SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE
- Série S -
Polynésie, juin 2000
Corrigés
Sujet
Fonctionnement d'un système de régulation
Après avoir exposé, dans un devoir structuré
et correctement illustré, les mécanismes de régulation
hormonale de l'ovulation, vous montrerez en quoi leur connaissance a permis
la mise au point d'une méthode de contraception orale.
Introduction
La contraception orale est fondée sur l'administration d'hormones
de synthèse. En perturbant les mécanismes de régulation
hormonale de l'ovulation, on aboutit à un cycle anovulatoire. L'ovulation
dépend d'un déterminisme hormonal cyclique permettant la
libération d'un ovocyte dans les voies génitales environ
tous les 28 jours chez la femme. Après en avoir exposé les
mécanismes de régulation hormonale, nous montrerons comment
la contraception orale les modifie pour aboutir à une contraception
efficace.
La régulation hormonale de l'ovulation
Le cycle ovarien, notamment le déclenchement de l'ovulation,
est sous le contrôle d'hormones hypophysaires, les gonadostimulines
FSH et LH. Le fonctionnement de l'hypophyse est lui-même contrôlé
par l'hypothalamus dont les neurones du noyau arqué produisent,
de façon pulsatile, du Gn-RH ou gonadolibérine, une neurosécrétion
qui se déverse au niveau du système porte hypophysaire avant
d'aller agir sur l'hypophyse. FSH et LH stimulent l'ovaire, notamment la
maturation folliculaire, provoquant une augmentation de la sécrétion
des oestrogènes. L'ovulation se produit à la suite d'un pic
de sécrétion des gonadostimulines hypophysaires. Dans les
conditions physiologiques, ce pic ovulatoire se produit lorsque l'axe hypothalamo-hypophysaire
est soumis au rétrocontrôle positif des œstrogènes
sécrétés par l'ovaire. Ceci se produit peu avant l'ovulation
lorsque la sécrétion d'œstrogènes augmente sous l'action
des gonadostimulines hypophysaires. Alors que les œstrogènes freinaient
l'axe hypothalamo-hypophysaire en début de cycle aboutissant à
une augmentation lente de la concentration sanguine en gonadostimulines,
leur action devient stimulatrice au delà d'une concentration seuil,
produisant un autorenforcement du système. Il en résulte
une amplification considérable de la production des gonadostimulines
aboutissant rapidement au pic ovulatoire. Ce pic de sécrétion
des gonadostimulines provoque la rupture du follicule mûr et la libération
de l'ovocyte ce qui lui vaut le nom de décharge ovulante.
Dans les conditions physiologiques, l'ovulation est suivie de la formation
du corps jaune qui sécrète de la progestérone. Cette
hormone, qui prépare l'organisme à la grossesse, a également
une action inhibitrice sur l'axe hypothalamo-hypophysaire. La régulation
hormonale de l'ovulation est résumée sur le schéma
ci-dessous.

La contraception orale
On a vu que pendant la première partie du cycle les oestrogènes
exercent une rétroaction négative sur l'axe hypothalamo-hypophysaire
ce qui limite la production de FSH et de LH comme le fait aussi la progestérone
dans la seconde partie du cycle. La connaissance de ces effets inhibiteurs
a conduit à administrer par voie orale de l'oestradiol et de la
progestérone de synthèse de façon à exploiter
la rétroaction négative qu'elles provoquent pour maintenir
un taux d'hormones circulantes capable d'inhiber la production des gonadostimulines
hypophysaires. Dans ces conditions, le taux d'oestradiol obtenu ne permet
pas d'obtenir une rétroaction positive sur l'axe hypothalamo-hypophysaire
et il ne se produit pas de décharge ovulante des gonadostimulines.
On obtient ainsi un cycle artificiel, sans ovulation. Toutefois, l'interruption
de la prise du contraceptif à la fin du cycle permet l'apparition
des règles et le cycle semble donc se dérouler normalement
en apparence.
Conclusion
La contraception orale met à profit la connaissance des mécanismes
de régulation hormonale de l'ovulation pour obtenir artificiellement
un cycle anovulatoire. Pour cela, on exploite le rétrocontrôle
négatif exercé par les hormones sexuelles sur l'axe hypothalamo-hypophysaire
en administrant des hormones de synthèse.
