Partie 1 (10 points) Exposé organisé
de connaissances (obligatoire et spécialité)
Histoire de la Terre
D’après sujet national, septembre 2001, I
À partir de l’exemple de la crise Crétacé-Paléocène,
donnez les caractéristiques et les conséquences des crises
biologiques et indiquez comment elles ont été utilisées
par les géologues.
Corrigé
Introduction
L'histoire de la vie sur la Terre a toujours été marquée
par la disparition et l’apparition d’espèces mais, à différentes
périodes, courtes à l’échelle des temps géologiques,
se sont produites des extinctions massives. Ces extinctions sont interprétées
comme le résultat de crises biologiques majeures dont nous mettrons
en évidence les caractéristiques et les conséquences
à partir de l’étude de la crise Crétacé-Paléocène.
Nous verrons ensuite que ces caractéristiques, communes aux grandes
crises, ont servi aux géologues pour marquer des repères
dans l’histoire de la planète.
Les caractéristiques de la crise Crétacé-Paléocène
On parle de crise biologique si des espèces nombreuses occupant
des milieux différents en différents points de la planète
disparaissent à la même époque révélant
ainsi des modifications écologiques majeures. Diverses observations,
notamment sur les fossiles, montrent que la fin du Crétacé,
qui est aussi la fin de l’ère secondaire, a été marquée
il y a 65 millions d’années par l’extinction de nombreuses espèces
tant dans le milieu marin que dans le milieu continental.
En milieu marin
Une grande partie des organismes planctoniques disparaissent à
la fin du Crétacé comme l’atteste la forte diminution de
la sédimentation carbonatée due à l’accumulation des
tests calcaires dans les fonds marins. Ainsi, la craie, déposée
en quantités considérables au Crétacé, s’est
formée par l’accumulation d’algues calcaires unicellulaires, les
Coccolithophoridés, qui disparaissent à la fin du Secondaire.
Un très grand nombre d’espèces de Foraminifères, protozoaires
planctoniques, disparaissent également, leurs fossiles étant
absents des dépôts postérieurs au Crétacé.
En outre, la diminution du rapport isotopique 13C/12C dans les carbonates
est caractéristique d’une diminution de l’activité de photosynthèse.
Les disparitions massives ne touchent pas seulement le plancton mais
aussi les invertébrés et vertébrés marins.
Ainsi, les Ammonites, mollusques céphalopodes très abondants
pendant l’ère secondaire, sont totalement absentes des terrains
tertiaires. Il en est de même d’autres invertébrés
marins comme certains bivalves (Rudistes et Inocérames). De nombreux
vertébrés marins disparaissent également notamment
les reptiles Mosasaures et Plésiosaures.
En milieu continental
Même si les archives paléontologiques sont généralement
moins riches en milieu continental qu’en milieu marin, des disparitions
massives d’espèces végétales et animales sont repérables.
En ce qui concerne la flore, on constate que plus de 30 % des plantes à
fleurs qui s’étaient largement imposées au Crétacé
s’éteignent et sont transitoirement remplacées par des Fougères
comme le montre le remplacement des pollens de plantes à fleurs
par des spores de Fougères dans les terrains du début du
Paléocène.
Chez les grands animaux, la disparition des Dinosaures est la plus
spectaculaire. Ces reptiles, qui ont dominé l’ère secondaire
en colonisant la plupart des milieux de la planète, disparaissent
totalement à la fin du Crétacé. En revanche divers
autres reptiles et de nombreux mammifères ne disparaissent pas tandis
que les marsupiaux disparaissent presque partout mais se maintiennent en
Australie.
Ces extinctions massives mais sélectives, touchant des espèces
très diverses appartenant à différents milieux, révèlent
une crise biologique majeure. Mais la limite Secondaire-Tertiaire n’est
pas la seule période marquée par une telle crise. On a retrouvé
des signes similaires plusieurs fois au cours des ères primaire
et secondaire avec des conséquences comparables sur l’évolution
du monde vivant.
Conséquences
Les crises biologiques bouleversent les équilibres de la biosphère
et réduisent la biodiversité. Mais on observe ensuite un
nouveau développement de la biodiversité rendu possible,
notamment, par la libération de nombreuses niches écologiques.
Ainsi, dès le début du Tertiaire, les Mammifères,
dont l’importance quantitative et la diversité étaient faibles
au Secondaire, montrent une diversification considérable appelée
radiation adaptative. Comme les Dinosaures au Secondaire, ils vont occuper
des milieux variés avec des représentants marins, terrestres,
volants, etc. Ainsi, une crise biologique permet aux espèces survivantes
de se diversifier en occupant les milieux rendus libres. De nouvelles espèces
en dérivent, rétablissant une nouvelle biodiversité
et de nouveaux équilibres biologiques.
