Partie 1 (10 points) Exposé organisé
de connaissances (obligatoire et spécialité)
La procréation
D'après Sportifs de haut niveau, Octobre 1999
Exposez la cause du pic de LH enregistré durant le cycle hormonal
féminin et ses conséquences directes et indirectes sur l'ensemble
de l'organisme
féminin.
Un schéma fonctionnel est attendu.
Corrigé
Introduction
Le fonctionnement de l'appareil reproducteur des Mammifères
est cyclique et il a, chez la femme, une durée moyenne de 28 jours.
On distingue deux phases d'une durée moyenne de 14 jours séparées
par l'ovulation. L'ovulation est déclenchée par un pic de
sécrétion des gonadostimulines, notamment LH. Mais les gonadostimulines,
elles-mêmes contrôlées par l'hypothalamus, stimulent
la sécrétion des hormones sexuelles, œstrogènes et
progestérone, qui préparent l'organisme à recevoir
un éventuel embryon en agissant sur les cibles périphériques
et elles exercent en outre des rétroactions sur l'axe hypothalamo-hypophysaire.
Le pic de LH et ses causes
Le profil de sécrétion cyclique des gonadostimulines
hypophysaires, FSH et LH est caractérisé par un pic qui se
produit en moyenne au quatorzième jour du cycle. À ce moment,
la sécrétion de l'hormone lutéinisante (LH) est considérablement
augmentée pendant une courte durée. Comme ce pic est responsable
du déclenchement de l'ovulation, on le qualifie également
de décharge ovulante. La sécrétion de LH par les cellules
de l'hypophyse antérieure est contrôlée par une hormone
d'origine hypothalamique, la gonadolibérine ou Gn-RH. La Gn-RH est
produite par des neurones hypothalamiques. Les terminaisons axonales de
ces neurones libèrent leurs neurosécrétions sur un
mode pulsatile au niveau des vaisseaux du système porte hypophysaire
par où elles gagnent l'hypophyse antérieure. Au moment de
l'ovulation, la fréquence et l'amplitude des décharges pulsatiles
de Gn-RH augmente ce qui provoque une augmentation de la fréquence
et de l'amplitude des décharges pulsatiles de LH aboutissant au
pic de la décharge ovulante. L'augmentation d'activité des
neurones hypothalamiques à Gn-RH et donc le pic de LH ont pour origine
un rétrocontrôle positif exercé par les œstrogènes
sur l'axe hypothalamo-hypophysaire. La concentration croissante d'œstrogènes
qui exerce le reste du temps un rétrocontrôle négatif
devient activatrice pour l'axe hypothalamo-hypophysaire aboutissant alors
à une augmentation considérable de la sécrétion
de Gn-RH et de LH. Quelles en sont les conséquences directes ?
Conséquences directes
Le pic de LH est d'abord à l'origine de l'ovulation qui se produit
environ 24 h plus tard. L'ovulation correspond à la rupture d'un
follicule ovarien arrivé à maturité et à l'émission
de l'ovocyte qu'il contient, rendant ainsi possible la fécondation.
À ce moment, l'ovocyte qui était bloqué en première
division de prophase de la méiose reprend son activité méiotique
ce qui se traduit par l'émission du premier globule polaire. La
LH provoque également la transformation des restes du follicule
en corps jaune, véritable glande endocrine temporaire nécessaire
à l'établissement d'une grossesse. Sous l'action de la LH,
le corps jaune produit de la progestérone. Les conséquences
indirectes du pic de LH sont principalement liées à cette
action.
Conséquences indirectes
Les conséquences indirectes du pic de LH sont liées à
la transformation des restes du follicule en corps jaune sécréteur
d'hormones sexuelles, notamment de progestérone qui a des actions
sur divers organes de la sphère sexuelle où elle favorise
la grossesse. Elle agit en particulier sur la muqueuse utérine où
elle induit la phase sécrétoire caractérisée
par le développement des glandes utérines et des vaisseaux
spiralés conduisant à la formation de la dentelle utérine.
Elle exerce parallèlement une action sur le myomètre dont
les contractions sont inhibées, ce qui favorise la nidation éventuelle
de l'embryon, et sur les sécrétions du col utérin
qui deviennent difficilement perméables aux spermatozoïdes.
Son action se traduit aussi par une élévation de la température
centrale d'environ 0,5 °C. Enfin, la progestérone exerce un
rétrocontrôle négatif sur l'axe hypothalamo-hypophysaire
qui inhibe la production des gonadostimulines.
