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Préparation au bac 2003
SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE
- Série S -
Corrigé sujet 12
(En raison de l'absence de sujet
des années précédentes due au changement de programme
en SVT intervenu à la rentrée 2002, les sujets ci-dessous
destinés à la préparation du bac 2003 ont été
reconstitués arbitrairement à partir de sujets des années
précédentes ou de sujets inédits. L'équilibre
des thèmes et des questions est en accord avec les instructions
officielles. |
Partie 1 (10 points) Exposé organisé
de connaissances (obligatoire et spécialité)
Méiose et fécondation ; stabilité
et variabilité des génomes ; évolution
D'après centres étrangers groupe 1, juin 2001
En vous appuyant sur un exemple de cycle biologique, montrez comment
est assuré le maintien de la formule chromosomique d’une génération
à l’autre chez un organisme diploïde.
Votre exposé sera illustré de schémas explicatifs
en choisissant, pour simplifier, 2n = 6.
Corrigé
Introduction
On appelle cycle biologique la succession des étapes suivies
par les organismes depuis la formation de l'œuf jusqu'à l'état
adulte caractérisé par la production de gamètes à
l’origine d’une nouvelle génération. Chaque espèce
possède une formule chromosomique déterminée qui,
chez les organismes diploïdes, comporte un nombre pair de chromosomes
symbolisé par la formule 2n. Après avoir présenté
le cycle biologique des mammifères, nous montrerons dans le cas
d’une formule chromosomique 2n = 6 que le nombre de chromosomes est maintenu
constant au cours des générations par deux mécanismes
complémentaires, la méiose qui assure la production de gamètes
haploïdes et la fécondation qui rétablit l’état
diploïde dans l’œuf.
Un exemple de cycle biologique
Chez les mammifères, tous les individus sont formés de
cellules diploïdes issues par mitoses de l’œuf ou zygote dont le noyau
comporte 2n chromosomes, homologues deux à deux. En effet, les chromosomes
du zygote proviennent pour moitié du gamète mâle et
pour moitié du gamète femelle qui sont des cellules haploïdes,
c’est à dire à n chromosomes. Au cours de la vie d'un mammifère
on peut donc distinguer deux phases successives, une phase haploïde,
représentée par les gamètes et une phase diploïde
qui commence avec la formation de l’œuf. La transition entre diplophase
et haplophase se fait lors de la méiose, mécanisme assurant
la réduction de moitié du nombre de chromosomes dans les
gamètes tandis que la transition entre haplophase et diplophase
se fait lors de la fécondation qui se termine par la fusion des
noyaux des gamètes rétablissant ainsi l’état diploïde
dans l’œuf.
Le schéma ci-dessous résume le cycle biologique d'un
mammifère.

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| Les deux événements fondamentaux qui permettent de maintenir
la formule chromosomique au cours des générations sont donc
la méiose et la caryogamie dont nous allons examiner maintenant
les modalités.
La fécondation
Si toutes les cellules d’un mammifère à l’exception des
gamètes comportent 2n chromosomes, c’est parce qu’elles dérivent
toutes de l’œuf, cellule à 2n chromosomes formée lors de
la fécondation par la fusion cytoplasme à cytoplasme et noyau
à noyau de deux gamètes haploïdes selon le schéma
ci-dessous.

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| Si les gamètes provenaient de l’œuf par de simples mitoses,
ils comporteraient 2 n chromosomes et le nombre de chromosomes doublerait
à chaque génération. Mais il existe un mécanisme
compensateur, la méiose, qui conduit à la réduction
par deux du nombre de chromosomes dans les gamètes. Ainsi, la fécondation
se produit entre cellules haploïdes et rétablit l’état
diploïde dans l’œuf.
Méiose
La méiose se déroule dans les gonades lors de la gamétogenèse.
Au cours de la méiose, une cellule diploïde donne naissance
à quatre cellules haploïdes à la suite de deux divisions
cellulaires précédées d'une seule synthèse
d'ADN. La première division de la méiose est réductionnelle
: elle fait passer le nombre de chromosomes de 2 n à n dans les
deux cellules filles tandis que chaque chromosome est alors formé
de deux sous unités identiques, les chromatides, résultant
de la réplication du matériel génétique lors
de la phase S de l’interphase. La seconde division, qui intéresse
les deux cellules précédentes est équationnelle :
elle donne naissance à quatre cellules filles dans lesquelles se
répartissent également les chromatides précédentes.
