Corrigés
Sujet
Évolution biologique : la lignée humaine
Les Hominidés (exemple : Homme) et les Pongidés (exemple : Chimpanzé, Gorille) appartiennent à l'ordre des Primates.
Après avoir exposé de façon structurée
les comparaisons anatomiques et chromosomiques montrant les différences
entre ces deux familles, donnez les critères d'appartenance à
la lignée humaine.
Introduction
Les Hominidés partagent avec les autres Primates et notamment
avec les Pongidés, les Primates les plus proches de lui, de nombreux
caractères reçus d'un ancêtre commun vivant il y a
5 à 7 millions d’années. Ils possèdent également
des caractéristiques propres, en particulier anatomiques et chromosomiques.
Ces caractéristiques permettent de définir des critères
d’appartenance à la lignée humaine.
Comparaison anatomique
Même s’il existe de nombreuses différences, certaines
d’entre elles sont particulièrement importantes car elles ont dû
conditionner l’évolution ultérieure de la lignée.
Le tableau ci-dessous présente les principales différences
anatomiques entre Hominidés et Pongidés.

Les principales différences anatomiques sont celles qui correspondent à la bipédie et au développement du cerveau. En effet, la libération de la main et le développement du cortex cérébral sont à l'origine des capacités proprement humaines à fabriquer des outils.
Comparaison chromosomique
Chez le Chimpanzé, il y a 2n chromosomes = 48 tandis que chez
l'Homme, on trouve 2n chromosomes = 46. Ceci résulte de la
fusion de deux chromosomes de Chimpanzé en un seul chez l'Homme.
D'autre part, plus de la moitié des chromosomes sont identiques
chez les deux espèces et les autres résultent pour la plupart
de remaniements de segments homologues identifiables par la coloration
des bandes. On estime que seulement 2 % de l'information génétique
diffèrent entre les deux espèces. Ainsi, des modifications
majeures conduisant à une nouvelle lignée ayant connu un
grand succès évolutif ne correspondent pas nécessairement
à des différences génétiques majeures.
Critères d’appartenance à la lignée humaine
Ils découlent des différences entre Hominidés
et Pongidés. Sur le plan anatomique, on considère comme appartenant
à
la lignée humaine les Primates ayant acquis la bipédie, un
cerveau développé et, en conséquence, la capacité
à fabriquer des outils, une des caractéristiques essentielles
de l’Homme. Ceci a été favorisé par la libération
du membre antérieur, devenu inutile à la locomotion avec
l'acquisition de la station verticale et de la bipédie. L'apparition
du langage articulé rend possible une pensée abstraite, conceptuelle
et logique, qui fait également partie des principaux critères
de définition de l’espèce humaine. Le langage et la pensée
ont conduit, en outre, à la culture au sens large, c’est à
dire à toutes les manifestations artistiques, magico-religieuses,
sociales etc.
Si les Chimpanzés ne répondent à aucun des critères
précédents, il n’en est pas de même de divers fossiles
de primates trouvés dans des couches datant au plus de 4 à
5 Ma. L'identification de caractéristiques comme la bipédie
ou l'outillage lithique permet de les considérer comme faisant partie
de la lignée humaine.
Conclusion
Les caractéristiques principales de l’espèce humaine,
bipédie, développement du cerveau et culture sont apparues
progressivement chez les Hominidés successifs au cours d'une évolution
de quelques millions d'années à partir d'un ancêtre
commun avec les Pongidés. Au cours de cette période, des
caractéristiques, comme la brachiation que l’on trouve encore chez
les singes, ont disparu dans la lignée humaine tandis que de nouvelles
apparaissaient comme la bipédie. Cette acquisition progressive,
l’hominisation, a accentué les différences avec les Pongidés
dont l’évolution n’a pas été marquée par de
telles acquisitions nouvelles même s’ils restent très proches
de nous sur le plan génétique.
Sujet
Fonctionnement d'un système de régulation
À partir de l'exploitation des documents 1 et 2 et de vos connaissances, expliquez les mécanismes hormonaux permettant l'ovulation.
