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Préparation au bac 2003
SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE
- Série S -
Corrigé sujet 6
(En raison de l'absence d'annales
des années précédentes due au changement de programme
en SVT intervenu à la rentrée 2002, les sujets ci-dessous
destinés à la préparation du bac 2003 ont été
reconstitués arbitrairement à partir de sujets des années
précédentes ou de sujets inédits. L'équilibre
des thèmes et des questions est en accord avec les instructions
officielles. |
Partie 1 (10 points) Exposé organisé
de connaissances (obligatoire et spécialité)
Stabilité et variabilité des génomes
et évolution
D’après Amérique du Nord, juin 2002
Présentez les mécanismes à l’origine de la production
de gamètes génétiquement différents chez un
même individu.
Les mutations ne seront pas traitées.
La réponse sera illustrée par des schémas.
Corrigé
Introduction
Les gamètes sont des cellules reproductrices haploïdes
dont la fusion reconstitue le stock diploïde de chromosomes caractéristique
de l’espèce lors de la fécondation. Chaque individu possède
un sous ensemble particulier d'allèles qu’il a reçus des
gamètes de ses parents, chaque gamète comportant un allèle
de chaque gène. En outre, les individus sont hétérozygotes
pour de nombreux gènes car les gamètes parentaux comportent
souvent des allèles différents. Chez un individu, au cours
de la méiose qui précède la formation des gamètes,
ces allèles sont redistribués conduisant à de nouvelles
combinaisons alléliques de certains gènes. Il en résulte
des gamètes génétiquement différents.
En prenant un exemple simple, celui de trois couples d’allèles
dont deux sont portés par le même chromosome (gènes
liés) et le troisième sur un autre chromosome (gènes
indépendants), nous montrerons que le brassage génétique
lors de la méiose comporte deux mécanismes complémentaires,
le brassage interchromosomique et le brassage intrachromosomique.
La méiose et le brassage interchromosomique
La méiose est un ensemble de deux divisions précédées
d’une seule synthèse d’ADN et intervient chez les animaux au cours
de la gamétogenèse. À partir d’une cellule-mère
diploïde, elle conduit à la formation de quatre cellules haploïdes
qui donneront naissance aux gamètes.
On considère 3 couples d’allèles Aa, Bb et Ee disposés
sur 2 paires de chromosomes. Aa et Bb correspondent aux allèles
des deux gènes situés sur le même chromosome, Ee étant
localisé sur un autre chromosome. Le schéma 1 montre la configuration
choisie si l’organisme est hétérozygote pour les trois gènes.
Les cellules subissent la duplication de leur ADN lors de la phase S
du cycle cellulaire puis entament la première division de la méiose
en entrant en prophase I. A ce stade, les chromosomes sont constitués
de 2 chromatides identiques résultant de la duplication de l'ADN
et reliées par le centromère. Au cours de cette phase, les
chromosomes homologues sont réunis en bivalents (schéma 2). |
Lorsque les chromosomes homologues se séparent à l’anaphase,
chaque centromère migre aux pôles de la cellule indépendamment
des centromères des autres chromosomes. On parle de ségrégation
indépendante des chromosomes. Les spermatocytes II formés
à l’issue de la première division et donc les gamètes,
pourront présenter, dans l’exemple choisi, 4 génotypes différents
correspondant à 4 types de combinaisons d'allèles en proportions
identiques puisque ne dépendant que de la ségrégation
au hasard des chromosomes. (schéma 3).
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Ce premier mécanisme de brassage interchromosomique lié à
la ségrégation indépendante des chromosomes s'accompagne
d'un autre mécanisme assurant un brassage intrachromosomique.