Le schéma suivant résume la cause et les conséquences
du pic de LH.
Conclusion
Le pic de LH, qui résulte des conséquences de l'élévation
de la concentration en œstrogènes dans le sang, déclenche
l'ovulation en milieu de cycle chez la femme. Il a pour conséquence
directe la formation d'une glande endocrine temporaire, le corps jaune,
dont les principales sécrétions constituées de progestérone,
achèvent la préparation de la sphère génitale
à l'implantation et au développement d'un embryon. Si aucune
grossesse ne se produit, le corps jaune involue, ce qui provoque indirectement
les règles, et un nouveau cycle démarre.
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Partie 2-1 (4 points)
Exploitation de documents et connaissances (obligatoire et spécialité)
Histoire de la Terre
D'après Sujet national, groupements 1 & 4, juin 1997
À partir des informations tirées du document, expliquez
ce qu’est une crise et quelles en sont les conséquences.
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Corrigé
Introduction
L’histoire de la biosphère a été marquée
par la succession des espèces, disparition et apparition d'espèces
se succédant au cours du temps. Toutefois, certaines périodes
ont été caractérisées par des phénomènes
d'extinction beaucoup plus brutaux conduisant à les considérer
comme des crises majeures. Quelles sont les caractéristiques de
ces crises et leurs conséquences ?
Les caractéristiques d’une crise
Le document montre que des disparitions massives ont affecté
un grand nombre de taxons différents à la limite entre le
Crétacé supérieur et le Paléocène il
y a 65 millions d’années. À cette période, les dinosaures
qui dominaient de nombreux milieux de la planète ont été
totalement éliminés de façon brusque, certains foraminifères,
protozoaires marins, ont disparu et de nombreux mammifères ont également
disparu. En raison de l’importance de ces disparitions qui touchent des
taxons divers occupant des milieux différents et qui se produisent
sur une courte période (à l’échelle des temps géologiques),
on les considère comme la conséquence d’une crise écologique.
Toutefois, malgré la crise, des taxons se sont maintenus, certains
foraminifères et certains mammifères se diversifiant largement
à la suite de la crise. Ainsi, les extinctions ont été
sélectives : les différentes espèces sont inégalement
touchées même si la crise touche tous les milieux. La notion
de crise en géologie recouvre ainsi des extinctions massives quantitativement,
largement répandues dans l’espace (à l’échelle planétaire),
brèves à l’échelle des temps géologiques, touchant
tous les milieux mais affectant sélectivement les espèces.
Ceci a des conséquences sur l’évolution ultérieure
de la biosphère.
Conséquences d’une crise
La disparition de nombreuses espèces a pour effet de déséquilibrer
ou de faire disparaître de nombreux écosystèmes en
interrompant les chaînes alimentaires. Le document montre que les
mammifères se sont diversifiés tout au long de l’ère
tertiaire après la crise Crétacé - Paléocène
de même que certains foraminifères. On interprète ces
diversifications comme des radiations adaptatives rendues possibles par
la libération de diverses niches écologiques à la
suite de la crise.
En outre, les crises sont mises à profit par les géologues
pour établir des repères chronologiques. Leur caractère
mondial et leur brièveté à l’échelle des temps
géologiques en font un outil de datation relative, le repérage
de leurs traces géologiques et paléontologiques permettant
d’établir des corrélations temporelles entre régions
éloignées du globe. On a ainsi divisé les couches
sédimentaires et les temps géologiques dont elles sont le
témoin, en périodes successives et les grandes divisions,
les ères, sont séparées en fonction des crises majeures.
Ainsi, la limite Permien - Trias qui correspond à la coupure ère
primaire - ère secondaire est fondée sur les signes d’une
crise comme la limite Crétacé - Paléocène qui
correspond à la coupure ère secondaire - ère tertiaire.
Conclusion
Ainsi, les extinctions massives qui se sont produites plusieurs fois
au cours de l’histoire de la vie sont le résultat de bouleversements
écologiques majeurs et ont eu pour conséquence une augmentation
de la biodiversité. Elles laissent des traces identifiables dans
les roches et permettent ainsi d'établir des repères chronologiques
universels dans l’histoire de la Terre.
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents et méthodes (enseignement obligatoire)
Immunologie
D'après Asie, juin 2001
Chez un très jeune enfant souffrant d’une maladie immunitaire
rare, on a fait un essai de thérapie génique.
À partir de l’analyse des documents fournis, indiquez les causes
de la maladie et discutez l’efficacité du traitement effectué.