Introduction
L'ovulation dépend d'un déterminisme hormonal cyclique
permettant la libération d'un ovocyte dans les voies génitales
environ tous les 28 jours chez la femme. Après avoir établi
les relations hormonales entre les différents organes impliqués
à partir de l'étude des documents, nous préciserons
certains points essentiels du déterminisme hormonal de l'ovulation.
Document 1
La disparition des cycles après ablation de l'hypophyse et la
restitution de fonction obtenue par injections d'extraits hypophysaires
montre que le cycle ovarien et le cycle utérin sont sous le contrôle
d'hormones hypophysaires. Toutefois, en ce qui concerne le cycle utérin,
l'action des hormones hypophysaires nécessite un relais ovarien
ce qui montre que ce sont des hormones ovariennes sécrétées
sous le contrôle des hormones hypophysaires qui contrôlent
le cycle utérin.
L'expérience B montre que les hormones sécrétées
par l'hypophyse sont les gonadostimulines FSH et LH.
Document 2
La destruction du noyau arqué faisant disparaître les
cycles et l'ovulation, et l'injection de Gn-RH étant susceptible
de restituer les fonctions disparues, on en déduit que l'hypophyse
est contrôlée par l'hypothalamus dont le noyau arqué
produit du Gn-RH. Il s'agit d'une neurosécrétion des neurones
du noyau arqué qui se déverse au niveau du système
porte hypophysaire avant d'aller agir sur l'hypophyse. L'action sur l'hypophyse
dépend du mode d'injection. Seules des injections répétées,
mimant une sécrétion pulsatile sur un rythme horaire, rétablissent
le cycle et l'ovulation. En effet, comme le montrent les graphiques, lorsque
les injections sont discontinues, la sécrétion des gonadostimulines
passe de 2,5 à 15 ng.mL-1 pour la LH et de 10 à 100 ng.mL-1
pour la FSH alors qu'elle diminue lorsque l'administration est continue.
Explications complémentaires
Étant donné que la sécrétion de FSH et
LH augmente à la suite de l'administration de Gn-RH, l'ovaire va
être stimulé et l'ovulation va se produire. C'est le pic de
sécrétion de ces deux hormones qui déclenche naturellement
l'ovulation. Dans les conditions physiologiques, le pic ovulatoire se produit
lorsque l'axe hypothalamo-hypophysaire est soumis au rétrocontrôle
positif de l'œstradiol. Ceci se produit peu avant l'ovulation lorsque la
sécrétion d'œstrogènes augmente sous l'action des
gonadostimulines hypophysaires. Alors que les œstrogènes freinaient
l'axe hypothalamo-hypophysaire en début de cycle, leur action devient
stimulatrice produisant un autorenforcement du système. Il y a dès
lors une amplification considérable de la production des gonadostimulines
aboutissant rapidement au pic ovulatoire.
Conclusion
On peut résumer la séquence des mécanismes hormonaux
permettant l'ovulation à partir de l'hypothalamus. Les neurones
du noyau arqué sécrètent sur un mode pulsatile la
gonadolibérine Gn-RH qui stimule les cellules gonadotropes de l'hypophyse.
Celles-ci répondent en sécrétant FSH et LH qui agissent
sur les follicules ovariens. Ceux-ci produisent de plus en plus d'oestrogènes
qui après avoir limité la production de FSH et LH la stimulent
(rétrocontrôle positif) aboutissant au pic ovulatoire des
gonadostimulines. Le pic de sécrétion des gonadostimulines
provoque la rupture du follicule mûr et la libération de l'ovocyte.
Sujet
À partir de l'exploitation logique des documents fournis,
montrez comment le fœtus échappe aux mécanismes immunitaires
de défense de sa mère pendant la grossesse.
Un schéma bilan est attendu.
Introduction
Un fœtus présente à la surface de ses cellules des protéines
HLA différentes de celles de sa mère puisque la moitié
de ses gènes lui sont apportés par le gamète paternel.
