Travaux pratiques
MÉIOSE, GÉNÉTIQUE
DES HAPLOÏDES ET RELATION GÈNE-ENZYME
I- Etude de la méiose au microscope optique
Observer attentivement au microscope une préparation fixée
et colorée de coupe transversale d'anthère (organe reproducteur
mâle des plantes à fleurs) pour y repérer les cellules
en méiose.
1) Rappeler la définition et les conséquences de
la méiose
2) Faire un dessin d'observation des stades observables de la
méiose dans votre préparation.
3) Justifier par quelques lignes d'explication les noms des stades
dessinés.
II- Etude de la méiose chez Sordaria macrospora et
cartographie génétique
Les organismes haploïdes présentent l'avantage de ne posséder
qu'un seul allèle de chaque gène.
Sordaria macrospora est une moisissure couramment utilisée
dans les laboratoires de génétique pour étudier la
correspondance gènes - enzymes car elle est facile à cultiver
et qu'il existe de nombreux mutants biochimiques. On étudiera ici
deux allèles d'un gène contrôlant la couleur des spores.
Ainsi, la couleur "sauvage" des spores est-elle habituellement brune
car les spores sauvages fabriquent de la mélanine, pigment brun
analogue à celui rencontré chez les animaux.
Au contraire, les spores de certaines souches mutantes ne fabriquent
pas de mélanine. De ce fait, elles ont une couleur claire, un peu
jaunâtre. La mutation responsable est dite J 14 et peut être
considérée comme analogue à l'albinisme chez les animaux.
On a placé dans une boîte de culture des spores de chacune
des souches N (à spores noires) et J (à spores jaunes) en
des points opposés. Ces spores ont donné naissance chacune
à un mycélium s'étalant à la surface du milieu
de culture.
Lorsque les deux mycélium se rencontrent, il y a fécondation
et formation de nombreux zygotes enfermés dans une fructification,
le périthèce.
Les zygotes formés subissent immédiatement la méiose
: chaque zygote donne donc naissance à quatre cellules filles haploïdes.
Chacune d'entre elles subit ensuite une mitose banale et devient une spore.
Chaque spore exprime l'allèle du gène de coloration qu'elle
contient (elle apparaît claire ou foncée).
Un des grands avantages de cette espèce est que depuis le zygote
jusqu'aux spores, les cellules sont enfermées dans une enveloppe
cylindrique, l'asque. De ce fait, les cellules filles formées lors
de chaque division restent superposées. Aussi, l'ordre des couleurs
des huit spores permet de déduire certains événements
de la méiose et, en particulier, s'il y a eu ou non des échanges
de segments chromosomiques dans la zone du chromosome située entre
le centromère et le gène : en effet, s'il n'y a pas eu de
recombinaison dans cette zone, les spores seront regroupées en deux
groupes de quatre spores identiques selon deux dispositions possibles d'égale
probabilité.
Si, au contraire, il y a eu une recombinaison dans cette zone, les
spores seront regroupées deux à deux selon quatre dispositions
possibles d'égale probabilité.
Les événements d'échanges de segments chromosomiques
étant en nombre proportionnel à la distance gène -
centromère, leur pourcentage traduit cette distance.
Protocole
Prélever avec une pince fine un peu de mycélium et quelques
périthèces de la souche fournie et les déposer sur
une lame dans une goutte d'eau. S'aider d'une loupe binoculaire si nécessaire.
Recouvrir d'une lamelle. Appuyer légèrement sur la lamelle
pour ouvrir les périthèces. Observer au faible grossissement
du microscope.
4) Faire un dessin d'observation d'un fragment de mycélium
et de quelques asques en respectant l'ordre des spores tel que vous l'observez
à l'intérieur des asques.
5) Indiquer sur le dessin quels sont les asques résultant
d'un échange de segments chromosomiques (crossing-over).
Détermination de la distance gène-centromère
Cette détermination ne peut être que statistique étant
donné le petit nombre d'asques dans chaque périthèce.
Aussi, on regroupera les résultats obtenus par chaque groupe afin
d'en faire la moyenne.
Compter le nombre d'asques des deux types en observant la disposition
des ascospores dans chacun des asques.
6) Calculer le pourcentage de post-réduction et la distance
gène-centromère en centimorgan (elle est égale
à la moitié du pourcentage de post-réduction).
7) Rapporter le résultat dans le tableau collectif et comparez
votre valeur à la moyenne de la classe.
8) Quel est l'avantage de grouper les résultats ?
9) Expliquer pourquoi l'expression de la distance est seulement
la moitié du pourcentage des asques postréduits.
10) Faites un schéma permettant d'expliquer le comportement
des chromosomes à la méiose qui rende compte du résultat
d'un asque postréduit (on schématisera le comportement d'une
seule paire de chromosomes dans un des quatre cas d'asques postréduits).
III- Du gène au caractère : "un gène, une enzyme"
La coloration brune des spores de S. macrospora de souche sauvage
est due à un pigment brun, la mélanine. La mélanine
dérive d'un acide aminé, la tyrosine. Celui-ci est incolore,
mais sous l'action d'une enzyme, la phénol-oxydase (ou tyrosinase),
on obtient un produit brun qui polymérise en mélanine :
phénol-oxydase polymérisation
Tyrosine ---------> DOPA ---------> Mélanine
(incolore)
(brune)
(brun-noirâtre)
11) Comparer les résultats obtenus lors de la réaction
in vitro entre tyrosine et tyrosinase et entre tyrosine et tyrosinase dénaturée.
12) Mettre en relation ces résultats avec ceux observés
chez la souche de Sordaria portant la mutation J14.
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