Travaux pratiques
ORIGINE DE L'ENERGIE NECESSAIRE
A LA BIOSYNTHESE D'UN POLYMERE BIOLOGIQUE
Toutes les molécules des êtres vivants sont renouvelées
en permanence : le catabolisme, ensemble des processus de destruction,
est compensé par l’anabolisme, ensemble des processus de
biosynthèse. Si les réactions cataboliques, comme les réactions
d'hydrolyse, sont, le plus souvent, libératrices d'énergie
(= exoénergétiques ou exergoniques), il n’en
est pas de même des réactions de biosynthèse au cours
desquelles la formation de nouvelles liaisons covalentes nécessite
un apport énergétique (réactions endoénergétiques
ou endergoniques).
Problème : comment est
assuré l’apport énergétique nécessaire à
l'établissement de liaisons covalentes lors des réactions
de biosynthèse ?
Pour résoudre ce problème, on étudiera expérimentalement
la capacité d'un extrait de tubercule de pomme de terre (contenant
l'enzyme nécessaire) à catalyser la réaction de polymérisation
in
vitro du glucose en amylose en utilisant comme substrat
soit du glucose soit l'un de ses dérivés phosphorylés
(glucose-1-phosphate et glucose-6-phosphate).
Principe
Le tubercule de la pomme de terre est un organe souterrain de
stockage des réserves de la plante. A partir des oses (produits
par la photosynthèse dans les feuilles et transportés par
les vaisseaux du liber), les cellules du parenchyme de réserve
synthétisent des molécules d’amidon qui s'y déposent
sous forme de grains. La première étape est la biosynthèse
de l'amylose (polymère linéaire de molécules
de glucose), l'un des deux constituants de l'amidon (l'autre constituant,
l'amylopectine, est un polymère ramifié du glucose).
La synthèse éventuelle d’amylose sera détectée
par un test à l'eau iodée.
Objectif : déduire des résultats expérimentaux
obtenus une hypothèse expliquant l'origine possible de l'énergie
nécessaire à la biosynthèse des liaisons covalentes
reliant les molécules de glucose dans l'amylose.
Protocole
1. Peler une pomme de terre et la couper en cubes d’environ 2 cm de
côté.
2. Peser 50 g de ces cubes et les broyer finement au mixeur avec 50
mL d’eau distillée glacée.
3. Filtrer ou centrifuger le broyat, placer le filtrat ou le surnageant
sur la glace et vérifier, par un test à l'eau iodée
réalisé sur un prélèvement de quelques gouttes,
qu’il ne contient pas d’amidon.
4. Numéroter 5 tubes à hémolyse et les remplir
selon le tableau ci-après.
| 1 |
2 mL de solution de glucose à 100 mmol.L-1 |
| 2 |
2 mL de solution de glucose-1-phosphate à
100 mmol.L-1 |
| 3 |
2 mL de solution de glucose-6-phosphate à
100 mmol.L-1 |
| 4 |
1 mL de solution de glucose et 1 mL de solution
de KH2PO4 à 100 mmol.L-1 |
| 5 |
2 mL d’eau |
5. Ajouter dans chaque tube 2 mL de l’extrait de tubercule.
6. Prélever immédiatement (To) 5 gouttes dans chaque tube
(avec une pipette Pasteur différente pour chaque tube) et les déposer
séparément dans 5 cuvettes d’une plaque de porcelaine. Mélanger
chaque prélèvement avec une goutte d’eau iodée.
7. Placer les tubes au bain-marie à 35°C et refaire un prélèvement
et un test toutes les 5 minutes (T1, T2, etc.). Exprimer les résultats
en inscrivant un signe " + " dans les cases correspondantes du tableau
suivant lorsque le test est positif.
Le test est considéré comme positif si l'on observe
un changement de couleur du réactif. Celui-ci peut aller du rougeâtre
au bleu foncé en passant par toute une gamme de nuances qui dépendent
de la masse moléculaire du polymère de glucose formé.
Voir un exemple de résultats
Tableau des résultats expérimentaux
N° des tubes
Temps |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| To |
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| T1 |
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| T2 |
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| T3 |
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| T4 |
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| T5 |
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Questions
1) Faire une analyse des résultats. En tirer les conclusions
nécessaires pour formuler une hypothèse quant à l'origine
de l'énergie permettant l'établissement de liaisons covalentes
entre les unités glucose constituant l'amylose néoformée.
2) Calculer la masse de glucose, de glucose-1-phosphate et de
phosphate monopotassique à dissoudre dans 100 mL d’eau pour obtenir
les concentrations utilisées.
(Glucose, MM : 180 ; Phosphore, MA : 31 ; Potassium, MA : 29)
3) Justifier le point 3 du protocole.
4) Résumer par une équation bilan la (les) réaction(s)
chimiques qui se sont déroulées dans les tubes dont le résultat
est positif.
5) Représenter par une formule semi-développée
la première molécule de dioside qui se forme au début
de la réaction dans les tubes présentant un résultat
positif au test.
NB La liaison entre le glucose et le phosphate est similaire à
celle qui existe entre le désoxyribose et le phosphate dans les
nucléotides.
Contrôle
Ajouter dans chaque tube quelques gouttes de solution de nitrate d'argent
et noter dans quel(s) tube(s) se forme un précipité jaune.
NB Le nitrate d'argent réagit avec les ions phosphates en
formant un précipité jaune de phosphate d'argent.
6) Décrire les résultats obtenus et, après
sédimentation du précipité, quantifier le volume de
précipité formé dans les différents tubes.
7) Les résultats du test permettent-ils d'infirmer, de
confirmer ou de compléter l'hypothèse formulée au
1) ? Justifier.
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