Le mot « glycémie » désigne la concentration du
glucose dans le sang. Le glucose, distribué aux cellules par le sang, est un
sucre simple comportant six atomes de carbone, un hexose. Il constitue une des principales sources d’énergie
des cellules vivantes
et même la seule utilisable pour certaines d'entre elles, comme les globules rouges et les
neurones chez les mammifères. L'approvisionnement des cellules en glucose doit donc
être assuré en permanence. En effet, une diminution excessive
du glucose sanguin conduit au coma hypoglycémique puis à
la mort, si l'organisme n'est pas rechargé en sucre.
Inversement, un excès chronique de glucose dans le sang, une
hyperglycémie, a
pour conséquence diverses pathologies, notamment des vaisseaux sanguins,
qui peuvent se
traduire par de graves séquelles. Il est donc essentiel que la
concentration en
glucose dans le sang soit maintenue sensiblement constante autour de sa
valeur optimale. Or, les apports alimentaires en sucres ne se
produisent qu'au moment des repas et la
consommation de glucose par les cellules est elle aussi
irrégulière, augmentant considérablement lors d'un
exercice physique, par exemple. Le maintien d'une concentration
sensiblement constante du glucose sanguin nécessite donc des
systèmes de régulation performants.
On appelle homéostat glycémique
l’ensemble des systèmes de régulation, essentiellement
hormonaux, qui
permettent le maintien de la concentration sanguine en glucose autour
d’environ
un gramme par litre. Ce système comporte une boucle de
régulation incluant des détecteurs sensibles à la
concentration sanguine du glucose. Les cellules sur
lesquelles ils sont placés commandent par voie hormonale
l’action des organes effecteurs,
c’est à dire ceux susceptibles de produire du glucose, comme le
foie, ou d’en consommer
plus ou moins, comme les muscles.
Découvrir ce système, commencer à comprendre les
multiples
mécanismes extrêmement complexes dont il est le
siège et pouvoir agir dessus pour soigner des malades, n’a pas
été une mince
affaire. L’histoire des connaissances sur le sucre sanguin, sa
nature, son origine et ses fonctions physiologiques, ainsi que les
mécanismes nerveux
et hormonaux qui en règlent finement la concentration, est
indissociable de
celle du diabète, ou plutôt des diabètes. En effet,
comme pour beaucoup
d’autres problèmes biologiques, c’est d’abord la maladie qui a
stimulé le
questionnement scientifique. À cet égard, c’est une
histoire emblématique car,
s’étendant sur des milliers d’années, les
découvertes dans ce domaine ont
façonné, en partie, l’évolution de la biologie
expérimentale et de la médecine.
Exceptionnellement, dans cette rubrique, cette histoire est divisée en deux
parties en raison de sa durée et de son foisonnement. La première partie, intitulée À
la recherche du sucre sanguin, couvre la période allant de l’antiquité à la fin du dix-neuvième
siècle. La seconde, intitulée Du principe
antidiabétique à l’hormone transgénique, couvre la période allant de la fin du dix-neuvième
siècle à aujourd'hui. Les deux parties sont accessibles en cliquant sur les liens ci-dessous :