Pour le système immunitaire de la mère, il constitue donc
du non soi et devrait être éliminé s'il n'existait
pas des mécanismes de protection. Les documents proposés
permettent d'en mettre certains en évidence.
Le trophoblaste
Les données indiquent que les cellules du fœtus ne sont pas
en contact direct avec le système immunitaire maternel en raison
de la présence d'un tissu particulier, le trophoblaste. Elles ne
peuvent donc être ni identifiées comme du non soi ni détruites
par le système immunitaire maternel. En revanche, le trophoblaste
est en contact avec le système immunitaire maternel mais les caractéristiques
de ses marqueurs membranaires lui permettent d'échapper aux défenses
immunitaires. En effet, l'absence de marqueur HLA classique laisse supposer
que ces cellules ne seront pas reconnues comme du non soi. Quant à
l'antigène HLA-G, il leur permet, comme on le verra, d'échapper
aux cellules tueuses NK.
Document 1
Les lymphocytes T cytotoxiques (LTc) surveillent les populations cellulaires
de l'organisme et détruisent par cytolyse les cellules étrangères
(non soi) ou les cellules de l'organisme exprimant un antigène étranger
(soi modifié). Les cellules trophoblastiques devraient donc être
détruites comme une allogreffe par l'immunité à médiation
cellulaire. Cependant, comme la reconnaissance nécessite l'association
de l'antigène à une protéine HLA, marqueur du soi,
et que les cellules du trophoblaste n'expriment pas de HLA classique, elles
ne peuvent être identifiées comme étrangères
par les LTc et elles échappent à leur action. L'expérience
confirme cette absence de reconnaissance et de destruction par les LTc,
cellules effectrices spécifiques de l'immunité cellulaire,
pour lesquelles les cellules du trophoblaste sont donc indétectables.
Document 2
Ce document présente une catégorie de cellules, les NK,
qui ont une action sur les cellules dépourvues de marqueurs HLA
classiques, ce qui est le cas des cellules du trophoblaste. On pourrait
donc s'attendre à ce qu'elles soient détruites par les NK.
Toutefois, les NK sont dotés d'un système de reconnaissance
du marqueur HLA-G qui inhibe leur action cytolytique (récepteur
KIR). Comme les cellules du trophoblaste possèdent le marqueur HLA-G,
elles inhibent l'action des NK qui se lient à ce marqueur par leur
récepteur KIR. Les expériences menées in vitro vérifient
ces hypothèses et confirment l'importance de HLA-G pour la protection.
En effet, si on empêche cette protéine d'être reconnue
par le récepteur KIR avec des anticorps qui la reconnaissent, les
cellules sont détruites malgré la présence du marqueur
parce que les NK ne sont plus inhibés. La deuxième série
d'expériences confirme l'innocuité des NK pour les cellules
trophoblastiques et montre que le récepteur KIR reconnaît
les protéines HLA-G d'individus différents. Ainsi, quel que
soit le groupe HLA du père, le fœtus restera protégé
de l'action du système immunitaire maternel.


Conclusion
La protection des cellules fœtales est assurée par une barrière
cellulaire, le trophoblaste, dont les caractéristiques des marqueurs
membranaires permettent à ses cellules, à la fois d'échapper
aux LTc par l'absence de HLA classique et aux cellules NK par leur marqueur
HLA-G qui neutralise les NK en se liant au récepteur KIR. Ces mécanismes
non spécifiques protègent le fœtus quel que soit le groupe
HLA du père.
Sujet
Unicité génétique des individus et polymorphisme des espèces
Corentin, fils d'Alain et de Béatrice, est atteint de retard
mental. Le couple attend un second enfant et souhaite savoir s'il sera
affecté du même retard mental que son frère.
Une analyse d'ADN est pratiquée. Le résultat est donné
par le document 3.
À partir des informations tirées des trois documents,
précisez l'origine biochimique de la déficience de Corentin
et faites un diagnostic pour l'enfant à naître.