Sujet
Histoire et évolution de la Terre et des êtres vivants
Le document 1 est un tableau présentant des caractéristiques de trois espèces fossiles appartenant à la lignée humaine.
En utilisant les données fournies par l'analyse rigoureuse
du document complétée par vos connaissances, expliquez quelles
ont été les grandes étapes de l'hominisation.
(Votre exposé ne s'appuiera que sur les seules espèces
présentées dans le document 1).
Introduction
L'hominisation est l'ensemble des processus évolutifs ayant
conduit à l’acquisition des principales caractéristiques
propres à l’Homme parmi les Primates. Ces caractéristiques
sont essentiellement la bipédie, le développement du cortex
cérébral et la culture, notamment la capacité à
fabriquer des outils. Les grandes étapes de l'hominisation sont
caractérisées par des fossiles appartenant à la lignée
humaine dont certains sont présentés dans le document 1.
Même si l'hominisation a été progressive, certains
fossiles marquent des étapes majeures.
Australopithecus afarensis
Les Australopithèques correspondent à la première
étape de l'hominisation, celle qui a vu l'acquisition de la bipédie.
Il y a 3,2 millions d'années, en Afrique, A. afarensis présentait
déjà un bassin et des membres inférieurs révélant
la bipédie, comme le montre le document. En effet, le bassin est
élargi par rapport aux singes, comme dans l'espèce humaine,
et l'articulation du fémur avec le bassin, déterminant l'angle
de la jambe avec la verticale, est caractéristique de la station
bipède. Bien qu'il s'agisse d'une bipédie encore imparfaite,
comme le suggèrent le fémur plus court et le bassin, par
rapport à ceux d'Homo sapiens, et bien que les Australopithèques
aient dû être capables de circuler aussi dans les arbres, c'est
une étape capitale de l'hominisation car elle a engagé la
libération de la main, occupée chez les autres Primates à
la locomotion. On sait aussi que le trou occipital était situé
plus en avant que chez les singes et que les membres antérieurs
étaient plus courts, caractéristiques liées à
la bipédie.
Homo erectus
Comme l'indique son nom, H. erectus était parfaitement bipède.
Il s'agit d'un mode de locomotion efficace ayant permis à H. erectus
de migrer sur de longues distances puisque le fossile présenté
vient d'Indonésie. Née en Afrique selon des indices convergents,
la lignée humaine, notamment H. erectus, aurait gagné ensuite
les autres continents, Europe et Asie. Le document ne présente que
le squelette crânien dont le volume, beaucoup plus important que
celui de l'australopithèque, révèle un développement
considérable du cortex traduisant un accroissement des performances
psychomotrices. Ce développement du cerveau constitue également
une des caractéristiques de l'hominisation. Une des conséquences
est la capacité à fabriquer des outils. Le document montre
un biface, outil de pierre taillée, caractéristique d'une
industrie encore primitive avec des éclats de grande taille. On
sait également que H. erectus maîtrisait le feu ce qui lui
a permis de coloniser des contrées froides. L'apparition de la culture
dans la lignée humaine constitue une autre caractéristique
de l'hominisation. Elle s'est manifestée initialement par une industrie
de la pierre taillée. L'apparition de cette dernière, antérieure
à H. erectus, est une étape essentielle de l'hominisation.
Après l'industrie lithique, d'autres industries apparaîtront
ultérieurement (bois, os, puis pierre polie, métaux, etc.).
Homo sapiens sapiens
Dernier représentant de la lignée humaine datant de quelques
dizaines de milliers d'années, H. sapiens est l'espèce à
laquelle nous appartenons. Le fossile présenté, daté
de 16 000 ans et trouvé en Dordogne, possède un volume crânien
de 1 400 cm3 et, une industrie diversifiée (éclats retouchés,
os). On sait également que ces hommes, identiques à nous
sur tous les plans, étaient capables de réaliser des œuvres
d'art de grande qualité (grottes de Lascaux) et avaient des croyances
magico-religieuses puisqu'ils enterraient leurs morts selon des rituels
précis. Ils ont eux aussi migré sur de longues distances
atteignant tous les continents et la plupart des îles océaniques.
