Polynésie, juin 2000
Corrigés
Les textes des corrigés sont en bleu en italiques à l'exception des légendes des figures
Sujet
1. Les organes lymphoïdes (1,5 point)
1.1
1 : thymus ; 2 : ganglions lymphatiques axillaires
; 3 : rate ; 4 : moelle osseuse ; 5 : vaisseaux lymphatiques.
Les organes lymphoïdes primaires sont
la moelle osseuse et le thymus ;
les organes lymphoïdes secondaires sont
la rate et les ganglions lymphatiques.
1.2
La moelle osseuse est le lieu de production
de l’ensemble des cellules sanguines et immunitaires et le site de maturation
des lymphocytes B.
Le thymus est le site de maturation des lymphocytes
T.
Les organes lymphoïdes secondaires comme
la rate et les ganglions lymphatiques sont les organes où se déroulent
les réactions immunitaires spécifiques.
2. Immunité spécifique (3 points)
2.1
On distingue des IgA, IgD, IgE, IgG, IgM.
2.2
On parle de médiation humorale quand un processus nécessite l’action d’une substance chimique dissoute dans les liquides corporels (sang, lymphe). Les réactions immunitaires à médiation humorale utilisent comme effecteurs des molécules spécialisées, les anticorps, transportés par les liquides corporels, notamment par le sang.
2.3
La réponse est déclenchée par la liaison d’un lymphocyte T-CD4 (LT auxiliaire) à un antigène qui lui est présenté par une cellule présentatrice d’antigène (CPA). Les LT4 stimulent alors par des interleukines (IL) un clone de lymphocytes B (LB) qui donne naissance à un clone de plasmocytes (P) producteur d’anticorps selon le schéma ci-dessous .

La phase effectrice proprement dite correspond
à la neutralisation des antigènes par les anticorps sous
forme de complexes antigènes–anticorps.
Le complément, activé par les
anticorps, peut alors provoquer la lyse de l’élément étranger
(bactérie, par exemple). Les complexes antigènes–anticorps
peuvent aussi être phagocytés par les macrophages.
2.4
L’immunité humorale correspond à
la production d’anticorps spécifiques. Il peut s’agir notamment
d’anticorps dirigés contre des antigènes circulants, par
exemple ceux de bactéries extracellulaires. Ainsi, lors d’une infection
par le bacille tétanique, il y a production d’anticorps anti-tétaniques
capables de se lier spécifiquement aux antigènes du bacille.
L’immunité cellulaire correspond à
la formation de cellules tueuses dirigées spécifiquement
contre des cellules étrangères ou exprimant des antigènes
étrangers. C’est par exemple celle qui intervient dans le rejet
de greffe. À la suite d’une allogreffe, le greffon est reconnu comme
étranger car ses cellules portent des marqueurs HLA différents
de ceux de l’hôte. Ceci conduit à la production de lymphocytes
T cytotoxiques qui provoquent la cytolyse des cellules du greffon.
3. Applications médicales (1,5 point)
3.1 Transfert de l’immunité
• La séroprophylaxie par gammaglobulines antitétaniques consiste à transférer l’immunité contre le tétanos en administrant des anticorps anti-tétaniques préparés par immunisation d’un autre organisme.
• La vaccination est un geste préventif destiné à assurer une protection à long terme (immunisation) contre un germe pathogène en permettant la production d’anticorps spécifiques en l’absence d’infection.
La sérothérapie est l’utilisation
thérapeutique d’immunsérums ou d’anticorps. C’est un geste
curatif réalisé après la contamination pour compléter
l’action naturelle du système immunitaire. Dans les deux cas, il
s’agit d’immunité humorale (anticorps).
La sérothérapie est destinée
à neutraliser sur le champ des germes qui ont déjà
infecté l’organisme tandis que la vaccination a un effet à
terme pour prévenir une contamination ultérieure puisqu’il
faut du temps pour que le système immunitaire réagisse et
produise ses propres anticorps. Leur utilisation en thérapeutique
se complète : la vaccination évite le recours à la
sérothérapie tandis que cette dernière peut être
utilisée à la suite d’une infection chez une personne qui
n’est pas à jour de ses vaccinations.
3.2 Greffes
Pour réussir une greffe, il
faut ou bien que le greffon et l’hôte possèdent le même
système HLA ou bien que le receveur subisse un traitement anti-rejet
(traitement immunosuppresseur).