Ainsi, les cellules formées ne comportent que n chromosomes.
La figure ci-dessous montre l'évolution des cellules et des
chromosomes contenus dans les noyaux au cours de la méiose.

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Conclusion
Le maintien de la formule chromosomique au cours du cycle biologique
des mammifères et des autres organismes à phase diploïde
prédominante résulte de la succession de deux phénomènes,
la méiose qui divise par deux le nombre de chromosomes et assure
la formation de gamètes haploïdes et la fécondation
qui rétablit l’état diploïde lors de la formation de
l’œuf à l’origine d’un nouvel organisme.
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Partie 2-1 (4 points)
Exploitation de documents et connaissances (obligatoire et spécialité)
Histoire de la Terre
D'après Inde, Avril 2000
Identifier une crise biologique suppose que l'on repère dans
les couches géologiques des modifications synchrones affectant,
sur l'ensemble du globe, les espèces du milieu continental et du
milieu marin.
Relevez de tels faits rapportés dans le document proposé
et expliquez pourquoi on peut parler de crise Crétacé-Paléocène.
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Corrigé
Introduction
On parle de crise biologique quand des indices existent dans les couches
géologiques d'une disparition massive d'espèces, à
l'échelle mondiale et dans différents milieux, ce qui suppose
de profonds changements écologiques, rapides à l'échelle
des temps géologiques puisque ne laissant pas aux espèces
affectées le temps de s'adapter. L'histoire de la Terre a été
marquée par de nombreuses crises biologiques à l'issue desquelles
diverses espèces ont disparu tandis que de nouvelles prenaient leur
place en se diversifiant à partir des espèces survivantes.
La crise Crétacé-Paléocène en est un exemple
dont nous rechercherons les indices dans le document.
Analyse du document
Des sites géographiquement différents montrent des indices
de changements écologiques majeurs au même moment, à
la limite Crétacé-Paléocène. Ainsi, dans le
Nord de l'Amérique (Dakota) et dans le Sud de l'Europe (Espagne),
un changement de sédimentation intervient à la même
période. En Espagne, une couche d'argile remplaçant des sédiments
riches en carbonates d'origine biologique est l'indice d'une chute de la
productivité biologique due à la disparition de micro-organismes
marins comme les Foraminifères. Dans le Dakota, la présence
d'une couche de charbon intercalée entre des sédiments crétacés
de plaine côtière et des sédiments marins atteste,
elle aussi, d'un changement écologique important et de variations
du niveau de la mer. En effet, les deux régions seront recouvertes
simultanément par la même mer au début du Paléocène
car une même espèce de Foraminifères, Globigerina pseudobulloïdes,
a été fossilisée dans les deux sites. Ceci suppose
l'existence d'une transgression marine puisque l'un des deux sites était
continental avant la fin du Crétacé. D'autre part, certaines
espèces de Foraminifères ont survécu à la crise
et se répandent sur de grandes distances.
Le document montre également que la crise a affecté à
la fois le milieu continental et le milieu marin. En milieu continental,
les Triceratops du Dakota disparaissent après la limite Crétacé-Paléocène.
De plus, aucun fossile de Dinosaure postérieur au Crétacé
n'est connu. Un groupe entier de Vertébrés a donc disparu.
Le milieu marin est lui aussi affecté puisque de nombreux Foraminifères,
animaux planctoniques, disparaissent à la même période.
En outre, la sédimentation carbonatée cesse à la limite
Crétacé-Tertiaire où elle est remplacée par
des argiles, comme on l'a vu, traduisant l'impact dramatique des changements
écologiques, le milieu marin présentant en général
des variations plus lentes que le milieu continental. La sédimentation
calcaire ne reprendra qu'au Paléocène. Enfin, on sait que
le changement de conditions a été relativement bref à
l'échelle géologique même si aucun repère de
temps n'est disponible sur le document.