Le brassage intrachromosomique
Lors de la prophase I de la méiose, lorsque se forment les bivalents,
les quatre chromatides de chaque bivalent (« tétrades »)
sont étroitement accolées et entremêlées au
niveau de chiasmas. Il peut alors se produire des échanges de segments
homologues entre elles conduisant à la formation de chromatides
portant une combinaison d’allèles différente de celles des
chromosomes des parents (schéma 4). |
La fréquence de ces échanges (appelés aussi «
crossing-over ») dépend de la position des locus sur le chromosome
: plus ils sont éloignés, plus la probabilité d’échanges
est importante. Le schéma 4 montre que si l’on tient compte de ce
brassage intrachromosomique, ce n’est plus 4, mais 8 types de gamètes
différents qui peuvent se former en ne considérant qu’un
seul crossing over.
Conclusion
La méiose constitue donc un mécanisme générateur
de diversité en raison du brassage génétique réalisé
par un double mécanisme : brassage interchromosomique lors de la
ségrégation indépendante des chromosomes et brassage
intrachromosomique réalisé par les crossing-over. Au cours
de ce brassage, les allèles venant des parents sont redistribués
conduisant à de nouvelles combinaisons alléliques dans les
gamètes. Les mécanismes examinés portant en fait sur
des milliers de gènes comportant souvent de nombreux allèles
échangés par de nombreux crossing over différents,
la méiose est à l'origine d'une diversité génétique
considérable. En outre, lors de la fécondation, la rencontre
au hasard des gamètes, constitue un facteur supplémentaire
de brassage de l'information génétique.
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Partie 2-1 (4 points)
Exploitation de documents (obligatoire et spécialité)
Parenté entre les êtres vivants actuels et
fossiles
D’après Amérique du Nord, juin 2002, II
À l’aide de l’exploitation rigoureuse du document, comparez les
caractéristiques de l’Homme et celles du Chimpanzé pour en
déduire les critères anatomiques d’appartenance à
la lignée humaine.
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Corrigé
Introduction
Il est admis que l’Homme et les singes anthropomorphes ont un ancêtre
commun à partir duquel les deux lignées ont divergé
il y a 8 à 10 millions d’années. Depuis cette période,
la lignée humaine a acquis des caractéristiques morphologiques
et anatomiques nouvelles qui ont largement conditionné l’évolution
de ses autres caractéristiques notamment comportementales. Ces caractéristiques
peuvent être identifiées par la comparaison du squelette humain
avec celui des grands singes comme le Chimpanzé chez lequel cette
acquisition n’a pas eu lieu.
Caractéristiques morphologiques et anatomiques de l’Homme
La principale caractéristique anatomique de l’Homme présentée
dans le document est la posture dressée (station debout) et le déplacement
bipède. Cette acquisition est considérée comme essentielle
dans la mesure où elle a libéré la main de la locomotion
la laissant disponible pour d’autres taches alors que le Chimpanzé
utilise ses quatre membres pour se déplacer dans les arbres (brachiation)
comme au sol (marche quadrupède).
La posture bipède s’accompagne d’une modification de la colonne
vertébrale (4 courbures au lieu d’une seule) et d’une réduction
de la longueur des membres antérieurs par rapport aux membres postérieurs.
Elle est également liée à des modifications du bassin.
Chez le Chimpanzé, la forme du bassin, allongé et la position
de l’articulation du fémur ne permettent pas une station debout
permanente contrairement à l’Homme dont le bassin plus large et
la position de l’articulation sont compatibles avec la bipédie.
La position du trou occipital à la base du crâne, siège
de l’articulation entre la colonne vertébrale et le crâne
est en position antérieure chez l’Homme assurant à l’axe
colonne vertébrale - tête sa position verticale alors que
la place de cet orifice chez le singe est postérieure et plus proche
de celle des quadrupèdes.
La forme du crâne est également différente : la
face du Chimpanzé est très développée au détriment
de la boîte crânienne et est prognathe tandis que chez l’Homme
la face est aplatie et la boîte crânienne présente une
capacité plus de trois fois plus élevée que celle
du singe. Même si le volume cérébral n’explique pas
tout, le développement des capacités intellectuelles de l’Homme
s’est accompagné d’un développement du cerveau.