Introduction
L'analyse de l'ADN, notamment par l'analyse de Southern, permet d'identifier,
dès avant la naissance, certaines anomalies génétiques
à l'origine de pathologies graves. Après avoir déterminé
les causes génétiques et les mécanismes biochimiques
à l'origine du retard mental de l'enfant, un diagnostic fondé
sur l'analyse de l'ADN pourra être établi pour le fœtus.
Origine génétique du retard mental de Corentin
Les résultats des dosages sanguins du document 1 montrent que
le retard mental est associé à une suractivité de
l'enzyme 2 de la chaîne de biosynthèse des purines, une enzyme
qui catalyse la transformation de la phosphoribosylamine en glycinamide
ribonucléotide. Cette suractivité semble liée à
la présence de trois exemplaires du fragment 21 q 22.1 du chromosome
21, donc à trois exemplaires du gène Gart puisque la carte
cytogénétique du document 1 montre que le locus du gène
Gart correspond à la bande 21 q 22.1. Lorsqu'il n'existe que deux
exemplaires de ce fragment chromosomique, l'activité de l'enzyme
2 est plus faible et il n'y a pas de retard mental. Les résultats
du test de Southern présentés sur le document 3 confirment
l'existence chez Corentin de trois exemplaires du gène Gart, c'est
à dire de trois allèles. Un a été reçu
de sa mère, un de son père et le troisième peut venir
de l'un ou l'autre. Ils correspondent à trois fragments 21 q 22.1
différents. La présence de trois exemplaires d'un même
fragment chromosomique suggère que Corentin possède de l'ADN
en excès à l'origine de sa maladie.
Quelles sont les conséquences biochimiques de cette anomalie
génétique ?
Anomalies des neurones liées à la biosynthèse
des purines
Les dosages sanguins montrent que la suractivité de l'enzyme
2 est associée à une augmentation du taux sanguin de purines
de l'ordre de 50 % par rapport à l'activité normale. Or,
comme l'indiquent les résultats des cultures présentés
au document 2, le fonctionnement correct des neurones dépend de
la concentration en purines. Lorsque le milieu est enrichi en purines (culture
1), les neurones dégénèrent. Un excès de purines
conduit donc à la mort neuronale. Inversement, les cellules ayant
perdu la capacité à fabriquer des purines, par exemple par
mutation de l'enzyme 2 (culture 2, cellules CHO), dégénèrent
si on ne leur fournit pas de purines dans le milieu. En revanche, les hybridomes
réalisés avec les cellules CHO et les cellules humaines subsistent
lorsqu'ils conservent le chromosome humain 21, donc lorsqu'ils sont en
mesure de fabriquer une enzyme 2 normale.
En résumé, chez l'enfant atteint, un exemplaire en surnombre du gène Gart conduit à un excès d'enzyme 2 responsable d'une synthèse excessive de purines. L'excès de purines est à l'origine de la mort de neurones dans le système nerveux central qui explique le retard mental affectant l'enfant Corentin.
Diagnostic de l'enfant à naître
Le document 3 présente les résultats du test de Southern
effectué chez les membres de la famille. On constate que le fœtus
possède deux exemplaires du gène Gart correspondant à
deux allèles différents, l'un reçu de son père,
l'autre de sa mère, donc deux fragments 21 q 22.1. On en déduit
que l'enzyme 2 chez cet enfant aura une activité normale (100 u.a.)
conduisant à un taux de purines normal, de l'ordre de 79 mmol.L-1.
Il ne présentera donc pas de retard mental puisque ce dernier apparaît
seulement lorsque sont présents trois exemplaires de 21 q 22.1 dans
son génome.
Conclusion
Le défaut génétique conduisant au retard mental
chez Corentin est absent chez le fœtus. L'anomalie correspond à
la présence d'ADN en excès conduisant à une synthèse
excessive de purines responsable de la mort des neurones. Il pourrait donc
s'agir d'une trisomie 21 à l'origine d'un Syndrome de Down (Mongolisme)
ou d'une duplication de la bande 21 q 22.1 dans le génome des malades.