Partie 1 (10 points) Exposé organisé
de connaissances (obligatoire et spécialité)
La procréation
D'après Polynésie, juin 2001, I
Chaque cycle sexuel est marqué par la fin de la maturation d’un
follicule ovarien qui conduit à l’ovulation.
Expliquez comment la variation du taux des hormones ovariennes est
responsable de ces deux étapes.
La réponse sera illustrée de schéma(s) fonctionnel(s).
Corrigé
Introduction
L’évolution cyclique de l’ovaire qui contrôle par ses
hormones l’évolution des effecteurs au cours du cycle dépend
de la sécrétion des gonadostimulines hypophysaires, FSH et
LH. Mais cette sécrétion est elle même contrôlée
en retour par les hormones ovariennes. Nous montrerons qu’au cours de la
phase folliculaire du cycle, les hormones ovariennes contrôlent l’axe
hypothalamohypophysaire par une rétroaction d’abord négative
qui devient positive vers le milieu du cycle provoquant l’apparition de
la décharge ovulante de LH qui déclenche l’ovulation.
Rétroaction négative
Au cours de la phase folliculaire du cycle, un follicule ovarien se
développe. Les cellules sécrétrices d’œstrogènes
se multiplient principalement sous l’action de la gonadostimuline hypophysaire
FSH et le taux sanguin des hormones ovariennes, principalement de l’œstradiol,
augmente progressivement. Les œstrogènes, alors encore en faible
concentration, freinent l'axe hypothalamohypophysaire aboutissant à
de faibles variations de la concentration sanguine en gonadostimulines.
C’est une rétroaction négative. Le schéma ci-dessous
résume ce mécanisme de contrôle. |
Partie 2-1 (4 points)
Exploitation de documents (obligatoire et spécialité)
Histoire de la Terre
D'après Sujet national, septembre 1999, II
À partir des renseignements tirés de l'analyse du document,
précisez ce qu'est une crise biologique.
Montrez en quoi les caractéristiques de la limite Crétacé
- Paléocène correspondent à celles d'une crise.
Voir les documents du sujet
Corrigé
Introduction
On appelle crise biologique, une période, courte à l'échelle
géologique, au cours de laquelle un grand nombre d’espèces
s’éteignent simultanément dans divers milieux. L'analyse
des documents va nous permettre d'en préciser les caractéristiques
générales avant d'examiner plus particulièrement celles
de la crise Crétacé - Paléocène (crise KT).
Évolution du nombre de familles d'animaux marins
Le document qui montre l'évolution du nombre de familles d'animaux
marins au cours des temps géologiques, met en évidence une
tendance générale à l'accroissement entrecoupée
de périodes de chute brusque, suivies d'une augmentation rapide.
Ainsi, à partir d'une cinquantaine de millions de représentants
au pré-Cambrien il y a 600 millions d'années (Ma), on arrive
aujourd'hui à près de 900 millions de familles. Chaque famille
comportant de multiples genres et espèces, la tendance générale
est une augmentation continue et correspond donc à une diversification
des espèces. Celle-ci s'accélère à la suite
des épisodes du Dévonien (- 360 Ma), du Permien (- 270 Ma)
et du Crétacé (- 65 Ma) où le nombre de familles a
considérablement chuté dans le milieu marin traduisant une
extinction massive des espèces marines.
Évolution du taux d'extinction des animaux marins
Le document montre également l'évolution du taux d'extinction
des animaux marins du Permien à l'actuel. On constate que le taux
d'extinction présente une sorte de "bruit de fond" entre 0 et 4
% entrecoupé de périodes où il atteint des pics durant
une dizaine à quelque 25 Ma. Si deux de ces pics correspondent à
deux périodes d'extinction massive identifiées précédemment,
celle du Permien et celle du Crétacé, le pic à 10
% à la fin du Trias a eu moins de conséquences sur le nombre
de familles que le pic du Crétacé qui atteint pourtant seulement
7 %. On en déduit que les périodes d'extinction massive identifiées
ci-dessus résultent de la conjonction d'un taux d'extinction élevé
avec des causes extérieures vraisemblablement liées à
l'environnement. Le milieu marin présentant des conditions relativement
stables, la disparition de familles entières d'animaux révèle
des changements majeurs et dramatiques de l'environnement.
