| Travaux pratiques
Stabilité et variabilité
des génomes
Dans toutes les espèces vivantes, chaque gène présente
différentes formes appelées allèles. Chez les organismes
diploïdes comme l’homme, chaque gène peut donc exister soit
sous forme d’un couple d’allèles identiques (homozygote) soit sous
forme d’un couple d’allèles différents (hétérozygote).
Chez les organismes haploïdes comme certains champignons (Sordaria,
levure), chaque gène n’existe au contraire que sous une seule forme
allélique.
Dans l’espèce humaine, on connaît de nombreux variants
alléliques des gènes codant les différentes chaînes
de l’hémoglobine. Certaines combinaisons d’allèles sont sans
effet, d’autres sont défavorables (hémoglobinopathies). Néanmoins,
certaines combinaisons peuvent présenter des avantages dans certains
environnements : ainsi, dans les régions où le paludisme
est endémique, les individus hétérozygotes pour l’allèle
HbS de la chaîne bêta de l’hémoglobine bénéficient
d’une certaine protection contre l’infection par le parasite (hématozoaire
: parasite des globules rouges) alors que les homozygotes HbS sont affectés
par l’anémie falciforme, hémoglobinopathie qui se traduit
par des hématies en forme de faucille et peu déformables
qui bouchent les petits capillaires. En l’absence de suivi médical,
il en résulte une courte espérance de vie.
Lorsque l’on est capable d’identifier les protéines codées
par les différents allèles, il est possible d’établir
les génotypes des individus. Dans le cas de la drépanocytose,
l’analyse des hémoglobines par électrophorèse permet
ainsi d’identifier les génotypes des individus et, le cas échéant,
d’intervenir plus précocement sur le plan médical.
On cherche à établir le génotype des membres d’une
même famille en identifiant leurs hémoglobines par électrophorèse.
I. Électrophorèse de l'hémoglobine
Réaliser l’électrophorèse des hémoglobines
des différents membres de la famille
Voir fiche technique : électrophorèse
de protéines sur gel d’agarose
Voir des résultats
- Déterminer les génotypes des différents individus.
- En déduire comment se sont transmis les allèles
HbA et HbS des parents aux enfants.
- Représenter par un schéma chromosomique la transmission
des allèles parentaux à leurs enfants.
- Calculer la probabilité pour les parents d’avoir un nouvel
enfant homozygote HbS.
- En tenant compte des informations apportées plus haut
sur le paludisme, expliquer comment l’allèle HbS s’est maintenu
dans les populations des zones d’endémie du paludisme.
Les mutations qui donnent naissance à de nouveaux allèles
se produisent spontanément. Chez les organismes pluricellulaires,
elles ne se transmettent aux descendants que si elles affectent les cellules
de la lignée germinale. En revanche, chez les organismes unicellulaires
comme les bactéries ou les levures qui se multiplient par simple
division, toute mutation d’un gène se transmet aux cellules filles.
Le taux naturel de mutation est très faible mais certains agents
physiques ou chimiques peuvent l’augmenter considérablement. C’est
notamment le cas de certains types de rayonnements (UV, X, radioactivité).
On examinera l’action des rayons ultraviolets sur la levure de bière,
Saccharomyces cerevisiae.
II. Mutagenèse chez la levure
SUIVRE STRICTEMENT LES RÈGLES DE TRAVAIL EN CONDITIONS STÉRILES.
1. Déposer 0,1 mL de la suspension de levures (levures ade2 formant
des colonies rouges) à la surface du milieu de culture contenu dans
la boîte de Pétri. Refermer la boîte.
2. Passer la boîte dans l’enceinte à UV selon les instructions
données (plusieurs boîtes et plusieurs durées d’exposition).
3. Étaler ensuite la goutte de culture à la surface de
la boîte avec un étaleur pour bien répartir les cellules
sur toute la surface.
4. Fermer la boîte et écrire sur l'étiquette les
initiales de l’opérateur, la dilution utilisée et la durée
d’exposition.
Une partie des boîtes subira un traitement par les ultraviolets
tandis que des boîtes non traitées serviront de témoin.
5. Mettre la boîte à l'envers dans l’étuve.
Les résultats seront lus et interprétés la semaine
suivante.
Pour pouvoir interpréter les résultats, il est nécessaire
de connaître la concentration en cellules dans la suspension de levures
utilisée sachant qu’une cellule donne naissance à une colonie
visible sur la boîte après quelques jours de croissance.
La numération est réalisée à l'aide d’une
lame à numération selon les instructions données en
classe.
- Déterminer et noter dans le tableau la concentration en
cellules des différentes dilutions réalisées.
- Calculer la moyenne des résultats pour chaque dilution.
Exploitation des résultats
Voir des colonies mutantes
et sauvages
- Compter le nombre total de colonies dans chaque boîte et
le relever dans le tableau.
- Comparer le nombre de colonies obtenues avec le nombre de cellules
étalées. Qu’en déduisez-vous sur l’action des UV sur
les cellules de levure ?
- Dénombrer les colonies blanches dans chaque boîte
et relever les valeurs dans le tableau.
- Construire les graphiques représentant la proportion de
cellules survivantes et la proportion de cellules mutantes en fonction
de la durée d’exposition aux UV.
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