Utilisation par les géologues
Les caractéristiques communes des crises que nous venons de
voir, extinctions massives suivies d’une nouvelle explosion de la biodiversité,
ont amené les géologues à les utiliser comme marqueurs
des temps géologiques. Les fossiles qui ont une extension planétaire,
notamment ceux d’animaux marins, sont de bons marqueurs pour la datation
relative. Par leur caractère global, les crises révèlent
des modifications à l’échelle de la planète et la
disparition simultanée de nombreuses espèces peut être
repérée dans les vestiges sédimentaires. Elles sont
en outre souvent accompagnées d’autres phénomènes
repérables dans les archives géologiques (régression
ou transgression, changements de sédimentation, etc.). C’est pourquoi
on utilise les crises pour marquer de grandes coupures dans les temps géologiques.
Ainsi, la crise Crétacé-Paléocène marque la
coupure entre ères secondaire et tertiaire mais la coupure entre
ères primaire et secondaire ou celle entre Silurien et Dévonien
correspondent aussi à des crises biologiques majeures.
Conclusion
Ainsi, l’exemple de la crise Crétacé-Paléocène
est représentatif d’événements qui, à plusieurs
reprises au cours de l’histoire de la planète, ont bouleversé
l’évolution biologique, d’abord en faisant disparaître de
nombreuses espèces, puis en rendant possible une nouvelle explosion
de biodiversité. Le caractère global de ces crises a conduit
en outre les géologues à les utiliser en pratique pour marquer
certaines grandes coupures des temps géologiques.
Retour à la page du sujet
|
Partie 2-1 (4 points)
Exploitation de documents (obligatoire et spécialité)
Immunologie
D’après Amérique du Nord, juin 1999, II
Les mécanismes de l'immunité font intervenir plusieurs
types de réponses immunitaires, comportant chacune différentes
étapes.
Utilisez les apports du document pour préciser les étapes
du déroulement de la réponse immunitaire mise en évidence
par les expériences réalisées.
Accès aux documents du sujet
Corrigé
Introduction
Parmi les réactions immunitaires acquises, les réactions
à médiation humorale mettent en jeu des anticorps à
la suite d’une succession d’étapes. Le document illustre certaines
caractéristiques de la phase d’induction qui aboutit à la
stimulation et à la multiplication des lymphocytes.
L'induction d'une réponse immunitaire nécessite la détection
d'un antigène par des cellules immunocompétentes spécifiques.
Le document montre qu'il existe dans la population lymphocytaire d'une
souris non immunisée une petite fraction de lymphocytes capables
de reconnaître un antigène donné. En effet, lorsqu'un
antigène Ag1 est fixé sur la gélatine, seuls 0,01
% des lymphocytes se fixent sur la gélatine et ne sont pas éliminés
par le rinçage car ils se lient par leurs anticorps de membrane
à Ag1. De même, in vivo, les lymphocytes B (LB) fixent les
antigènes par leurs anticorps de membrane, permettant ainsi la sélection
des clones immunocompétents.
À la suite de la sélection des clones spécifiques
de LB, la réponse humorale se poursuit si des lymphocytes T auxiliaires
(LT CD4) produisent des interleukines qui provoquent l'expansion clonale
et la différenciation des LB sélectionnés en plasmocytes
sécréteurs d'anticorps. Dans l'expérience du document,
les LB sélectionnés et cultivés en présence
d'interleukines ont donné naissance à de très nombreuses
cellules uniquement dans la chambre où Ag1 a été introduit.
Ceci correspond à l'expansion clonale produite in vivo par les interleukines
des LT CD4.
En revanche, la multiplication des lymphocytes ne s’effectue pas en
présence des antigènes 2 et 3 qui ne sont pas reconnus par
le clone sélectionné car l’action des interleukines s’exerce
sur des cellules immunitaires stimulées par un antigène.
C’est pourquoi seuls les lymphocytes reconnaissant Ag1 se multiplient.
Conclusion
Le document présenté illustre certaines caractéristiques
de la réponse immunitaire à médiation humorale : rareté
et spécificité des différents clones de lymphocytes,
sélection par liaison à un antigène déterminé,
stimulation par les interleukines des clones sélectionnés.
Les LB stimulés donneront ensuite naissance aux plasmocytes sécréteurs
d’anticorps.
Retour à la page du sujet
|
Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement obligatoire)
Procréation
D’après Sportifs de haut niveau, octobre 1996, III
Au cours de la vie d'une femme, le fonctionnement de son appareil génital
varie, si bien que sa fécondité évolue.
En vous limitant aux informations que vous pourrez tirer de l’analyse
des documents, dégagez certaines des causes de cette évolution.
Accès aux documents du sujet
Corrigé
Introduction
La période de fécondité d’une femme est limitée
en moyenne à une trentaine d’années de sa vie. Elle est caractérisée
par une évolution cyclique de l’appareil génital marquée
par l’émission d’un ovocyte (ovulation) au milieu de chaque cycle.
Nous allons essayer d’identifier certaines des causes responsables du démarrage,
de la poursuite et de l’arrêt de la fécondité.
