Partie 1 (10 points) Exposé organisé
de connaissances (obligatoire et spécialité)
Stabilité et variabilité des génomes
D’après Polynésie, septembre 2001, I
Après avoir présenté la nature et les conséquences
des mutations, montrez comment certaines peuvent être transmises
à la génération suivante.
Corrigé
Introduction
Les mutations sont des modifications aléatoires de la séquence
d’un gène et se transmettent inchangées aux cellules filles
au cours des divisions. Lorsqu’elles affectent les cellules germinales,
elles peuvent se retrouver dans les gamètes et être transmises
à la génération suivante lors de la fécondation.
Après avoir présenté les mutations, nous examinerons
leurs conséquences possibles sur l’individu et leur importance pour
l’évolution en raison de la sélection naturelle puis nous
verrons comment elles peuvent être transmises à la descendance.
La nature des mutations
La séquence des nucléotides qui constituent l’acide désoxyribonucléique
(ADN) porte l’information génétique des cellules et de l’organisme
et est organisée en gènes dont les différents allèles
présentent quelques différences de séquence. Les nouveaux
allèles se forment par mutation, modification brusque, aléatoire
et donc imprévisible, de la séquence de nucléotides.
Il peut s’agir d’une substitution, qui modifie ponctuellement le gène
lorsqu’un nucléotide est remplacé par un autre, d’une addition,
insertion d’un ou plusieurs nucléotides, ou d’une délétion,
perte d’un ou plusieurs nucléotides. Dans le cas d’une addition
ou d’une délétion, si le nombre de nucléotides concerné
diffère de 3 ou d’un multiple de 3, il y a décalage du cadre
de lecture du gène en raison de l’organisation de l’information
génétique en codons formés d’un triplet de nucléotides.
La protéine codée par le gène muté a alors
toutes les chances d’être inactive. En revanche, lorsqu’une mutation,
par exemple une substitution, ne modifie pas substantiellement la protéine,
elle reste silencieuse et est sans conséquences. Elle augmente simplement
le polymorphisme génétique de la population. Au contraire,
lorsque la protéine est modifiée, les mutations peuvent avoir
d’importantes conséquences.
Les conséquences des mutations
Les conséquences éventuelles des mutations sont d’abord
phénotypiques. Une protéine dont la séquence est modifiée
parce que celle du gène correspondant est mutée présente
souvent des fonctions défectueuses. On connaît ainsi quelques
milliers de maladies génétiques dans l’espèce humaine
comme les hémoglobinopathies, la mucoviscidose, les myopathies,
l’hémophilie, etc. qui sont toutes liées à une mutation.
Mais les mutations ont aussi des conséquences à l’échelle
de l’évolution. Selon qu’elles sont favorables, défavorables
ou neutres dans un environnement donné, elles pourront conférer
un avantage ou un désavantage sélectif ou être sans
effet particulier. Une même mutation peut d’ailleurs être favorable
dans un environnement donné et défavorable dans un autre
comme celle conduisant à l’hémoglobine S qui a un rôle
protecteur dans les zones de paludisme. Ainsi, les mutations donnent prise
à la sélection quand elles ont des conséquences phénotypiques.
Ceci est possible parce qu’elles peuvent être transmises dans certains
cas à la descendance.
La transmission de génération en génération
La transmission des gènes, donc des caractères héréditaires,
de génération en génération s’effectue lors
de la fécondation qui aboutit à la formation de l’œuf à
l’origine de tout individu. Le spermatozoïde apporte les chromosomes
portant les allèles paternels en fusionnant avec l’ovocyte contenant
les chromosomes maternels. C’est pourquoi, seules les mutations touchant
l’ADN des cellules de la lignée germinale peuvent être transmises
à la descendance. Celles qui touchent les cellules somatiques peuvent
affecter l’individu mais elles ne sont pas présentes dans les gamètes.
Lorsqu’une mutation touche une cellule de la lignée germinale, sa
transmission à la descendance est conditionnée à son
passage dans un gamète. Ceci se produit lors de la méiose
où les allèles sont recombinés et répartis
également entre les cellules filles haploïdes à l’origine
des gamètes.
Conclusion
Les mutations qui affectent au hasard l’ADN des cellules de la lignée
germinale peuvent être transmises à la descendance si elles
se retrouvent dans les gamètes. Leurs conséquences phénotypiques
directes conditionnent leur devenir en raison de la sélection naturelle
qui agit comme un filtre dans certaines conditions.