Enfin, les mâchoires sont différentes avec une arcade
dentaire de forme parabolique chez l’Homme, en forme de U chez le Chimpanzé
avec des canines développées, véritables crocs.
Conclusion
Les caractéristiques anatomiques de la lignée humaine
sont principalement la station debout et le développement du cerveau
qui s’accompagnent de diverses modifications du squelette (crâne,
colonne vertébrale, bassin, membres). C’est pourquoi lorsque des
fossiles présentent ces caractéristiques, ils sont considérés
comme appartenant à la lignée humaine.
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement obligatoire)
Procréation
D’après Amérique du Nord, juin 2002, III
Les associations œstroprogestatives représentent une méthode
de contraception bien tolérée. Les doses hormonales contenues
dans ces pilules ont été considérablement réduites
ces dernières années sans affecter l’efficacité contraceptive.
De nombreuses variétés de pilules sont aujourd’hui disponibles.
Dans la majorité des cas, la pilule est absorbée durant
les 21 premiers jours du cycle menstruel puis une pause de 7 jours est
réalisée (schéma d’administration de 21 jours).
Un schéma d’administration différent est basé
sur une prise quotidienne de cette même pilule durant les 24 premiers
jours du cycle suivie d’un arrêt de 4 jours.
Un laboratoire désirant commercialiser une nouvelle pilule a
réalisé des tests biologiques sur deux populations de femmes
ne présentant aucune pathologie particulière. Une première
population a reçu un traitement contraceptif selon le schéma
classique de 21 jours, l’autre selon le schéma de 24 jours.
À partir de l’analyse rigoureuse des documents et de la mise
en relation des informations recueillies, comparez l’efficacité
contraceptive des deux schémas d’administration proposés.
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Corrigé
Introduction
Il s’agit de déterminer le schéma le plus efficace d’administration
de la pilule entre les deux groupes de femmes. Pour cela, nous commencerons
par identifier les conditions d’une contraception efficace d’après
les documents 3 et 4 pour déterminer ensuite chez quel groupe de
femmes le schéma d’administration est le plus efficace.
Les conditions d’une contraception efficace
Le document 3 montre que la probabilité d’ovulation est liée
à la taille atteinte par les follicules. L’ovulation est peu probable
voire impossible si les follicules ont un diamètre inférieur
à 13 mm alors qu’elle est quasi certaine si le diamètre est
supérieur à 13 mm. En outre, l’activité ovarienne
peut se mesurer en suivant la concentration sanguine en œstradiol et des
valeurs faibles, inférieures à 50 pg.mL-1, sont associées
à certaines stérilités. Ainsi, une contraception qui
se traduirait par un diamètre folliculaire inférieur à
13 mm et des concentrations en œstradiol inférieures à 50
pg.mL-1 peut être considérée comme efficace. Qu’en
est-il chez les deux groupes de femmes étudiés ?
Analyse des résultats
Dans le groupe 1 (schéma d’administration de 21 jours), on constate
que le diamètre des structures folliculaires varie entre 8 mm au
cours du premier cycle sous traitement à environ 15 mm au cours
du troisième cycle sous traitement. Ces valeurs dont les plus élevées
ne garantissent pas une contraception efficace sont associées à
des concentrations en œstradiol faibles, de l’ordre de 10 pg.mL-1 pendant
la plus grande partie des cycles. Toutefois, en début de cycle,
des concentrations d’œstradiol supérieures à 100 pg.mL-1
sont associées à des follicules d’un diamètre de l’ordre
de 15 mm. Il faut noter cependant que lors d’un cycle normal, les concentrations
d’œstradiol sont plus élevées (175 pg.mL-1) et sont associées
à des follicules de diamètre élevé à
la date de l’ovulation ce qui n’est pas le cas chez les femmes du groupe
1. On en déduit que la pilule administrée selon ce schéma
doit être efficace.