Le document confirme l’existence d’extinctions massives à l'échelle
mondiale au cours de l'histoire de la vie suivies d’une diversification
rapide des espèces survivantes.
La crise KT
À la fin du Crétacé il y a 65 millions d'années,
des groupes entiers comportant un grand nombre d’espèces ont disparu
tant en milieu continental (dinosaures) qu'en milieu marin (ammonites,
rudistes) où les microorganismes ont également été
atteints (foraminifères, coccolithophoridés) même si
certaines espèces ont survécu, notamment des foraminifères
benthiques. La productivité biologique a considérablement
chuté à cette période marquée également
par d'importantes variations du niveau de la mer et par l'existence d'une
couche géologique riche en iridium dans certaines régions.
Au Paléocène, comme après les autres crises identifiées,
on a constaté une diversification avec notamment l'explosion mammalienne
et celle des plantes à fleurs. Ces événements vérifient
les critères d'une crise exposés dans la première
partie.
Conclusion
Ainsi, la crise de la fin du Crétacé est représentative
des crises biologiques comme celles du Dévonien et du Permien mais
ces crises n'ont pas entravé la tendance à l'expansion et
à la diversification du vivant qui reprend après une crise.
Cependant, le problème de leurs causes reste en discussion parmi
les chercheurs.
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement obligatoire)
Stabilité et variabilité des génomes
D'après Polynésie, juin 2000, III
La Drosophile est une petite mouche très utilisée pour
l'étude de la transmission des caractères génétiques.
À partir de l'exploitation rigoureuse et de la mise en relation
des 3 documents proposés, montrez qu'il est possible de mettre en
évidence l'existence de brassages génétiques au cours
de la méiose chez la Drosophile.
Voir les documents du sujet
Corrigé
Introduction
Au cours de la formation des gamètes se produit la méiose,
ensemble de deux divisions précédées d'une seule biosynthèse
d'ADN donnant des cellules haploïdes. Au cours de la méiose,
les allèles portés par les chromosomes homologues descendant
des gamètes parentaux sont redistribués entre les cellules
filles haploïdes. On appelle ce phénomène brassage génétique.
Nous montrerons que les informations tirées des documents
permettent d'identifier un brassage interchromosomique, lié à
la ségrégation indépendante des chromosomes, et un
brassage intrachromosomique, lié à des échanges de
segments chromosomiques entre chromatides sœurs. Il en résulte la
formation de nouvelles combinaisons alléliques pouvant conduire
à des génotypes et à des phénotypes différents
de ceux des parents.
Gènes et allèles considérés dans les
croisements
Les croisements présentés dans le document 2 concernent
des gènes que l'on peut localiser sur la carte chromosomique du
document 1. Les mutations black et cinnabar concernent deux gènes,
contrôlant respectivement la couleur du corps et celle de l'œil,
situés sur le même chromosome, le chromosome II, à
9 centimorgans de distance l'un de l'autre. Il s'agit donc de gènes
liés puisque situés sur un même chromosome. En revanche,
la mutation cardinal, qui concerne un autre gène contrôlant
la couleur de l'œil, se trouve sur le chromosome III. Ainsi, les allèles
black/corps sauvage et cardinal/œil normal, correspondent à des
gènes indépendants puisque situés sur des chromosomes
différents.
Brassage interchromosomique
Le brassage interchromosomique est révélé par
les croisements réalisés entre souches qui diffèrent
par les allèles de gènes indépendants. En effet, dans
ce cas, lors de la méiose, les gènes ont le même comportement
que les chromatides individuelles et les différents allèles
se répartissent de manière équiprobable dans les gamètes.
Considérons la deuxième série de croisements où
sont en cause les mutations black et cardinal. La génération
F1 étant entièrement sauvage, les deux allèles mutés
sont récessifs par rapport aux allèles sauvages correspondants.
En effet, les mouches P1 sont homozygotes pour black (c'est indiqué
dans le texte) et pour cardinal puisqu'il s'agit d'un allèle récessif
qui s'exprime. Quand elles sont croisées avec des mouches sauvages,
la génération F1 qui en résulte présente un
phénotype sauvage, ce qui montre que les parents sauvages étaient
homozygotes. Les descendants F1 doivent avoir un génotype hétérozygote
puisqu'ils reçoivent de leurs parents un allèle sauvage et
un allèle muté de chacun des deux gènes. Le croisement
F1 x P1, qui est un croisement test (croisement en retour) le confirme.
