Travaux
pratiques
NEUROBIOLOGIE 1 : LE REFLEXE
MYOTATIQUE
Le maintien de la posture (position du corps dans l'espace) comme les
mouvements nécessitent la mise en jeu coordonnée de divers
muscles. C'est le système nerveux qui assure cette coordination
en contrôlant à chaque instant le degré de contraction
des différents muscles par l'intermédiaire de messages nerveux
volontaires et/ou réflexes. Le maintien d'une posture donnée
résulte d'une activité réflexe, donc involontaire,
appelée réflexe myotatique. Le réflexe myotatique
se définit comme la contraction d'un muscle en réponse à
son propre étirement. Il s'agit donc d'une régulation par
rétroaction. Ce type de réflexe est exploré en clinique
humaine : en donnant un coup sec sur le tendon d'un muscle, on provoque
son étirement. Lorsque le système nerveux fonctionne normalement,
le muscle répond à cette stimulation en se contractant.
On explorera par l'intermédiaire d'un dispositif informatisé
l'activité des muscles impliqués dans le maintien de la posture
debout ainsi que le réflexe myotatique afin d'établir les
voies nerveuses impliquées.
I- Activité des muscles antagonistes lors de mouvements volontaires
Lorsqu'un muscle est actif, il est le siège d'une activité
électrique dont la fréquence et l'amplitude sont proportionnelles
à son degré de contraction. A l'aide d'électrodes
réceptrices et d'un amplificateur, il est possible d'explorer cette
activité : c'est l'électromyographie. Les tracés obtenus,
appelés électromyogrammes, traduisent sous forme graphique
l'activité des muscles.
Protocole de mesure
Mettre en place les électrodes réceptrices sur le sujet
comme indiqué en classe sur le muscle extenseur du pied (muscle
soléaire dans le mollet) et sur le muscle fléchisseur (muscle
jambier antérieur).
Choisir une durée d'enregistrement de 10 s et déclenchement
par le clavier (nombre d'excitations : 0).
Avec les boutons décalage de l'amplificateur, amener les flêches
de l'écran dans le tiers supérieur et le tiers inférieur.
Lancer l'enregistrement en appuyant sur la touche C. Le sujet doit alors
se mettre sur la pointe du pied pendant 2 à 3 secondes en contractant
le soléaire (extenseur) puis remettre le pied à plat avant
d'amener la pointe du pied le plus haut possible en contractant le jambier
antérieur (fléchisseur).
Sauver les mesures.
1) Rappeler les propriétés du système nerveux
et des muscles qui rendent possible les enregistrements électrophysiologiques.
2) A quoi correspondent les brèves déviations verticales
constituant les tracés
électromyographiques ? Justifier.
3) Analyser les tracés obtenus pour expliquer ce que l'on
entend par coordination des muscles antagonistes.
4) Des muscles extenseurs et des fléchisseurs, quels sont
ceux qui permettent de lutter contre la pesanteur et donc de maintenir
la posture ? Justifier.
Exemple de résultats :
Activité électrique
du soléaire et du jambier antérieur lors d'exercices alternés
"pointe-talon" (extension puis flexion du pied)
Tracé supérieur
: soléaire
Tracé inférieur
: jambier antérieur
Temps en millisecondes
Graduation verticale : 0,5 mV
Enregistrement au cours d'une crampe
Activité électrique
du soléaire et du jambier antérieur au cours d'une crampe
du mollet
Tracé supérieur : jambier antérieur
Tracé inférieur : soléaire
Temps en millisecondes
Graduation verticale : 0,5 millivolts
II- Exploration du réflexe myotatique
On recherchera les réponses électromyographiques des deux
muscles étudiés précédemment à la suite
d'une percussion du tendon d'Achille, tendon reliant le muscle soléaire
au squelette du pied.
Protocole
Brancher le marteau à réflexes sur la fiche A de l'interface.
Mettre en place les électrodes réceptrices sur le mollet.
Choisir une durée d'enregistrement de 100 ms, nombre d'excitations
0, déclenchement par le marteau. Régler le bouton décalage
pour amener les 2 flèches respectivement dans le tiers supérieur
et le tiers inférieur de l'écran. Appuyer sur la touche C
puis donner un coup sec sur le tendon d'Achille. La mesure est déclenchée
lorsque le marteau percute le tendon. Sauver les mesures. Refaire un enregistrement
tout en contractant volontairement le jambier antérieur.
Exemple de résultats
Réponse électromyographique
du soléaire à un choc mécanique porté sur le
tendon d'Achille
Temps en millisecondes
Une division verticale : 0,2 millivolts
Choc à T0
5) Justifier la qualification de réflexe donnée
à ce type de réponse musculaire.
6) Calculer la vitesse de propagation des messages nerveux après
avoir mesuré la distance parcourue par ces messages.
7) Comparer les résultats obtenus dans les deux séries
d'expériences.
8) Démontrer que le réflexe myotatique correspond
à une régulation par rétroaction. Pour cela, déterminer
la variable réglée, la perturbation déclenchant la
rétroaction et le résultat de la rétroaction.
Questions supplémentaires
1. Comparer la fréquence et l'amplitude
des deux EMG en fonction de l'activité des muscles au cours de l'exercice.
2. Analyser l'EMG obtenu lors d'une crampe
et comparer au tracé normal.
3. Formuler des hypothèses pour expliquer l'origine de
la crampe.
4. Sachant que la distance entre le muscle et la moelle épinière
est de 77 cm, quelle est la vitesse apparente de propagation des messages
nerveux ?
5. Sachant que la vitesse de conduction dans les fibres est de
70 m.s-1 et que le réflexe myotatique est
monosynaptique, calculer le délai synaptique.
|