SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE
- Série S -
Polynésie française, juin 2001
Corrigés
Sujet
Chaque cycle sexuel est marqué par la fin de la maturation d’un
follicule ovarien qui conduit à l’ovulation.
Expliquez comment la variation du taux des hormones ovariennes est
responsable de ces deux étapes.
La réponse sera illustrée de schéma(s) fonctionnel(s)
Introduction
L’évolution cyclique de l’ovaire qui contrôle par ses
hormones l’évolution des effecteurs au cours du cycle dépend
de la sécrétion des gonadostimulines hypophysaires, FSH et
LH. Mais cette sécrétion est elle même contrôlée
en retour par les hormones ovariennes. Nous montrerons qu’au cours de la
phase folliculaire du cycle, les hormones ovariennes contrôlent l’axe
hypothalamohypophysaire par une rétroaction d’abord négative
qui devient positive vers le milieu du cycle provoquant l’apparition de
la décharge ovulante de LH qui déclenche l’ovulation.
Rétroaction négative
Au cours de la phase folliculaire du cycle, un follicule ovarien se
développe. Les cellules sécrétrices d’œstrogènes
se multiplient sous l’action des gonadostimulines hypophysaires FSH et
LH et le taux sanguin des hormones ovariennes, principalement de l’œstradiol,
augmente progressivement. Les œstrogènes, alors encore en faible
concentration, freinent l'axe hypothalamohypophysaire aboutissant à
de faibles variations de la concentration sanguine en gonadostimulines.
C’est une rétroaction négative. Le schéma ci-dessous
résume ce mécanisme de contrôle.


Sujet
À l’aide de l’exploitation rigoureuse des documents et de vos connaissances, expliquez les mécanismes qui permettent à l’organisme d’assurer une réponse immunitaire à médiation cellulaire conduisant à l’élimination de cellules infectées par un virus.
Introduction
L'immunité à médiation cellulaire, dont les effecteurs
sont des lymphocytes T cytotoxiques (LTc), est mise en jeu lorsque le système
immunitaire détecte du soi modifié à la surface des
cellules notamment lorsqu'elles sont infectées par un virus. Les
LTc qui sont alors formés détruisent les cellules cibles
de façon étroitement spécifique. Les documents proposés
illustrent certains des mécanismes mis en jeu lors de cette réponse
et nous devrons faire appel à nos connaissances pour en compléter
l’explication.
Phase d’induction
Une réaction immunitaire spécifique se déclenche
lorsqu’une cellule spécialisée reconnaît un antigène
et s’y lie par l’intermédiaire d’un récepteur spécifique.
Cette reconnaissance s’effectue entre des cellules phagocytaires, les cellules
présentatrices d’antigène (CPA) et des lymphocytes T (LT).
Les LT sont des cellules munies de récepteurs T. Le document 1 illustre
le mécanisme de double reconnaissance entre LT et CPA à l’origine
de la réponse immunitaire. La CPA exprime l’antigène viral
associé à une molécule du CMH. Seuls les LT munis
du récepteur T capable de reconnaître simultanément
CMH et antigène viral peuvent se lier au complexe CMH-antigène.
Ils sont alors activés tandis que la CPA émet des messagers
chimiques (cytokines) qui activent leur prolifération
Phase d’amplification
Deux types de LT peuvent se lier aux CPA. Les LT4 sont des lymphocytes
auxiliaires sécréteurs de cytokines. Par leurs cytokines,
ils activent les cellules effectrices, les LT8 ou lymphocytes cytotoxiques
(LTc) aptes à détruire les cellules cibles. Si le mécanisme
de double reconnaissance est similaire pour les deux catégories
de lymphocytes, ils diffèrent par la présence d’un marqueur
membranaire différent associé au récepteur T, le marqueur
CD4 chez les LT4 et le marqueur CD8 chez les LT8. Au cours de cette phase,
les LTc capables de reconnaître l’antigène viral se multiplient
sous l’action des messagers chimiques émis par les LT4 formant un
clone de cellules cytotoxiques, les cellules effectrices.
Phase effectrice
Le document 2 illustre les mécanismes mis en jeu lors de la
phase effectrice. Lorsqu’un LTc reconnaît l’antigène viral
à la surface d’une cellule infectée, il se lie avec elle,
les membranes plasmiques entrant en contact comme le montre le cliché
du document 2a. Le document 2b précise les mécanismes moléculaires
déclenchés par la reconnaissance de l’antigène. À
la suite du contact, le LTc produit des vésicules de sécrétion
contenant une protéine, la perforine. L’exocytose de ces vésicules
libère les molécules de perforine au contact de la cellule
cible. La perforine s’intègre alors à la membrane de la cellule
cible constituant des pores membranaires aboutissant à sa cytolyse.
Conclusion
Une réaction immunitaire spécifique est induite lorsqu’un
antigène est détecté par une cellule immunocompétente
portant un récepteur spécifique. Dans le cas de cellules
infectées par un virus, après une phase d’amplification il
se forme un clone de cellules effectrices, les LTc qui détruisent
les cellules cibles par cytolyse.