Le développement de la culture (industries, arts, croyances) constitue
la dernière étape de l'hominisation dont on connaît
les développements historiques (révolution agricole, révolution
industrielle, révolution de la communication et des échanges
?).
Conclusion
Ainsi, A. afarensis, H. erectus, H. sapiens sont chacun caractéristiques
d'une étape importante de l'hominisation : bipédie (A. afarensis,
- 3,2 Ma), développement du cerveau et capacité à
fabriquer des outils (H. erectus, - 200 000 ans), étape actuelle
avec l'extraordinaire développement de la culture, notamment scientifique
et technique (H. sapiens, - 16 000 ans). L'être humain actuel est
anatomiquement identique à son ancêtre H. sapiens apparu il
y a entre 50 000 et 100 000 ans.
Sujet
Unicité génétique des individus et polymorphisme des espèces
La Drosophile est une petite mouche très utilisée pour l'étude de la transmission des caractères génétiques.
À partir de l'exploitation rigoureuse et de la mise en relation des 3 documents proposés, montrez qu'il est possible de mettre en évidence l'existence de brassages génétiques au cours de la méiose chez la Drosophile.
Introduction
Au cours de la méiose, ensemble de deux divisions précédées
d'une seule biosynthèse d'ADN, permettant la formation de gamètes
haploïdes, les allèles portés par les chromosomes homologues
des cellules subissant la méiose sont redistribués entre
les cellules filles puis dans les gamètes. On appelle ce phénomène
brassage génétique. Nous montrerons que les informations
tirées des documents permettent d'identifier un brassage interchromosomique,
lié à la ségrégation indépendante des
chromosomes, et un brassage intrachromosomique, lié à des
échanges de segments chromosomiques entre chromatides sœurs. Il
en résulte la formation de nouvelles combinaisons alléliques
pouvant conduire à des génotypes et à des phénotypes
différents de ceux des parents.
Gènes et allèles considérés dans les
croisements
Les croisements présentés dans le document 2 concernent
des gènes que l'on peut localiser sur la carte chromosomique du
document 1. Les mutations black et cinnabar concernent deux gènes,
contrôlant respectivement la couleur du corps et celle de l'œil,
situés sur le même chromosome, le chromosome II, à
9 centimorgans de distance l'un de l'autre. Il s'agit donc de gènes
liés puisque situés sur un même chromosome. En revanche,
la mutation cardinal, qui concerne un autre gène contrôlant
la couleur de l'œil, se trouve sur le chromosome III. Ainsi, les allèles
black/corps sauvage et cardinal/œil normal, correspondent à des
gènes indépendants puisque situés sur des chromosomes
différents.
Brassage interchromosomique
Le brassage interchromosomique est révélé par
les croisements réalisés entre souches qui diffèrent
par les allèles de gènes indépendants. En effet, dans
ce cas, lors de la méiose, les gènes ont le même comportement
que les chromatides individuelles et les différents allèles
se répartissent de manière équiprobable dans les gamètes.
Considérons la deuxième série de croisements où
sont en cause les mutations black et cardinal. La génération
F1 étant entièrement sauvage, les deux allèles mutés
sont récessifs par rapport aux allèles sauvages correspondants.
En effet, les mouches P1 sont homozygotes pour black (c'est indiqué
dans le texte) et pour cardinal puisqu'il s'agit d'un allèle récessif
qui s'exprime. Quand elles sont croisées avec des mouches sauvages,
la génération F1 qui en résulte présente un
phénotype sauvage, ce qui montre que les parents sauvages étaient
homozygotes. Les descendants F1 doivent avoir un génotype hétérozygote
puisqu'ils reçoivent de leurs parents un allèle sauvage et
un allèle muté de chacun des deux gènes. Le croisement
F1 x P1, qui est un croisement test (croisement en retour) le confirme.