On obtient quatre phénotypes en proportions semblables (corps sauvage,
œil sauvage ; corps black, œil sauvage ; corps sauvage, oeil cardinal ;
corps black et œil cardinal) traduisant la répartition au hasard
dans les cellules filles des chromosomes homologues lors de la première
division et des chromatides sœurs lors de la seconde.
Les croisements effectués peuvent être résumés
de la façon suivante :
Black : bl+>bl ; cardinal : cd+>cd
Premier croisement : P1 X Sauvage
Génotypes : bl//bl ; cd//cd
bl+// bl+ ; cd+//cd+
Phénotypes : [bl, cd]
[bl+, cd+]
Gamètes :
bl, cd ; 100 % bl+,
cd+ ; 100 %
F1 :
Génotype : bl+// bl ; cd+//cd
Phénotype : [bl+, cd+]
Croisement test : F1 X P1
Génotypes : bl+// bl ; cd+//cd bl//bl ; cd//cd
Phénotypes : [bl+, cd+]
[bl, cd]
Gamètes (gènes indépendants) :
Gamètes F1 :
bl+, cd+ ; bl+, cd ; bl, cd+ ; bl, cd (4 x 25 %)
Gamètes P1 :
bl, cd (100 %)
Résultats :
Génotypes : bl+// bl, cd+//cd ; bl+// bl, cd//cd ; bl//bl, cd+//cd
; bl//bl, cd//cd (4 x 25 %)
Phénotypes : [bl+, cd+] ; [bl+, cd] ; [bl, cd+] ; [bl, cd] (4
x 25 %)
Les proportions attendues des quatre phénotypes étant
égales aux proportions observées, elles confirment la ségrégation
indépendante des chromosomes II et III qui portent les gènes
considérés.
Brassage intrachromosomique
La première série de croisements concernant des gènes
liés illustre le brassage intrachromosomique. La distance de 9 centimorgans
entre les locus des deux gènes donnée par la carte génétique
indique que le pourcentage de recombinaison atteint 9 %. Lors d'un croisement
test (effectué entre hétérozygotes pour les deux gènes
black et cinnabar et doubles homozygotes), la recombinaison des gènes
situés sur un même chromosome confirme que des échanges
de segments chromosomiques se sont produits lors de la prophase I de la
méiose chez les individus F1 puisque de nouvelles combinaisons d'allèles
se manifestent (corps noir, œil normal ; corps normal, œil rouge). Si on
obtient 8 % de recombinants au lieu des 9 % indiqués par la carte,
c'est parce que le pourcentage observé est toujours légèrement
sous évalué à cause des doubles crossing-over qui
ne se manifestent pas dans le phénotype. La fréquence des
recombinaisons est bien proportionnelle à la distance entre les
locus des deux gènes, caractéristique à la base de
la construction de la carte génétique. En outre, le document
3 montre, sur une photographie prise au microscope, les échanges
de segments chromosomiques qui se produisent lors de la prophase I. Le
cliché montre un bivalent, ensemble de deux chromosomes homologues
réunis lors de la prophase I. Le bivalent comporte quatre chromatides
identiques deux à deux puisque résultant de la réplication
de l'ADN avant la méiose. Des chiasmas, entrecroisements des chromatides
sœurs, sont visibles. Les échanges entre chromatides sœurs, les
crossing-over, à l'origine de la recombinaison des gènes
situés sur un même chromosome se produisent à ce niveau.
La figure ci-dessous schématise un bivalent lors de la prophase
I de la méiose avec un crossing over entre les deux gènes
liés bl+//bl et cn+//cn représentés par A//a et B//b
et leur destinée ultérieure. |
Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents (enseignement de spécialité)
Des débuts de la génétique aux enjeux
actuels des biotechnologies
D'après Sujet national, juin 2000 spécialité
Corentin, fils d'Alain et de Béatrice, est atteint de retard
mental. Le couple attend un second enfant et souhaite savoir s'il sera
affecté du même retard mental que son frère. Une analyse
d'ADN est pratiquée. Le résultat est donné par le
document 3.
