les
doigts la tige de l'anse pour décoller les bactéries.
Pour obtenir une croissance optimale, plonger un barreau
magnétique dans le flacon et placer l'ensemble sur un agitateur
magnétique (rotation modérée), si possible
chauffant, sans dépasser 42°C. Le
liquide se trouble en quelques jours avec la multiplication des
bactéries et il est possible de suivre la croissance en
prélevant quotidiennement un échantillon de la culture et
en mesurant sa turbidité avec un colorimètre ou un
spectrophotomètre.

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Début de la culture : le milieu est transparent
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Après une semaine : le milieu est opaque
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Culture en milieu liquide
Noter la couleur de la culture due aux pigments caroténoïdes contenus dans la membrane des cellules.
Les pigments présents chez H. salinarum absorbent le
rayonnement ultraviolet. Lorsqu'une culture est exposée à
une source de lumière ultraviolette de longueur d'onde 365 nm,
elle réémet par fluorescence une lumière de couleur
turquoise comme on le voit sur le cliché ci-dessous.
Culture exposée à un tube à UV (longueur d'onde 365 nm)
Composition et préparation des milieux
Milieu complet solide
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Milieu complet liquide
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Milieu minéral
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NaCl : 250
g
MgSO4-7 H2O
: 20 g
Citrate trisodique : 3 g
KCl : 2
g
Extrait de levure : 5 g
Peptone : 5 g
Agar : 20
g
Eau : 1 L
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NaCl : 250 g
MgSO4-7 H2O : 20 g
Citrate trisodique : 3 g
KCl : 2 g
Extrait de
levure : 5 g
Peptone : 5 g
Eau : 1 L |
NaCl : 250 g
MgSO4-7 H2O : 20 g
Citrate trisodique : 3 g
KCl : 2 g
Eau : 1 L |
Attention, H. salinarum est
extrêmement sensible aux détergents qui détruisent sa membrane. Il est donc
impératif d’utiliser de la verrerie soigneusement rincée pour préparer les
milieux et pour les cultures.
Préparation
Dissoudre
le chlorure de sodium dans un peu moins de 1 litre
d’eau distillée
chaude sur agitateur magnétique.
Une fois que le sel est
dissous, ajouter les autres
constituants et poursuivre l’agitation jusqu’à dissolution
complète. Répartir
ensuite dans plusieurs flacons de façon à ce que
seulement la moitié de chaque
flacon soit occupée par le milieu. Fermer les flacons par du
papier d’aluminium
et les autoclaver 20 minutes. On peut aussi placer les flacons dans le
panier d'un autocuiseur avec un peu d'eau au fond, fermer et laisser
chauffer 20 minutes après mise en rotation de la soupape.
Milieu solide
Le milieu peut être laissé dans les flacons jusqu'à
refroidissement et solidification puis conservé plusieurs mois au
réfrigérateur. Dans ce cas, avant de le couler dans des
boîtes de Pétri, il est nécessaire de le refondre
en le plaçant pendant environ 1 heure dans un bain marie
bouillant.
On peut aussi couler directement le milieu dans des boîtes de Pétri à ergots (permettant l'oxygénation), de 90
mm de diamètre, immédiatement après refroidissement à environ 55°C (lorsque l'on peut toucher
les flacons avec la main sans se brûler). Couler le milieu encore liquide sur une hauteur d’environ 5 mm.
Il est important d’avoir une couche épaisse de milieu pour éviter qu’il
se dessèche trop vite ce qui conduirait à la cristallisation du sel.
Laisser
refroidir jusqu’à la prise du milieu puis retourner les boîtes et les
abandonner une nuit à température ambiante.
Éliminer l’eau de condensation des
couvercles avec un papier absorbant.
À ce stade, les boîtes peuvent être utilisées ou stockées au
réfrigérateur enveloppées dans un sachet étanche pour éviter l’évaporation et
retournées, couvercles vers le bas.
Milieu complet liquide et milieu minéral
Après stérilisation, laisser refroidir puis boucher les flacons de façon étanche.
Les milieux peuvent être utilisés directement ou
être stockés plusieurs mois au réfrigérateur.
Conditions de culture
Le temps de
doublement des cellules est d’environ six heures à 37°C. Comme il faut 25 cycles
cellulaires pour observer une colonie à l’œil nu à partir d’une cellule, il
faut environ une semaine à cette température, ce qui évite aux élèves de
surveiller quotidiennement leurs cultures. À température ambiante, il faut
compter environ deux semaines pour observer des colonies.
On peut isoler des halobactéries à partir de
prélèvements réalisés dans les bassins
d'évaporation de marais salants ou s'en procurer dans le
commerce :
Souche et milieux (kit)
SORDALAB
Parc Sudessor
15 Avenue des grenots
91150 ETAMPES
Téléphone : 01 69 92 26 72
Fax : 01 69 92 26 74
www.sordalab.com
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Souche seule
Centre de Ressources Biologiques de l'Institut Pasteur (CRBIP)
25, rue du Docteur Roux
75724 PARIS CEDEX 15
Télécopie : 33 (0)1 40 61 30 07
http://www.crbip.pasteur.fr/index.jsp
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