Partie 1 (10 points) Exposé organisé
de connaissances (obligatoire et spécialité)
Procréation
D’après centres étrangers 3, juin 2002, I
Expliquez comment, chez la femme, les relations hormonales entre le
complexe hypothalamo-hypophysaire et l’ovaire aboutissent à l’ovulation.
Votre exposé sera illustré par un schéma fonctionnel
présentant ces relations.
Corrigé
Introduction
L’évolution cyclique du tractus génital chez la femme,
qui conditionne l’ovulation et la nidation éventuelle d’un embryon,
est contrôlée par les interactions hormonales entre l’axe
hypothalamo-hypophysaire et l’ovaire. Nous montrerons que l’ovulation est
provoquée à la fin de la phase folliculaire par un pic de
sécrétion de la gonadostimuline LH qui résulte des
interactions hormonales entre l’axe hypothalamo-hypophysaire et l’ovaire.
Le déclenchement de l’ovulation
Au cours de la phase folliculaire du cycle, un follicule ovarien termine
sa maturation sous l’action des gonadostimulines FSH et LH sécrétées
par l’hypophyse et transportées par le sang jusqu’à l’ovaire.
Les cellules folliculaires sécrétrices d’œstrogènes
se multiplient et le dosage des œstrogènes chez les femmes montre
que la concentration sanguine en œstradiol augmente lentement. Le follicule
devient cavitaire et atteint la maturité vers le milieu du cycle.
À ce moment, l’activité de l’axe hypothalamo-hypophysaire
augmente brusquement et on observe notamment un pic sécrétoire
de LH qui a pour effet de déclencher l’ovulation, c’est à
dire l’ouverture du follicule mûr, l’expulsion de l’ovocyte et son
réveil (reprise de méiose). On appelle ce pic sécrétoire,
décharge ovulante. Toutefois, la communication hormonale entre axe
hypothalamo-hypophysaire et ovaire est bidirectionnelle car les hormones
ovariennes agissent en retour sur la sécrétion des gonadostimulines.
C’est de ce « dialogue moléculaire » que dépend
l’apparition du pic de LH et donc l’ovulation.
Les interactions hormonales
Au début du cycle, les œstrogènes en faible concentration
exercent une rétroaction négative sur l’axe hypothalamo-hypophysaire
ce qui aboutit à de faibles variations de la concentration sanguine
en gonadostimulines FSH et LH. Cette rétroaction négative
se poursuit pendant le début de la phase folliculaire tandis que
la concentration d’œstradiol augmente progressivement. Lorsque la concentration
en œstrogènes dépasse un certain seuil, ce qui arrive un
peu avant le milieu du cycle, la réponse de l’axe hypothalamo-hypophysaire
à l’œstradiol s’inverse et son activité augmente donc très
rapidement. La rétroaction devenue positive produit un autorenforcement
du système : la sécrétion de LH qui augmente stimule
les cellules folliculaires qui sécrètent de plus en plus
d’œstradiol, ce qui aboutit à une amplification considérable
de la production des gonadostimulines, et finalement à la décharge
ovulante de LH.
Conclusion.
Le pic sécrétoire de LH qui déclenche l’ovulation
résulte des interactions hormonales entre axe hypothalamo-hypophysaire
et ovaire. Il s’agit d’un véritable dialogue moléculaire
assuré par l’action réciproque des gonadostimulines hypophysaires
sur les récepteurs de l’ovaire et des hormones ovariennes sur les
récepteurs de l’axe hypothalamo-hypophysaire. Le schéma ci-dessous
résume ces interactions. |
| Partie 2-1 (4 points) Exploitation de
documents (obligatoire et spécialité)
Stabilité et variabilité des génomes
D’après centres étrangers 1, juin 2002, II
Pour élucider certains aspects du brassage allélique qui
a lieu au cours de la reproduction sexuée, on réalise une
expérience de croisement avec des organismes haploïdes.
Montrez, en vous aidant de schémas à l’échelle
chromosomique, comment les résultats expérimentaux permettent
de comprendre l’un de ces mécanismes.
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Corrigé
Introduction
Chez les champignons haploïdes comme Sordaria, les zygotes formés
lors d’un croisement subissent la méiose et donnent naissance à
4 cellules haploïdes qui subissent immédiatement une mitose.
Il se forme ainsi des asques contenant chacun 8 spores.
Résultats du croisement
Le document montre quelques asques qui contiennent tous 8 spores, 4
noires et quatre jaunes, mais qui peuvent être disposées différemment.