Sujet
Histoire et évolution de la Terre et des êtres vivants
Les Bronthoridés sont des ongulés fossiles ayant vécu
en Amérique du Nord au Tertiaire, de l’Éocène à
l’Oligocène, parallèlement aux Équidés. Les
paléontologues disposent de divers restes fossiles qui ont permis
d’élaborer des reconstitutions de ces animaux.
À partir de l’analyse rigoureuse des documents et de leur mise
en relation, montrez sur quels arguments les paléontologues ont
pu s’appuyer pour affirmer que les Bronthoridés forment une lignée
évolutive.
Introduction
On appelle lignée évolutive un ensemble d’espèces
descendant les une des autres qui se sont succédé au cours
des temps géologiques. Des caractéristiques identifiables
issues d’un ancêtre commun se transmettent au sein d’une lignée
évolutive. L’examen des restes fossiles des vertébrés
constitués par les parties dures (squelette et dents) permet de
reconnaître ces caractéristiques communes, comme par exemple
chez les Bronthoridés, ongulés fossiles de l’ère tertiaire
aujourd’hui disparus et de reconstituer leur morphologie.
Document 4
Le document 4 montre que les Bronthoridés ont été
regroupés au sein d’une seule lignée, notamment par les caractéristiques
de leur squelette. Celui-ci présente le même aspect général
chez des espèces identifiées à des périodes
successives de l’ère tertiaire. Eotitanops, un des plus anciens
représentants, présentait déjà l’aspect général
du squelette avec la position caractéristique des membres observée
chez tous les représentants et la même structure du crâne
même si cette dernière se complique quelque peu au cours du
temps. Une même colonne vertébrale munie d’une crête
est identifiable dès Limnohyos priscus (- 50 Ma) et se retrouve
un peu plus développée 20 Ma plus tard chez Brontotherium
platyceras, dernier représentant de la lignée disparu
à la fin de l’Oligocène inférieur.
Document 2
L’examen plus détaillé du membre antérieur de
trois espèces présentes de – 33 Ma à – 55 Ma confirme
la parenté de ces espèces car il montre une remarquable stabilité
de sa structure. Les éléments squelettiques constituant les
« mains » sont les mêmes à l’exception d’une phalange
supplémentaire apparue au doigt 1 il y a 50 Ma avec Limnohyops
et de leur raccourcissement et épaississement relatifs au cours
du temps. Ceci est à mettre en rapport avec l’augmentation de taille
constatée dans la lignée (document 1).
Document 3
Le document 3 apporte un argument supplémentaire à la
réunion dans une même lignée des espèces considérées.
On constate en effet que la structure d’une demi mâchoire et celle
des dents sont globalement les mêmes chez deux Bronthoridés.
En effet, chaque demi mâchoire porte sept dents de dimensions croissantes
construites sur le même plan avec crêtes et tubercules dentaires
comparables. Les variations observées sont minimes entre les deux
espèces et concernent la taille des dents et les détails
de leur ornementation. On en déduit que comme le squelette, les
dents et la mâchoire constituent un caractère transmis dans
cette lignée.
L’ensemble des caractères anatomiques identifiables chez les
fossiles a conduit aux reconstitutions du document 1.
Document 1
Le document 1 présente les espèces de Bronthoridés
qui se sont succédé pendant 25 Ma au Tertiaire. La lignée
a été présente de l’Éocène à
l’Oligocène et montre au cours du temps une tendance à l’augmentation
de la taille aboutissant à des animaux massifs comme Brontotherium
platyceras à la fin de l’Oligocène inférieur il
y a 30 Ma alors que l’ancêtre commun présent à l’Éocène
inférieur il y a 55 Ma, Lamdotherium, était un petit
animal. Une telle augmentation de taille n’est pas rare dans les lignées
évolutives. Le document montre également que si les représentants
des Bronthoridés de l’Éocène étaient dépourvus
de cornes, celles-ci sont apparues dans la lignée au début
de l’Oligocène inférieur avec B. leidyi.
Conclusion
L’ensemble des documents présentés montre que les Bronthoridés
présentent des caractéristiques communes déjà
présentes chez les premiers représentants même si la
taille a augmenté au cours du temps. La morphologie générale
reconstituée par l’examen du squelette, la structure du squelette
des membres, de la colonne vertébrale, du crâne, de la mâchoire
et les dents obéit au même plan. Des variations sont apparues
au cours du temps (taille globale, crête vertébrale, cornes)
mais le plan général est resté. Ces observations montrent
que les Bronthoridés constituent une lignée évolutive
qui descend d’un ancêtre commun présent à l’Éocène
inférieur, Lamdotherium et qu’ils ont disparu à la
fin de l’Oligocène inférieur avec B. platyceras.
Sujet
Évolution humaine et environnement
On se propose de reconstituer les conditions climatiques dans lesquelles
l’Homme a évolué au cours du Quaternaire.
Exploiter les documents pour reconstituer l’évolution probable
du climat dans l’Est de la France au cours de la période du Quaternaire
considérée.