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Partie 2-1 (4 points)
Exploitation de documents (obligatoire et spécialité)
Procréation
D’après Polynésie, juin 2002, II
Certains contraceptifs oraux très efficaces sont constitués
d’une association minidosée de deux molécules de synthèse
proches des hormones ovariennes. Au cours d’une expérience clinique
portant sur 27 308 cycles, on a réalisé chez de nombreuses
femmes des dosages de LH et de FSH lors de certains jours du cycle menstruel.
À l’aide de l’exploitation rigoureuse du document, expliquez
l’action de cette association moléculaire.
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Corrigé
Introduction
La connaissance des mécanismes de régulation qui contrôlent
le cycle menstruel a conduit à la mise au point de contraceptifs
hormonaux efficaces dont nous allons expliquer le mode d’action.
Les profils hormonaux et leurs enseignements
Le document montre le profil de sécrétion moyen chez
les femmes des gonadostimulines hypophysaires FSH et LH avant et après
le traitement, donc en absence de contraception. On observe que la concentration
sanguine en LH se maintient autour de 10 mUI.mL-1 avant et après
le pic à 40 mUI.mL-1 qui correspond à la décharge
ovulante à l’origine de l’ovulation (pic ovulatoire de LH). La concentration
en FSH diminue quant à elle de 6 à 4 mUI.mL-1 en dehors de
la période de l’ovulation au cours de laquelle elle atteint 10 mUI.mL-1.
Le profil de sécrétion des gonadostimulines est très
différent lorsque les femmes reçoivent le traitement. Pendant
les deux premiers cycles présentés, la concentration des
gonadostimulines reste très faible dès le début du
cycle, autour de 5 mUI.mL-1 pour la LH et de 4 mUI.mL-1 pour la FSH et
elle a tendance à diminuer encore plus au cours du cycle. On constate
donc que les hormones administrées réduisent la sécrétion
des gonadostimulines, ce que l’on interprète comme une action inhibitrice
sur leur sécrétion. On en déduit qu’elles exercent
une action inhibitrice sur l’axe hypothalamo-hypophysaire similaire à
celle exercée par les hormones ovariennes naturelles (rétroaction
négative). L’action contraceptive des hormones de synthèse
est donc la conséquence de la faible sécrétion des
gonadostimulines : en l’absence de pic ovulatoire, il n’y a pas d’ovulation
et il ne peut donc y avoir de fécondation.
Conclusion
L’action contraceptive des hormones de synthèse repose sur leur
capacité à inhiber l’axe hypothalamo-hypophysaire en mimant
la rétroaction négative exercée par les hormones ovariennes
de façon à supprimer le pic ovulatoire de LH. Il en résulte
un cycle anovulatoire.
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement obligatoire)
Histoire de la Terre
D’après Polynésie, septembre 2001, III
Par une exploitation pertinente des données issues des documents
1 à 4, discutez l’existence d’une crise biologique au Dévonien
supérieur.
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Corrigé
Introduction
L’histoire de la Terre a été marquée par des crises
qui servent aussi de repères chronologiques car elles ont eu une
extension mondiale. Nous examinerons les indices qui montrent qu’une telle
crise s’est produite à la fin du Dévonien, il y a 350 Ma.
Une diminution globale du nombre d’espèces vivantes
Le document 4 montre que, depuis le Cambrien, le nombre de familles
d’êtres vivants c’est à dire la biodiversité, a varié.
Relativement stable pendant l’ère primaire, autour de 400 familles,
il a été réduit de moitié à la fin du
Primaire avant d’augmenter considérablement au Secondaire atteignant
750 à la fin du Tertiaire. En dehors de la fin du Permien, on observe
lors de certaines périodes une chute temporaire du nombre de familles
suivie d’une nouvelle augmentation de la biodiversité. C’est notamment
le cas à la fin du Dévonien avec la disparition de 20 % des
familles existantes mais aussi à la fin de l’Ordovicien, du Trias
et du Crétacé notamment. Dès le début du Carbonifère
cependant, l’essentiel de la biodiversité a été restauré.
Ces disparitions massives sont interprétées comme la conséquence
de crises écologiques majeures. Celle de la fin du Dévonien
est confirmée par l’examen des autres documents.
Diversité des espèces touchées
Le document 1 présente la phylogénie des Poissons. On
observe que parmi les 11 groupes présents au Dévonien, 5
groupes ont disparu définitivement à la fin de cette période.