La puberté
Le début de la période féconde est marqué
par la puberté qui se produit pour 90 % des femmes entre 10 et 15
ans (document 1). Avant la puberté, le taux de FSH est faible et
il augmente progressivement au cours de la puberté (document 4a).
Bien que de nombreux ovocytes soient présents dans les ovaires (document
1), il n’y a pas de cycle ni d’ovulation. En effet, le fonctionnement de
l’appareil génital est contrôlé par les hormones hypophysaires
FSH et LH et l’ovulation ne peut se déclencher que si ces hormones
stimulent suffisamment l’ovaire. Le taux de FSH nécessaire est atteint
progressivement au cours de la puberté.
Le fonctionnement cyclique
Après la puberté, le fonctionnement cyclique est en place.
La sécrétion de FSH qui stimule la croissance folliculaire
présente un maximum au moment de l’ovulation chez la femme adulte
(document 4b). Toutefois, l’appareil génital met quelques années
à atteindre son fonctionnement optimal comme le montre le document
2 : il faut environ 15 ans pour que le pourcentage de cycles sans ovulation
passe de 60 % à moins de 10 %. C’est aussi à cet âge
(25/29 ans) que les femmes ont le plus d’enfants. Parallèlement,
le taux de FSH avant l’ovulation augmente. Par son action sur les follicules,
la FSH facilite l’ovulation. Cependant, la période féconde
s’étend jusqu'à près de 50 ans comme le montre le
document 3 et la majorité des femmes ont leur dernier enfant entre
40 et 44 ans. La tranche d’âge 25/29 ans montre une fécondité
à peine supérieure à celles qui l’encadrent. La période
féconde dure environ 30-35 ans.
La ménopause
Vers l’âge de 50 ans, on constate que le nombre d’ovocytes devient
très faible (document 1), que le pourcentage de cycles anovulatoires
augmente (document 2) et qu’il n’y a plus de naissance (document 3). Parallèlement,
on observe une augmentation du taux de FSH au moment de l’ovulation (document
4). La disparition des ovocytes est peut-être à l’origine
de cette augmentation : en absence d’ovocytes, il n’y a pas de follicules
sécréteurs d’œstrogènes et donc pas de rétroaction
négative sur la sécrétion de FSH qui peut s’emballer.
Conclusion
L’évolution de la fécondité chez la femme est
donc en partie contrôlée par le fonctionnement hypophysaire
mais elle dépend aussi d’autres facteurs comme le nombre d’ovocytes
dans l’ovaire.
Retour à la page du sujet
|
Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement de spécialité)
Des débuts de la génétique aux enjeux
actuels des biotechnologies
D’après sujet national, septembre 1999
À partir de l'étude de l'arbre généalogique,
justifiez le génotype ou les génotypes possibles de l'individu
11, puis montrez, en utilisant les résultats du test de Southern,
que l'on peut prédire le génotype et le phénotype
de l'enfant à naître portant le numéro 16.
Accès aux documents du sujet
Corrigé
Introduction
Les informations apportées par l'analyse d'un arbre généalogique
précisées par une analyse de l'ADN permettent souvent d’établir
le génotype des membres d’une famille et de prévoir dans
certains cas le génotype d’un enfant à naître.
Document 1
Parmi les parents du garçon 11, on connaît le génotype
du père 12, b//c (deux allèles codominants b et c du gène
S qui s'expriment simultanément) correspondant au phénotype
[bc] noté en gris. La mère, 3, de phénotype [b] peut
être de génotype b//b ou b//a puisque b est dominant sur a
(b>a) et s'exprime seul dans ce cas donnant le phénotype noté
en noir. Il en est de même de ses parents 1 et 2. En conséquence,
le fils 11 de phénotype [b] peut être homozygote b//b ou hétérozygote
b//a sans que l'on puisse trancher par l'examen de l'arbre généalogique.
La technique de Southern permet d'assigner précisément leur
génotype aux différents membres de la famille à l'exception
de la mère 15 qui est de phénotype [a] et donc de génotype
homozygote a//a puisque a est récessif.
Document 2
Le test de Southern permet d'identifier des fragments d'ADN correspondant
aux trois allèles a, b et c et donc de préciser le génotype
des parents. Le profil de restriction de l'ADN du père 11 présente
une seule bande correspondant à l'allèle b. L'étude
de l'arbre généalogique avait montré que le père
était soit de génotype b//a soit de génotype b//b.
La présence d'un seul allèle b indique que le père
11 est homozygote b//b. Comme la mère 15 est homozygote a//a, l'enfant
à naître 16 est nécessairement hétérozygote
b//a et donc de phénotype [b] noté en noir puisque b est
dominant sur a.
Conclusion
L'analyse de l'ADN permet d'établir directement les génotypes,
sans ambiguïté. Elle confirme et complète les génotypes
tirés de l'analyse de l'arbre généalogique et permet
ici de prévoir le génotype du fœtus.
Retour à la page du sujet
|