Des changements de cette ampleur affectant les milieux les plus divers
dans des régions éloignées de la planète supposent
une variation brusque à l'échelle géologique des conditions
écologiques subies par les organismes. En effet, bien que des extinctions
se soient produites en permanence au cours de l'histoire de la vie, les
extinctions massives sont des événements rares (une dizaine)
et brefs.
Conclusion
Ainsi, des indices concordants montrent que s'est produite une crise
biologique majeure à la limite Crétacé-Paléocène.
Marquée par la disparition de 60 à 75 % des espèces
vivantes, elle est considérée comme liée à
des changements écologiques majeurs à l'échelle de
la planète.
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents et méthodes (enseignement obligatoire)
Parenté entre les êtres vivants actuels et
fossiles, phylogenèse, évolution
D'après centres étrangers, groupe 1, juin 2000
D'après l'étude des homologies moléculaires, l'Homme
actuel et le Chimpanzé sont de proches parents dont les lignées
se seraient séparées, il y a 8 millions d'années (-
8 Ma). Les restes fossiles, bien que fragmentaires et disparates, permettent
de valider cette hypothèse de séparation à partir
d'une souche commune.
Les fossiles se succédant au cours du temps suggèrent
une acquisition progressive des caractéristiques de l'Homme actuel
à partir de cette souche commune : c'est l'hominisation.
À partir de l'étude des documents proposés, dégagez
quelques caractéristiques de l'hominisation et situez-les dans le
temps quand cela est possible.
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Corrigé
Introduction
L'hominisation, acquisition des caractéristiques de l'espèce
humaine, semble avoir été progressive comme en attestent
les fossiles de cette lignée issue d'un ancêtre commun avec
les grands singes. Les documents proposés permettent de caractériser
deux grandes étapes de l'hominisation, l'acquisition de la bipédie
et le développement du cerveau que nous examinerons successivement.
Document 1
Le document 1 présente la datation de quelques fossiles de la
lignée humaine. Nous l'utiliserons pour dater les étapes
de l'hominisation identifiées par l'exploitation des autres documents.
Document 2
Le document présente des fragments d'humérus (os du bras)
et de tibia (os de la jambe) chez trois primates, le chimpanzé,
un australopithèque et l'homme actuel. L'articulation du coude chez
le chimpanzé montre une structure caractéristique de la marche
de ces animaux qui se déplacent à quatre pattes en appuyant
les phalanges des mains sur le sol. Au contraire, chez l'australopithèque
et l'homme, cette structure est absente, ce qui indique l'absence d'appui
sur les bras lors de la marche. De même, chez l'australopithèque
et chez l'homme, la largeur de l'extrémité supérieure
du tibia avec sa plus grande épaisseur d'os spongieux est caractéristique
de la bipédie car elle indique que tout le poids du corps est porté
par les jambes. Ces données suggèrent que l'acquisition de
la bipédie, première caractéristique de l'hominisation
à être apparue, était réalisée chez l'australopithèque,
A. anamensis, il y a 4,2 Ma.
Document 3
Le document 3 présente les têtes osseuses des trois espèces
précédentes. On constate que le volume crânien de l'australopithèque
restait du même ordre de grandeur que celui du chimpanzé mais
les dents présentaient déjà des caractéristiques
humaines avec des petites canines alors que le chimpanzé a de grandes
canines qui dépassent de la mâchoire. Ainsi, outre la bipédie,
l'australopithèque présentait un autre caractère humain,
les dents, indiquant une alimentation plus proche de celle de l'homme que
de celle du chimpanzé dès - 4,2 Ma. Cependant, son volume
crânien n'était pas plus élevé que celui du
chimpanzé et l'augmentation du volume cérébral n'est
devenue notable qu'à partir de Homo habilis il y a quelque 2 Ma
pour se poursuivre jusqu'à H. sapiens actuel avec environ 1 400
cm3.