À partir des informations tirées des trois documents,
précisez l'origine biochimique de la déficience de Corentin
et faites un diagnostic pour l'enfant à naître.
Voir les documents du sujet
Corrigé
Introduction
L'analyse de l'ADN, notamment par la méthode de Southern, permet
d'identifier, dès avant la naissance, certaines anomalies génétiques
à l'origine de pathologies graves. Après avoir déterminé
les causes génétiques et les mécanismes biochimiques
à l'origine du retard mental de l'enfant, un diagnostic fondé
sur l'analyse de l'ADN pourra être établi pour le fœtus.
Origine génétique du retard mental de Corentin
Les résultats des dosages sanguins du document 1 montrent que
le retard mental est associé à une suractivité de
l'enzyme 2 de la chaîne de biosynthèse des purines, une enzyme
qui catalyse la transformation de la phosphoribosylamine en glycinamide
ribonucléotide. Cette suractivité semble liée à
la présence de trois exemplaires du fragment 21 q 22.1 du chromosome
21, donc à trois exemplaires du gène Gart puisque la carte
cytogénétique du document 1 montre que le locus du gène
Gart correspond à la bande 21 q 22.1. Lorsqu'il n'existe que deux
exemplaires de ce fragment chromosomique, l'activité de l'enzyme
2 est plus faible et il n'y a pas de retard mental. Les résultats
du test de Southern présentés sur le document 3 confirment
l'existence chez Corentin de trois exemplaires du gène Gart, c'est
à dire de trois allèles. Un a été reçu
de sa mère, un de son père et le troisième peut venir
de l'un ou l'autre. Ils correspondent à trois fragments 21 q 22.1
différents. La présence de trois exemplaires d'un même
fragment chromosomique suggère que Corentin possède de l'ADN
en excès à l'origine de sa maladie.
Quelles sont les conséquences biochimiques de cette anomalie
génétique ?
Anomalies des neurones liées à la biosynthèse
des purines
Les dosages sanguins montrent que la suractivité de l'enzyme
2 est associée à une augmentation du taux sanguin de purines
de l'ordre de 50 % par rapport à l'activité normale. Or,
comme l'indiquent les résultats des cultures présentés
au document 2, le fonctionnement correct des neurones dépend de
la concentration en purines. Lorsque le milieu est enrichi en purines (culture
1), les neurones dégénèrent. Un excès de purines
conduit donc à la mort neuronale. Inversement, les cellules ayant
perdu la capacité à fabriquer des purines, par exemple par
mutation de l'enzyme 2 (culture 2, cellules CHO), dégénèrent
si on ne leur fournit pas de purines dans le milieu. En revanche, les hybridomes
réalisés avec les cellules CHO et les cellules humaines subsistent
lorsqu'ils conservent le chromosome humain 21, donc lorsqu'ils sont en
mesure de fabriquer une enzyme 2 normale.
En résumé, chez l'enfant atteint, un exemplaire en surnombre
du gène Gart conduit à un excès d'enzyme 2 responsable
d'une synthèse excessive de purines. L'excès de purines est
à l'origine de la mort de neurones dans le système nerveux
central qui explique le retard mental affectant l'enfant Corentin.
Diagnostic de l'enfant à naître
Le document 3 présente les résultats du test de Southern
effectué chez les membres de la famille. On constate que le fœtus
possède deux exemplaires du gène Gart correspondant à
deux allèles différents, l'un reçu de son père,
l'autre de sa mère, donc deux fragments 21 q 22.1. On en déduit
que l'enzyme 2 chez cet enfant aura une activité normale (100 u.a.)
conduisant à un taux de purines normal, de l'ordre de 79 mmol.L-1.
Il ne présentera donc pas de retard mental puisque ce dernier apparaît
seulement lorsque sont présents trois exemplaires de 21 q 22.1 dans
son génome.
Conclusion
Le défaut génétique conduisant au retard mental
chez Corentin est absent chez le fœtus. L'anomalie correspond à
la présence d'ADN en excès conduisant à une synthèse
excessive de purines responsable de la mort des neurones. Il pourrait donc
s'agir d'une trisomie 21 à l'origine d'un Syndrome de Down (Mongolisme)
ou d'une duplication de la bande 21 q 22.1 dans le génome des malades.
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