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Corrigé
Introduction
Lorsqu’un déficit immunitaire d’origine génétique
se traduit par l’absence de lymphocytes T (LT), il est particulièrement
grave puisque, parmi les LT, les LT CD4 (LT4) sont à l’origine de
l’induction et de l’amplification de l'ensemble des réponses immunitaires
acquises et les LT CD8 sont nécessaires à l’immunité
cellulaire. Nous verrons qu’un tel déficit a pu être corrigé
chez un enfant par thérapie génique en introduisant le gène
adéquat dans des cellules souches des LT déficientes.
Nature du déficit immunitaire
Le document 1 présente le tableau d’un déficit immunitaire
sévère associant affections parasitaires (P. carinii, mycoses)
et infections diverses. En effet, l’immunité cellulaire comme l’immunité
humorale sont absentes puisqu’il n’y a ni lymphocytes T, ni anticorps.
Cependant, la présence de LB à une concentration normale
montre que l’absence d’anticorps est liée au déficit en LT4,
lymphocytes auxiliaires qui sont nécessaires à l’activation
des LB lors des réponses humorales. L’immunité cellulaire,
qui nécessite également des LT4, est en outre privée
de cellules effectrices, les LT8 ou LT cytotoxiques. Le tableau d’infections
multiples, notamment opportunistes, est donc dû à l’immunodépression
résultant de l’absence de LT sans lesquels il n'y a pas de réponses
immunitaires acquises.
Traitement et résultat clinique
Le document 2 présente le principe de la thérapie génique
utilisée. Le gène codant la synthèse d’une protéine
membranaire nécessaire à la formation des LT à partir
de leurs cellules souches et destiné à suppléer le
gène inactif chez l’enfant malade a été introduit
dans des cellules souches de façon à en modifier le génome.
Les cellules transformées, c’est à dire exprimant la protéine,
vraisemblablement un récepteur de signaux de différenciation,
sont réinjectées chez l’enfant malade. Le document 3 montre
que le traitement a été efficace et a restauré une
immunité normale. En effet, la concentration en anticorps chez l’enfant
traité atteint 323 mg.dL-1 six mois après le traitement,
à peine inférieur au taux d’anticorps chez un enfant qui
en a toujours fabriqué (> 400 mg.dL-1, document 1). En outre, à
la suite de trois vaccinations différentes, le taux d’anticorps
atteint des valeurs très élevées montrant que les
LT "restaurés" se sont multipliés chez l’enfant traité
et sont désormais capables de stimuler les LB aboutissant à
une forte production d’anticorps, de 2 à 4 fois plus, selon le vaccin,
que chez un enfant ayant un système immunitaire normal.
Discussion
Le document 2 montre que le nombre de LT dans le sang du malade traité
a augmenté rapidement après le traitement, atteignant le
taux pratiquement normal de 1 800 LT/µL au bout des six premiers
mois. Ceci correspond à un nombre total de LT égal à
9.109 pour 5 litres de sang alors que 108 cellules transformées
ont été injectées, soit près de 20 fois plus.
Les LT se sont donc multipliés. Ils se sont également différenciés
puisque les niveaux d’anticorps mesurés sont devenus quasi normaux
et qu’il existe désormais une réponse immunitaire acquise
aux germes de l’environnement. En outre, après les vaccinations,
le nombre de LT augmente encore pour atteindre une valeur physiologique
(3 100/µL). Ceci montre que des réponses humorales acquises
avec production de LT4, stimulation des LB, formation de plasmocytes et
production d’anticorps se produisent après les stimulations vaccinales.
Ainsi, la restauration du système immunitaire a réussi au
moins pour les réponses humorales (LT4, LB). Si les LT sont restaurés,
il y de fortes chances que les réponses cellulaires soient restaurées
également puisque, outre les LT4, elles mettent en jeu d’autres
LT, les LT8. Cependant, avec seulement six mois de recul, on ne sait pas
si la thérapie va rester efficace à long terme. Toutefois,
le fait qu’on ait utilisé des cellules souches qui sont immortelles
peut le laisser espérer.