On obtient quatre phénotypes en proportions semblables (corps sauvage,
œil sauvage ; corps black, œil sauvage ; corps sauvage, oeil cinnabar ;
corps black et corps cinnabar) traduisant la répartition au hasard
dans les cellules filles des chromosomes homologues lors de la première
division et des chromatides sœurs lors de la seconde. Les croisements effectués
peuvent être résumés de la façon suivante :

Les proportions attendues des quatre phénotypes étant égales aux proportions observées, elles confirment la ségrégation indépendante des chromosomes II et III qui portent les gènes considérés.
Brassage intrachromosomique
La première série de croisements concernant des gènes
liés illustre le brassage intrachromosomique. La distance de 9 centimorgans
entre les locus des deux gènes donnée par la carte génétique
indique que le pourcentage de recombinaison atteint 9 %. Lors d'un croisement
test (effectué entre hétérozygotes pour les deux gènes
black et cinnabar et doubles homozygotes), la recombinaison des gènes
situés sur un même chromosome confirme que des échanges
de segments chromosomiques se sont produits lors de la prophase I de la
méiose chez les individus F1 puisque de nouvelles combinaisons d'allèles
se manifestent (corps noir, œil normal ; corps normal, œil rouge). Si on
obtient 8 % de recombinants au lieu des 9 % indiqués par la carte,
c'est parce que le pourcentage observé est toujours légèrement
sous évalué à cause des doubles crossing-over qui
ne se manifestent pas dans le phénotype. La fréquence des
recombinaisons est bien proportionnelle à la distance entre les
locus des deux gènes, caractéristique à la base de
la construction de la carte génétique. En outre, le document
3 montre, sur une photographie prise au microscope, les échanges
de segments chromosomiques qui se produisent lors de la prophase I. Le
cliché montre un bivalent, ensemble de deux chromosomes homologues
réunis lors de la prophase I. Le bivalent comporte quatre chromatides
identiques deux à deux puisque résultant de la réplication
de l'ADN avant la méiose. Des chiasmas, entrecroisements des chromatides
sœurs, sont visibles. Ils correspondent aux échanges de segments
entre chromatides sœurs, les crossing-over, à l'origine de la recombinaison
des gènes situés sur un même chromosome. La figure
ci-dessous schématise un bivalent lors de la prophase I de la méiose
avec un chiasma entre deux gènes liés A/a et B/b correspondant
à bl+/bl et cn+/cn de l'exemple et leur destinée ultérieure.

Conclusion
Lors de la méiose, qui assure le passage de l'état diploïde
à l'état haploïde nécessaire à la fécondation,
les allèles sont redistribués dans les cellules filles. Chez
les hétérozygotes, les cellules filles peuvent recevoir l'un
ou l'autre de deux allèles différents. Si l'on considère
plusieurs gènes, de nouvelles combinaisons alléliques vont
pouvoir se former dans les gamètes en raison de mécanismes
de brassage génétique. Selon leur localisation (sur un même
chromosome : gènes liés ; sur des chromosomes différents
: gènes indépendants), les mécanismes de brassage
sont différents. Les gènes indépendants sont redistribués
indépendamment avec une égale probabilité. Au contraire,
la redistribution des allèles des gènes liés, qui
dépend de la fréquence des crossing-over, se produit avec
une probabilité proportionnelle à leur distance sur le chromosome.
On parle respectivement de brassage interchromosomique et intrachromosomique.
Sujet
Unicité génétique des individus et polymorphisme
des espèces
Mucoviscidose et thérapie génique
Dans notre population, la mucoviscidose est la maladie génétique
grave la plus fréquente. Depuis que les chercheurs ont isolé
en 1989 le gène anormal qui perturbe le fonctionnement du pancréas
et de l'appareil respiratoire, tous les espoirs sont permis de pouvoir
soigner, bientôt, cette maladie.
Le gène impliqué dans la mucoviscidose, appelé
CFTR, n'est essentiel que dans les cellules des bronches et du pancréas
où il est responsable de la synthèse d'une protéine
qui sert au transport du chlore à travers les membranes. Lorsque
cette protéine est absente, comme c'est le cas chez un malade mucoviscidosique,
les cellules des bronches produisent un mucus particulièrement collant,
cause d'infections graves et fréquentes qui conduisent au décès
prématuré du malade. Corriger les sécrétions
bronchiques anormales semble un pari gagnable. Actuellement, il est techniquement
possible de remplacer un gène défectueux par un gène
sain.
