Travaux pratiques
LES DEPENSES ENERGETIQUES DES
ORGANISMES
Principe
Un être vivant peut être comparé à une machine
qui brûle des molécules organiques pour en extraire l'énergie.
La quantité de dioxygène utilisé par unité
de temps et par unité de masse de l'animal (intensité respiratoire,
IR) permettra de calculer la dépense énergétique de
l'animal à partir du coefficient thermique du dioxygène.
Réalisation pratique de la mesure
Principe de la méthode (méthode
de Haldane)
Un animal (ici, une Souris) est placé dans une enceinte balayée
par un courant d'air dépourvu de dioxyde de carbone (CO2).
L'air rejeté par l'animal passe dans 2 flacons successifs contenant
de l'eau de chaux (solution de Ca(OH)2). Lorsque le CO2
est en solution dans l'eau, il forme un acide, l'acide carbonique (H2CO3).
Le dihydroxyde de calcium étant une base, une réaction acide-base
se produit avec formation d'un sel qui précipite (carbonate de calcium
insoluble) et d'eau.

En titrant l'eau de chaux avant la mesure, puis de nouveau après
qu'elle a fixé le CO2 respiratoire, on déterminera
par différence la quantité d'acide carbonique qui a réagi
avec l'eau de chaux, c'est à dire la quantité de CO2
respiratoire qui a été rejeté par la Souris pendant
une durée déterminée. On en déduira le volume
de dioxygène qui a été absorbé pendant ce même
temps et la dépense énergétique sera calculée
à partir du coefficient thermique du dioxygène. On tiendra
compte de la masse de la Souris dans l'expression des résultats.
Protocole
Une trompe à eau produit une dépression qui "aspire" l'air
dans le système. L'air traverse 5 flacons successifs. Flacon 1 :
potasse. Flacon 2 : eau de chaux. Flacon 3 : matériel vivant. Flacons
4 et 5 : eau de chaux.
L'eau de chaux des flacons 4 et 5 doit tout d'abord être titrée
(pour connaître la quantité d'acide avec lequel elle peut
se combiner). Pour cela, on utilise une solution d'acide dont la concentration
est calculée de façon à ce qu'il réagisse avec
l'eau de chaux exactement comme le dioxyde de carbone. L'acide choisi est
un acide organique, l'acide oxalique, (COOH)2, car c'est un
diacide comme l'acide carbonique. La masse molaire du CO2 est
44 et celle de l'acide oxalique est 126. Une mole de CO2 (44
g) et une mole d'acide oxalique (126 g) neutralisent de la même façon
une mole de dihydroxyde de calcium. En utilisant une solution d'acide oxalique
à 2.8 g.L-1 (126/44), un mL de cette solution neutralisera
autant d'eau de chaux qu'un mg de CO2.
En mesurant le volume d'acide oxalique nécessaire pour neutraliser
un volume déterminé d'eau de chaux, on saura quelle masse
de CO2 est nécessaire pour neutraliser ce volume.
Lorsque ce même volume d'eau de chaux aura réagi avec le CO2
respiratoire, une nouvelle titration par l'acide oxalique nous donnera
par différence la masse de CO2 qui a été
fixée par l'eau de chaux au cours de l'expérience.
Titration du dihydroxyde de calcium (eau de chaux)
Remplir la burette de Möhr avec la solution d'acide oxalique. Verser
20 mL d'eau de chaux soigneusement mesurés dans un bécher.
Ajouter une goutte de phénolphtaléine (indicateur de pH,
rose en milieu basique et incolore en milieu acide). Faire couler l'acide
goutte à goutte (en agitant) jusqu'à décoloration.
Soit V le volume d'acide versé (en mL). Noter le résultat
sur le tableau.
Après l'expérience, prélever 20 mL d'eau de chaux
dans le flacon 4 et refaire la titration. Soit V' le volume d'acide versé
pour atteindre la neutralisation. Noter le résultat.
Prélever 20 mL d'eau de chaux dans le flacon 5 et refaire une
titration. Soit V'' le volume d'acide versé pour atteindre la neutralisation.
Noter le résultat.
V - V' et V - V'' correspondent respectivement à la masse de
CO2 fixée dans les flacons 4 et 5.
Résultats
On fera la moyenne des résultats individuels pour en déduire
la masse totale puis le volume de CO2 fixé en admettant
qu'une mole de CO2 occupe un volume de 24 L dans les conditions
de l'expérience (22.4 L à 0°C à la pression atmosphérique).
Ne pas oublier que les flacons 4 et 5 contiennent chacun 250 mL d'eau de
chaux.
En déduire alors le volume de dioxygène absorbé
par l'animal au cours de l'expérience pour calculer l'intensité
respiratoire et la dépense énergétique (on prendra
20 kJ comme coefficient thermique du dioxygène).
L'intensité respiratoire sera donnée en mL.min-1.g-1
La dépense énergétique de l'animal sera donnée
en J.h-1.g-1 et on calculera également la
puissance énergétique dissipée par kg en watt (1 W
= 1 J.s-1).
La même mesure sera recommencée sur le même animal
placé dans une enceinte froide de façon à apprécier
l'effet de la température et les mêmes calculs seront effectués
pour calculer IR, dépense énergétique et puissance
énergétique.
COMPTE-RENDU
1) Transcrire l'ensemble de vos résultats de façon
claire et ordonnée : données expérimentales mesurées
et résultats des calculs en écrivant les formules employées
pour les calculs et sans oublier les unités.
2) Comparer les résultats obtenus individuellement avec
la moyenne de l'ensemble des groupes. Dans quel but fait-on la moyenne
des résultats individuels ?
3) Ecrire l'équation bilan de la réaction chimique
qui se produit dans le flacon 1 et en déduire le rôle de ce
flacon dans le montage.
4) Ecrire l'équation bilan de la réaction chimique
qui se produit dans les flacons 4 et 5 au cours de l'expérience.
5) A quoi sert l'énergie dépensée au cours
de la première expérience ? Justifier.
6) Calculer l'augmentation de la dépense énergétique
au cours de la seconde expérience.
7) A quoi est utilisé ce surplus d'énergie ? Justifier.
8) Si à la place d'une Souris (animal homéotherme)
on avait utilisé un animal poïkilotherme (dont la température
ne dépend que de celle de l'environnement), comment aurait varié
la dépense énergétique entre les deux expériences
? Justifier.
9) Chez un animal homéotherme, quelles conditions autres
qu'une variation de la température pourraient entraîner une
augmentation de la dépense énergétique ? Justifier.
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