Chez Sordaria, la disposition des spores dans l’asque reflète la
position des divisions dans l’espace lors de la méiose car les cellules
ne peuvent changer de place après les divisions. C’est pourquoi
le croisement réalisé entre souches à spores noires
et à spores jaunes permet d’illustrer la dynamique des chromosomes
lors de la méiose. La couleur des spores est un caractère
simple gouverné par un couple d’allèles que nous appellerons
N et J. Comme les spores sont haploïdes, leur couleur indique directement
leur génotype. La cellule-œuf issue de la fécondation comporte
chacun des deux allèles apportés par les gamètes parentaux.
Cette cellule diploïde subit ensuite la méiose, ensemble de
deux divisions précédées d'une seule synthèse
d'ADN et aboutissant à 4 cellules haploïdes. Chaque allèle
a été dupliqué une fois et se retrouve dans l'une
des 4 cellules filles. La formation des asques s'accompagne d'une mitose
supplémentaire des cellules haploïdes, précédée
d'une duplication du matériel génétique comme n'importe
quelle mitose : chacun des deux allèles se retrouve ainsi à
4 exemplaires dans l'asque qui comporte huit spores.
On remarque que la disposition des spores dans l'asque peut se ramener
à deux types en fonction de l'emplacement des spores N et J : 2/2/2/2
ou 4/4. Nous nous limiterons à l’exemple des asques 4/4 qui illustrent
la brassage interchromosomique.
Interprétation
Les spores restent ordonnées chez cette espèce comme
l'étaient les fuseaux mitotiques lors des divisions et les spores
vont par paires identiques en raison de la mitose qui suit la méiose.
L’arrangement des spores dans les asques dépend de la première
division de la méiose. En effet, lorsque les asques comportent deux
groupes de 4 spores, c’est que les allèles parentaux dupliqués
ont été séparés dès la première
division de la méiose avant d’être transmis lors des divisions
suivantes respectivement à 2 groupes de 4 spores. Le schéma
ci-dessous résume le comportement des chromosomes lors de la méiose
qui aboutit à cette répartition, 4 spores noires et 4 spores
jaunes superposées. |
Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement obligatoire)
Parenté entre les êtres vivants actuels et
fossiles
D’après centres étrangers 1, juin 2002, III
L’un des problèmes scientifiques les plus passionnants mais aussi
les plus difficiles à résoudre est la reconstitution de la
lignée évolutive humaine.
Utilisez les témoins présentés dans l’ensemble
documentaire (documents 1 à 4) pour situer les Australopithèques
dans cette lignée.
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Corrigé
Introduction
La lignée humaine descend d’un ancêtre commun avec les
grands singes daté d’il y a quelque 7 à 10 millions d’années
(Ma) et ses principales caractéristiques anatomiques et comportementales
ont été acquises progressivement depuis cette date. Quelle
est la place de l’australopithèque dans cette lignée ?
Les caractéristiques anatomiques et comportementales des australopithèques
Le document 4 montre des traces de pas attribuées à Australopithecus
afarensis qui évoquent une locomotion bipède puisque seules
des empreintes de pieds sont visibles. En outre, leur forme individuelle
montre une étroite ressemblance avec les empreintes de l’homme actuel
ce qui renforce l’idée que ce primate qui vivait il y a 3,75 Ma
était bipède. La comparaison de son bassin avec ceux du chimpanzé
et de l’homme confirme ce point de vue. En effet, le document 2 montre
que le bassin et l’articulation du fémur chez l’australopithèque
se rapprochent beaucoup plus de ceux de l’homme, bipède, que de
ceux du chimpanzé qui se déplace sur ses quatre membres.
Ainsi, les australopithèques avaient acquis la bipédie.
Le document 1 donne les capacité crâniennes de différents
primates. On observe que les quatre espèces d’australopithèques
mentionnées ont des capacités crâniennes proches de
celles des grands singes, entre 300 et 550 cm3, et nettement inférieures
à celles de tous les représentants du genre Homo qui vont
de 600 à 1 600 cm3. Chez A. afarensis, cette faible capacité
crânienne est corrélée à l’absence d’industrie
lithique. Les premières industries, celles du Hadar sont vieilles
de 2,5 Ma et sont donc apparues 1 Ma après A. afarensis, peu de
temps avant l’apparition de Homo habilis. En revanche, tous les représentants
du genre Homo fabriquaient des outils.
Interprétation
La lignée humaine est caractérisée par la bipédie,
l’augmentation du volume crânien et la capacité à fabriquer
des outils. Toutefois, ces caractéristiques ont été
acquises progressivement et les australopithèques avaient un volume
crânien similaire à celui des singes et ne fabriquaient sans
doute pas d’outils. En revanche, ils avaient acquis la bipédie.