À partir de la seule exploitation des 4 documents proposés et de leur mise en relation, expliquez les étapes nécessaires à la mise en place de la thérapie génique expérimentée dans le traitement de la mucoviscidose.
Introduction
La thérapie génique consiste à insérer
par transgenèse un gène normal dans le noyau de cellules
qui comportent un gène anormal pour corriger le défaut qui
en résulte. En effet, l'expression du transgène doit permettre
alors de rétablir la fonction défectueuse. Pour réussir,
la thérapie génique nécessite différentes étapes
: construction d'un vecteur apte à délivrer son ADN spécifiquement
dans les cellules cibles, insertion du gène normal dans l'ADN du
vecteur, expression du gène dans les cellules cibles. Nous expliquerons
les étapes illustrées par les documents proposés dans
le cas de la thérapie génique de la mucoviscidose.
Choix d'un vecteur
Pour faire pénétrer un gène dans une cellule,
il faut d'abord disposer d'un vecteur, construction apte à pénétrer
dans les cellules cibles. Le document 1 montre comment un adénovirus
pénètre dans une cellule. Le virus doit reconnaître
un récepteur membranaire de la cellule cible et s'y lier avant d'être
ingéré par endocytose. Après rupture de la vésicule
d'endocytose, le virus peut pénétrer dans le noyau et y délivrer
son ADN. Dans le cas de la mucoviscidose, le premier problème à
résoudre est donc d'obtenir un vecteur susceptible de reconnaître
spécifiquement les cellules des bronches. Comme les adénovirus
ne se lient pas aux cellules des bronches, il faut d'abord modifier le
virus pour le rendre apte à pénétrer dans ces cellules.
Modification du virus
Pour rendre le virus capable de se lier aux cellules des bronches,
on a cherché un récepteur spécifique de ces cellules.
Le document 2 nous informe qu'il existe un tel récepteur, le P2Y2,
présent en grandes quantités à la surface des cellules
des bronches. Comme le virus ne se lie pas naturellement à cette
protéine, on a cherché à en modifier l'enveloppe.
Le document 3 indique comment le virus a été transformé.
En modifiant les fibres portant les nodules, on peut remplacer certains
d'entre eux par des nodules capables de se lier à P2Y2. Dans ces
conditions, les nodules se lient à P2Y2 et l'adénovirus modifié
peut pénétrer dans la cellule par endocytose. Pour être
utile, le virus doit contenir le gène CFTR normal.
Insertion du transgène dans le virus
Le document 4 montre comment le gène CFTR peut être introduit
dans le virus. L'ADN viral a la forme d'un anneau. Il est traité
par des enzymes, des endonucléases de restriction, capables d'ouvrir
l'anneau en coupant l'ADN en un seul site caractérisé par
une courte séquence nucléotidique. Parallèlement,
le gène à insérer est découpé par des
enzymes similaires à partir d'ADN humain normal. Les enzymes utilisées
permettent d'obtenir des extrémités simple brin complémentaires
entre l'ADN humain et l'ADN viral. Quand les deux ADN sont mis en contact,
il se forme une molécule recombinante circulaire comportant le gène
CFTR. L'ADN recombinant doit alors être replacé dans des particules
virales. Ces particules sont destinées à être administrées
au patient.
Si le transgène s'exprime dans les cellules des bronches, le canal chlorure peut être synthétisé normalement et le mucus redevenir normal lui aussi, éliminant les symptômes les plus graves de la maladie.
Conclusion
Le traitement d'une maladie génétique par thérapie
génique nécessite donc la construction de vecteurs capables
de délivrer spécifiquement un gène normal dans des
cellules cibles spécifiques. Le vecteur doit donc comporter l'ADN
normal et doit pouvoir reconnaître spécifiquement les cellules
cibles et y pénétrer. Toutefois, cela ne règle pas
tous les problèmes. En effet, pour être efficace, il faut
également que l'ADN étranger soit intégré dans
l'ADN de l'hôte et qu'il s'exprime normalement dans les cellules
cibles.