Conclusion
Ainsi, il s’avère possible de traiter un défaut immunitaire
sévère par introduction d’un gène « réparateur
» dans le patrimoine génétique de cellules souches
de façon à restaurer des LT fonctionnels capables à
la fois de répondre aux signaux de différenciation émis
par d’autres cellules et de stimuler notamment les LB à produire
des anticorps. Les résultats ne précisent cependant pas ce
qu’il en est de l’immunité cellulaire
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Partie 2-2 (6 points) Exploitation de
documents et méthodes (enseignement de spécialité)
Diversité et complémentarité des
métabolismes
Sujet inédit
La photosynthèse, dont l'équation bilan est rappelée
dans le document 1, comporte deux séries de réactions chimiques
complémentaires, des réactions photochimiques, qui dépendent
de la lumière, et des réactions non photochimiques qui n'en
dépendent pas. Les réactions photochimiques (phase claire)
apportent de l'énergie, sous forme d'ATP, et du pouvoir réducteur,
sous forme d'électrons et de transporteurs réduits. Énergie
et pouvoir réducteur sont nécessaires pour réduire
le carbone minéral du CO2 atmosphérique en carbone organique
lors des réactions non photochimiques (phase sombre).
Exploiter les documents proposés pour justifier les affirmations
précédentes et localiser les fonctions impliquées
sur le schéma du document 1.
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Corrigé
Introduction
La photosynthèse est la biosynthèse de substances organiques
à partir de l'eau et du dioxyde de carbone par les organismes chlorophylliens
placés à la lumière. Elle se déroule dans les
chloroplastes, organites riches en chlorophylle qui sont le siège
de deux types de réactions chimiques couplées, des réactions
photochimiques et des réactions sombres, thermochimiques. Au cours
des premières, des molécules d'eau sont dissociées
(photolyse) en oxygène moléculaire et pouvoir réducteur
comme l'indique l'équation bilan.
Des réactions photochimiques redox
Le document 4 montre que des chloroplastes placés à la
lumière dans un tampon approprié en présence d'un
indicateur d'oxydoréduction sont le siège de réactions
rédox puisque l'indicateur change de couleur uniquement à
la lumière. Ceci confirme qu'il y a libération de pouvoir
réducteur (arraché aux molécules d'eau) sous l'action
de la lumière. En outre, l'expérience montre que ces réactions
dépendent d'enzymes puisqu'elles ne se produisent plus après
chauffage.
Deux types de réactions
L'expérience du document 2 montre que chez des algues unicellulaires
semblables à celle du document 1, l'intensité photosynthétique
ne dépend pas uniquement de l'intensité lumineuse mais aussi
de l'intervalle entre les éclairs lorsque l'éclairement est
intermittent. L'intensité maximale est atteinte pour des intervalles
d'obscurité de 0,08 s alors même que l'intensité lumineuse
est la plus faible de l'expérience. Ceci montre que les réactions
photochimiques sont saturables et qu'il existe également des réactions
indépendantes de la lumière. Les premières se déroulent
au niveau des thylakoïdes où se trouvent la chlorophylle et
les systèmes associés et fournissent le pouvoir réducteur
comme on l'a vu plus haut. En outre, l'expérience confirme l'existence
de réactions qui ne nécessitent pas de lumière et
dont le rendement maximal est atteint pour des intervalles entre les éclairs
de 0,08 s. Toutefois, ces réactions , dites sombres, qui se déroulent
dans le stroma des chloroplastes, utilisent des métabolites formés
à la lumière (ATP, transporteurs réduits).
Des réactions complémentaires
Le document 3 permet de préciser les transformations chimiques
de la phase sombre. Le dioxyde de carbone se fixe sur un sucre à
5 carbones (Ru di P) pour donner deux sucres à 3 carbones en consommant
l'énergie et le pouvoir réducteur fournis par les réactions
photochimiques. Ces sucres servent de précurseurs pour la biosynthèse
de sucres à 6 carbones qui constituent les unités de construction
de l'amidon et pour régénérer le Ru di P. Lorsque
l'éclairement est interrompu expérimentalement, on constate
en effet que la concentration du sucre à 5 C chute, car il continue
à être consommé sans être régénéré
tandis que la concentration en APG augmente en conséquence pendant
une dizaine de minutes. Ensuite, la concentration d'APG diminue car il
est utilisé pour la formation d'hexoses mais n'est plus régénéré
car il n'y a plus de Ru di P.
Conclusion
Ainsi, les réactions de la phase photochimique dues à
l'interaction entre la lumière et la chlorophylle dans les thylakoïdes
fournissent du pouvoir réducteur arraché à l’eau sous
l’action de l’énergie lumineuse qui sert à réduire
le dioxyde de carbone dans le stroma des chloroplastes tout en le couplant
à un sucre à 5 C. Une partie des sucres qui en résultent
polymérisent en amidon, le reste régénère les
intermédiaires.
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