Chez les femmes du groupe 2, on constate que tout au long des cycles
sous traitement, le diamètre des structures folliculaires ne dépasse
jamais 10 mm ce qui garantit une contraception efficace puisque l’ovulation
est impossible. En outre, la concentration en œstradiol reste très
basse, toujours inférieure à 50 pg.mL-1, ce qui constitue
une garantie supplémentaire. On en déduit que la contraception
est plus sûre dans ce groupe. On observe de plus que dès l’arrêt
du traitement les paramètres mesurés retrouvent leur valeur
physiologique garantissant la possibilité d’une grossesse alors
que dans le groupe 1 la concentration en œstradiol reste faible.
Conclusion
Ainsi, si le schéma d’administration de 21 jours confère
une contraception efficace, le schéma de 24 jours est plus sûr
et présente de plus l’avantage pour les femmes qui le reçoivent
de permettre une grossesse dès l’arrêt du traitement contrairement
au schéma de 21 jours.
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement de spécialité)
Des débuts de la génétique aux enjeux
actuels des biotechnologies
D’après Inde, juin 2002, spécialité
Des débuts de la génétique aux enjeux actuels des
biotechnologies.
Pour comprendre le déterminisme génétique d’une
maladie héréditaire, la déficience en une protéine
enzymatique, la G6PD, on confronte les informations issues de diverses
techniques d’observation et d’investigation.
Montrez en quoi la confrontation des documents permet de répondre
à l’objectif de la recherche.
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Corrigé
Introduction
Pour identifier le déterminisme génétique de la
transmission de la déficience en G6PD, nous analyserons d’abord
l’arbre généalogique et nous examinerons ensuite si les résultats
obtenus sont compatibles avec les autres données présentées.
Analyse de l’arbre généalogique
L’arbre montre que tous les individus atteints (II-4, III-1, III-2,
III-8, IV-2) sont nés de parents non atteints. On en déduit
que l’allèle responsable de la maladie est récessif puisque,
s’il était dominant, au moins un des parents serait atteint dans
chaque cas. Nous l’appellerons g et l’allèle dominant G. On remarque
en outre que seuls des garçons sont atteints et qu’ils sont tous
nés d’une mère appartenant à la famille où
la maladie existe. Ceci suggère une transmission liée à
l’X. Si cette hypothèse est exacte, les garçons atteints
sont hémizygotes pour le gène de la G6PD et on peut écrire
leur génotype Xg//Y. Ils ont reçu l’allèle g de leurs
mères (I-2, II-2, II-5, III-6) qui sont alors toutes de génotype
XG//Xg et de phénotype non atteint.
Confirmation
Les résultats de l’électrophorèse du document
1 montrent qu’il existe deux isoformes de la G6PD codées par deux
allèles du gène que l’on pourrait appeler GA et GB. Les garçons
ne produisent qu’une isoforme et disposent d’un seul allèle tandis
que les filles peuvent en produire deux et disposent donc de deux allèles.
Ces résultats sont compatibles avec l’hypothèse précédente
d’un gène porté par le chromosome X.
Le document 2 confirme les génotypes prévus pour un allèle
lié au sexe et ne permettant pas la synthèse d’une G6PD fonctionnelle.
Le père I-1 est hémizygote XG//Y et la mère I-2 est
hétérozygote et conductrice XG//Xg. Le fils II-4, atteint,
est hémizygote Xg//Y et a reçu l’allèle déficient
de sa mère. Sa sœur II-6 est hétérozygote et conductrice
XG//Xg. La femme III-4 venant de la population générale est
homozygote XG//XG. Puisque G présente deux formes fonctionnelles,
il y a donc au moins trois allèles de la G6PD, GA, GB et g.
Conclusion
La déficience en G6PD est une maladie d’origine génétique
à transmission récessive liée au sexe. Il existe au
moins trois allèles de la G6PD dont deux, codominants, codent des
enzymes fonctionnelles et un, récessif, ne code pas une enzyme active.
Les garçons sont atteints en grande majorité car une femme
hétérozygote n’est pas atteinte mais peut transmettre l’allèle
déficient à son fils hémizygote chez qui il se traduit
par l’absence de l’enzyme.
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