4. Synthèse d’une immunoglobuline (4 points)
4.1
Un gène est un segment d’ADN situé à un locus déterminé qui code la synthèse d’un ARN.
4.2
4.2.1
La molécule est l’acide désoxyribonucléique (ADN). Il est localisé dans les chromosomes situés dans le noyau cellulaire.
4.2.2
L’ADN est un polymère de désoxyribonucléotides.
Chaque désoxyribo-nucléotide est une molécule formée
de trois constituants : un sucre, le désoxyribose, un acide phosphorique
et une base azotée parmi quatre possibles, l’adénine, la
guanine, la cytosine et la thymine.
La molécule d’ADN est formée
de deux brins complémentaires reliés par des liaisons hydrogène
établies entre bases situées face à face selon la
règle de complémentarité A=T, G=C.
Dans l’espace, les deux brins de l’ADN forment
une double hélice spiralée.

4.2.3
La séquence du brin codant code la séquence
de l’ARN messager. Comme l’ARN comporte de l’uracile à la place
de la thymine, on obtient la séquence d’ARN messager suivante :
UAU GGA CUA GCU AAU UGC UAA
Chaque groupe de trois nucléotides
est un codon qui correspond à un acide aminé déterminé.
En utilisant le document 2 qui indique le code génétique,
c’est-à-dire la correspondance entre codons de l’ARN et acides aminés,
la séquence d’ARNm précédente correspond à
la séquence peptidique ci-dessous :
Tyr – gly – leu – ala – asn – cys – STOP
4.3
Sujet
1. Processus infectieux et parasitaire. (3 points)
1.1
VIH : virus de l’immunodéficience humaine. SIDA : syndrome d’immunodéficience acquise.
1.2
Sérodiagnostic (ELISA, Western blot)
; tests virologiques (antigénémie p24, charge virale VIH).
Le sérodiagnostic est une méthode
de diagnostic fondée sur la mise en évidence d’anticorps
spécifiques anti-VIH dans le sérum par la méthode
ELISA, très sensible. Son but est l’identification d’une éventuelle
séroposi-tivité, c’est-à-dire la présence dans
le sérum d’anticorps spécifiques anti-VIH révélant
indirectement l’infection par le virus. Il doit être confirmé
impérativement par un autre test, le western blot, plus spécifique.
L’antigénémie est une méthode
de diagnostic fondée sur la mise en évidence d’antigènes
viraux dans le sérum. Dans le cas du VIH, on recherche un antigène
spécifique du virus, l’antigène p24. L’antigénémie
permet de détecter directement la présence du virus dans
l’organisme. On l’utilise notamment pour identifier une primo-infection
avant que la séro-conversion (apparition des anticorps anti-VIH)
apparaisse.
La mesure de la charge virale VIH s’effectue
par détection des copies d’acides nucléiques viraux. Elle
sert à quantifier le niveau de réplication virale. Comme
l’antigénémie p24 on peut l’utiliser pour identifier une
primo-infection avant que la séroconversion apparaisse.
1.3
Les manifestations cliniques de la phase SIDA
déclaré sont les suivantes.
• Les infections opportunistes bactériennes
(notamment tuberculose), virales (notamment cytomégalovirus) et
parasitaires (pneumocystose, toxoplasmose cérébrale, etc.).
• Les manifestations néoplasiques (lymphomes,
maladie de Kaposi).
• Le syndrome cachectique terminal.
1.4
• Antituberculeux : médicaments actifs
sur les bacilles de la tuberculose. Utilisés pour traiter la tuberculose,
infection opportuniste plus fréquente chez les immunodéprimés.
• Antiviraux : substances chimiques qui s’opposent
à la prolifération virale. Utilisés pour faire diminuer
la charge virale.
• Antiprotéases : substances chimiques
qui inhibent l’action des protéases virales. Utilisées pour
inhiber la protéase du VIH, enzyme virale indispensable à
l’assemblage des particules virales.
• Antifongiques : substances chimiques qui
détruisent les champignons ou s’opposent à leur prolifération.
Utilisés pour soigner les mycoses.
• Antimitotiques : médicaments qui
bloquent la mitose (division cellulaire) et donc la multiplication des
cellules. Utilisés pour empêcher la multiplication de cellules
cancéreuses.