Il s’agit des hétérostracés, anaspides, ostéostracés,
placodermes et ostéolépides. Les autres groupes de Poissons
ont passé cette crise qui a donc été sélective.
Le document 2 présente l’importance d’un autre groupe d’animaux
marins, les Brachiopodes qui vivent fixés et occupent donc des niches
écologiques différentes de celles des Poissons. On constate
que seul le groupe 5 a entièrement disparu mais qu’en outre les
autres groupes ont vu leur diversité considérablement réduite
à l’exception du groupe 3. Ceci confirme qu’une crise écologique
a dû se produire à cette période. La phylogénie
des Trilobites, un groupe aujourd’hui disparu, apporte un argument supplémentaire.
Malgré un mode de vie différent de celui des Brachiopodes
et des Poissons puisque c’étaient des arthropodes, 8 des 9 lignées
présentées ont disparu définitivement à la
fin du Dévonien et le seul groupe survivant a disparu à la
fin du Primaire.
Conclusion
Les documents présentés montrent donc que de nombreuses
extinctions se sont produites à la fin du Dévonien, il y
a 350 Ma, aboutissant à une réduction de 20 % du nombre de
familles. Ces extinctions ont notamment affecté des groupes divers
du milieu marin qui ont été touchés de façon
plus ou moins marquée. Les Trilobites ont presque entièrement
disparu alors que les Brachiopodes et les Poissons ont été
moins sévèrement touchés. Ces extinctions massives
traduisent une importante crise biologique comme il s’en est produites
plusieurs au cours de l’histoire de la Terre.
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement de spécialité)
Du passé géologique à l'évolution
future de la planète
D’après Polynésie, juin 2002, spécialité
Mettez en relation les informations fournies par l’ensemble des documents
pour argumenter la notion de réchauffement planétaire et
celle de la responsabilité de l’homme dans l’évolution de
son environnement planétaire.
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Corrigé
Introduction
Le réchauffement planétaire est, comme nous allons le
montrer, un fait, mais il existe moins de certitudes quant à ses
causes mais l’importance des gaz à effet de serre pose le problème
des conséquences des activités humaines sur l’évolution
du climat.
Le réchauffement planétaire : une donnée mesurable
Le document 4 montre que la température de la Terre est restée
basse et à peu près stable de - 50 000 ans à – 20
000 ans avant d’augmenter de façon importante jusqu’à – 10
000 ans et d’augmenter plus lentement depuis. Le document 2 montre que
depuis qu’existent des relevés de température fiables, la
fourchette des températures minimales et maximales a eu tendance
à augmenter de quelque 0,4 °C à partir des années
1920, les températures minimales et maximales augmentant de façon
grossièrement similaire. On doit se poser la question des causes
de cette augmentation.
Des causes multiples
L’effet de serre joue un rôle important dans le climat terrestre.
Le document 4 montre qu’il existe une corrélation étroite
entre la concentration de l’atmosphère en gaz à effet de
serre (N2O, CH4, CO2) et la température globale de la Terre car,
en piégeant l’infrarouge thermique émis par la Terre, ces
gaz réchauffent l’atmosphère. Or le document 2 montre que
les activités humaines produisent du dioxyde de carbone en grande
quantité et que la quantité annuelle rejetée dans
l’atmosphère a été multipliée par plus de 60
entre 1860 et 1990. Le document 3 permet de préciser qu’entre 1988
et 1999 la concentration en CO2 atmosphérique a augmenté
régulièrement, les fourchettes liées à l’activité
saisonnière de photosynthèse passant de 347/361 ppm à
354/368 ppm. Compte tenu de l’étroite corrélation entre concentration
en CO2 atmosphérique et température globale mais aussi entre
concentration de NO2 et de CH4, autres gaz à effet de serre produits
par l’activité humaine, on peut penser que cette dernière
contribue significativement au réchauffement climatique. Ceci pose
le problème de la responsabilité de l’homme face à
son environnement et de la limitation des émissions de gaz à
effet de serre.
Conclusion
Le réchauffement climatique mesuré par diverses méthodes
implique notamment l’action de gaz à effet de serre produits en
grande quantité par les activités humaines. La responsabilité
de l’homme est donc engagée car le réchauffement climatique
peut avoir de graves conséquences sur l’ensemble de la planète
(niveau des mers, climats, agriculture, etc.).
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