Les australopithèques sont ainsi les plus anciens primates à
avoir acquis cette caractéristique, A. afarensis est daté
de – 3,75 Ma, et c’est pourquoi on les considère comme les plus
anciens représentants de la lignée humaine. Les autres caractéristiques
de l’hominisation, l’augmentation du volume crânien et la capacité
à fabriquer des outils, se manifesteront plus tardivement, tout
d’abord chez Homo habilis, le plus ancien représentant du genre
Homo. Ainsi, les caractéristiques des australopithèques en
font des formes intermédiaires entre l’ancêtre commun aux
grands singes et à l’homme et le genre Homo.
Conclusion
Les caractéristiques des australopithèques, qui vivaient
il y a 3 à 4 Ma, en font les plus anciens représentants de
la lignée humaine en particulier parce qu’ils avaient acquis la
bipédie. Toutefois, leurs autres caractères anatomiques sont
encore proches de ceux des singes et leurs fossiles ne sont pas associés
à une industrie. C’est pourquoi, contrairement aux autres hominidés
fossiles, ils n’appartiennent pas au genre Homo.
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement de spécialité)
Du passé géologique à l'évolution
future de la planète
D’après sportifs de haut niveau, septembre 1998
À partir de l'exploitation des documents 1 à 3, montrez
que la transition Riss-Éemien peut être comparée, sur
le plan climatique, au passage du Würm à l'Holocène.
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Corrigé
Introduction
Les paléoclimats ont laissé des traces d’origine biologique
(pollens, certains foraminifères) et d’origine physicochimique (thermomètre
isotopique des carbonates) que les géologues savent interpréter.
Nous comparerons ici les deux transitions climatiques qui se sont produites
respectivement il y a 120 000 ans (Riss-Éemien) et il y a 8 200
ans (Würm-Holocène).
Les températures au Riss final et au Würmien supérieur
Le document 1 montre que le Riss final était caractérisé
par un paysage de steppes herbacées comportant également
des épicéas et des pins sylvestres, caractéristiques
d’un climat froid. L’absence de chêne et l'abondance des herbes confirment
que le climat de cette période était froid, autour de 5 à
10°C en moyenne.
Le diagramme pollinique suggère que le climat du Würmien
moyen n'était guère différent de celui du Riss final
et qu’il s’est encore un peu refroidi au Würmien supérieur,
les herbes s’étendant un peu plus qu’au Riss final au détriment
des arbres.
Le document 2 montre que les Foraminifères présents dans
les sédiments du Riss sont majoritairement représentés
par Globigerina pachyderma et par des espèces subarctiques caractéristiques
de régions froides. Les espèces de zones de transition et
de zones chaudes y sont rares. Le profil à la fin du Würm en
est proche malgré l'absence de représentants du groupe b
disparus avant la transition avec l'Holocène. Ces données
confirment donc que les températures qui régnaient au Riss
final et au Würmien supérieur étaient froides.
Caractéristiques des deux transitions
L’ensemble des documents montre qu’à l'issue des deux périodes
étudiées s’est produit un brusque changement de climat. Le
diagramme pollinique montre une augmentation considérable de la
chênaie mixte, caractéristique de températures moyennes
beaucoup plus élevées (10 à 15°C), et la quasi
disparition des végétaux caractéristiques de climat
plus froid, notamment les herbes. Toutefois, le diagramme montre que la
transition entre Würmien et Holocène s’est produite de façon
moins brusque que celle entre Riss et Éemien puisque les arbres
indiquant des températures intermédiaires abondent pendant
la période de transition avant d’être remplacés par
la chênaie mixte.
Les Foraminifères indiquent également une transition
moins brusque entre Würm et Holocène qu'entre Riss et Éemien.
En effet, on observe lors de la première transition des espèces
tolérant des températures de 10 à 18°C en nombre
beaucoup plus important que lors de la seconde transition, avant l’expansion
des espèces de zones subtropicales et tropicales qui les caractérise
toutes deux.
La mesure des variations du rapport isotopique 18O/16O
dans une carotte de sédiments confirme que les deux périodes
de transition se ressemblent mais ne sont pas identiques. On constate en
effet que le réchauffement observé a été plus
brusque lors de la première période et d'une amplitude supérieure
bien que l'échelle de temps utilisée ne permettent pas plus
de précision.
Conclusion
Ainsi, dans les deux cas, un changement climatique marqué par
un net réchauffement du climat s’est produit. En milieu continental,
ce sont les végétaux qui témoignent de ce réchauffement
par leurs pollens tandis qu'en milieu marin, ce sont des microorganismes
marins comme les Foraminifères dont la répartition témoigne
également d'un changement brusque confirmé par le rapport
isotopique de l’oxygène dans le carbonate de leurs tests. Toutefois,
les données fournies montrent que les deux transitions n'ont pas
été identiques, la période de transition ayant été
beaucoup plus courte entre le Riss et l' Éemien.
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