• Antibiotiques : substances chimiques qui
inhibent le développement de microorganismes. Utilisés pour
soigner les infections d’origine bactérienne.
• Nutrition parentérale : nutrition
utilisant une autre voie que la voie intestinale (intraveineuse, par exemple).
Utilisée pour nourrir une personne dont l’état ne permet
pas une alimentation orale.
2. Méthodes et moyens d’étude des maladies (3 points)
2.1
L’étude clinique d’une maladie a pour
but d’en identifier la symptomatologie, la sémiologie, l’étiologie,
la pathogénie et la physiopathologie. Elle permet d’en faire le
diagnostic, quelle qu’en soit sa forme de révélation.
Les différents temps de l’étude
clinique sont l’interrogatoire et l’examen clinique.
• Signes généraux
Ce sont les signes qui affectent l’ensemble
de l’organisme. Exemples : fébricule, asthénie, anorexie.
• Signes physiques
Ce sont les signes retrouvés à
l’examen clinique. Exemples : adénomégalies, érythème,
tachycardie, stomatite.
• Signes fonctionnels
Ce sont les signes dont se plaint le malade.
Exemples : céphalées, myalgies, dysphagie.
2.2
Les examens anatomopathologiques sont des examens
macroscopiques et microscopiques d’un organe ou d’un tissu permettant de
déceler une éventuelle anomalie des cellules et de la relier
à une pathologie.
Les prélèvements peuvent être
des biopsies, des frottis ou des prélèvements chirurgicaux
(exérèse partielle ou totale d’un organe), voire une autopsie.
• Indications
Suspicion de tumeur cancéreuse, de
cirrhose.
• Avantages
Ils permettent un examen histologique et cytologique
approfondi complété éventuellement par des études
histo ou cytochimiques et par des tests après mise en culture des
cellules prélevées. Ils aboutissent, le plus souvent à
un diagnostic précis.
• Inconvénients
Leur principal inconvénient est leur
caractère invasif comportant des risques infectieux et hémorragiques.
Un autre inconvénient est lié à leur mode de prélèvement.
En plus du risque de contamination par des germes extérieurs, l’échantillon
prélevé peut ne pas être représentatif de la
pathologie recherchée, en particulier si le prélèvement
a été effectué dans une zone de tissu sain, en dehors
de la lésion.
Sujet
1. Définitions (1,5 point)
1 –Carcinogène : susceptible
de provoquer un cancer.
2 –Mastodynie : douleur du sein, uni
ou bilatérale, observée notamment avant les règles.
3 –Endocarde : couche la plus interne
des cavités cardiaques constituée d'un endothélium.
4 –Arthralgie : douleur articulaire.
5 –Néphrectomie : ablation d'un
rein.
6 –Antipyrétique : qui s’oppose
à la fièvre.
7 –Lipome : tumeur bénigne formée
par la prolifération locale de cellules adipeuses au sein du tissu
adipeux.
8 –Amyotrophie : atrophie musculaire.
9 –Tétraplégie : paralysie
des quatre membres.
10 – Chimioprophylaxie : utilisation
d'un médicament dans un but de prévention ou de protection.
11 – Arthrite : inflammation aiguë
ou chronique d’une articulation.
12 – Ostéosarcome : tumeur maligne
des os.
2. Termes médicaux correspondant aux définitions (1,5 point)
1 – anorexie
2 – épistaxis
3 – bronchectasie
4 – hépatomégalie
5 – kaliurèse des 24 h
6 – mydriase
7 – pyélonéphrite
8 – métrorragie
9 – hyperuricémie
10 – cryothérapie
11 – phlébographie (veinographie)
12 – stomatite
3. Racines, formation et définitions des termes (1 point)
1.
Angioplastie : opération chirurgicale
destinée à reconstituer un vaisseau sanguin.
Rhinoplastie : opération de chirurgie
plastique sur le nez.
2.
Endoscopie : méthode d'exploration
des cavités internes à l'aide d'un dispositif à fibre
optique.
Endocardite : inflammation de l’endocarde.
3.
Hystérectomie : ablation de l'utérus.
Hystérographie : examen radiographique
de l’utérus après opacification avec un produit de contraste.
4.
Colostomie : abouchement du côlon à
la peau.
Gastrojéjunostomie : mise en communication
directe de l’estomac et du jéjunum.