Conclusion
Les données proposées suggèrent que les caractéristiques
de l'hominisation, comme la bipédie, la denture et le développement
du cerveau ne sont pas apparues simultanément dans la lignée
humaine. La bipédie et les premiers signes de denture humaine étaient
déjà présents chez les australopithèques comme
A. anamensis il y a au moins 4,2 Ma tandis que le volume du cerveau, peu
différent chez les australopithèques et chez les grands singes,
était en revanche déjà significativement augmenté
chez H. habilis, il y a 2 Ma et a continué à augmenter jusqu'à
aujourd'hui en même temps que se développait la culture (pierre
taillée, feu, art).
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents et méthodes (enseignement de spécialité)
Du passé géologique à l'évolution
future de la planète
D'après centres étrangers, juin 2000
Utilisez les données concernant les sites et les tableaux relatifs
aux préférences écologiques des animaux et végétaux
actuels pour reconstituer les environnements dans lesquels ont vécu
chacun de ces trois groupes d'hommes, H1, H2 et H3.
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Corrigé
Introduction
L'identification des restes des espèces animales et végétales
associés à des populations humaines anciennes permet de reconstituer
les environnements dans lesquels ces homme vivaient car l'on considère
que les espèces anciennes avaient les mêmes préférences
écologiques que les espèces actuelles correspondantes. C'est
le principe de l'actualisme. C'est ce principe que nous allons mettre en
œuvre pour reconstituer l'environnement dans lequel vivaient les groupes
humains H1, H2 et H3.
Groupe H1
Le groupe H1, le plus ancien, vivait il y a 700 000 ans dans des huttes.
Le diagramme pollinique montre majoritairement du châtaignier associé
à du pin, à du bouleau, à du chêne et à
du saule parmi les arbres et, parmi les plantes herbacées, une majorité
de graminées associées à des composées. Ce
profil pollinique est caractéristique d'un climat tempéré.
Les pollens sont également caractéristiques d'un milieu de
steppes sèches puisque la présence simultanée des
graminées et des composées est caractéristique d'un
climat chaud et sec. Le groupe H1 devait donc vivre dans un environnement
tempéré chaud marqué par un paysage de forêts
et de steppes sèches. Leurs abris, de simples huttes, étaient
compatibles avec un tel climat.
Groupe H2
Le groupe H2, qui connaissait le feu comme l'indique le texte, occupait
une caverne. Dans son environnement vivaient des grands mammifères
(bisons, chamois, chevaux, hémiones, aurochs) et des hyènes
des cavernes. La présence simultanée du bison, du chamois,
du cheval et de l'hémione caractérise un climat tempéré
froid. L'auroch et l'hyène des cavernes sont également caractéristiques
d'un climat froid. La grotte devait ainsi servir d'abri, le feu permettant
de lutter contre le froid et de cuire la nourriture. En outre, les grands
mammifères dont on a retrouvé les restes fossiles sont caractéristiques
d'un milieu ouvert, steppes et prairies, comme il en existe en milieu froid.
Groupe H3
Le diagramme de répartition des proies des rapaces, connu par
leurs pelotes de réjection, permet d'identifier les petits animaux
qui existaient dans l'environnement du groupe H3. Il montre majoritairement
du lemming à collier et du campagnol des steppes associés
à du campagnol des champs, du rat taupier, du mulot sylvestre et
de la marmotte, beaucoup moins abondants. Pour certaines de ces espèces,
leur rareté dans les pelotes ne signifie pas nécessairement
qu'elles étaient peu abondantes mais peut refléter leur mode
de vie (rat taupier, marmotte). Le groupe H3 vivait dans un climat froid
comme le montrent l'abondance des lemmings et des marmottes. En outre,
le lemming et les autres espèces sont caractéristiques de
milieux ouverts (prairies et steppes) tandis que la présence des
marmottes est caractéristique d’une zone de montagne.
Conclusion
Ainsi, entre - 700 000 ans et - 200 000 ans, l'environnement de l'homme
s'est considérablement modifié. D'abord formé de forêts
et de prairies dans un climat tempéré chaud, il y a 700 000
ans, il est passé ensuite, il y a 200 000 ans, à un paysage
ouvert de steppes et de prairies dans un climat nettement plus froid. Le
paysage ne s'est guère modifié ensuite lorsque le groupe
H3 était présent mais le climat était alors encore
plus froid.
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