SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE
- Série S -
Antilles - Guyane, juin 2000
CORRIGES
En
vous appuyant sur quelques indices géologiques, montrez que l'évolution
de l'atmosphère et celle de la biosphère, depuis l'origine
de la vie jusqu'à la conquête du milieu continental, sont
indissociables.
L'atmosphère a influencé l'évolution de la vie
La vie est apparue vraisemblablement dans un milieu aqueux suite à la formation de polymères. Les constituants essentiels du vivant ont eu pour origine, au moins en partie, des constituants de l'atmosphère comme l'eau et le carbone du CO2. Elle s'est développée d'abord dans un milieu anoxique, puisque le dioxygène était absent de l'atmosphère. L'accumulation du dioxygène produit par les Cyanobactéries, d'abord dans les eaux, puis dans l'atmosphère, vers - 2 Ga, a dû constituer une catastrophe écologique pour les organismes anaérobies stricts. Les organismes aérobies se sont ensuite développés, mettant à profit le dioxygène atmosphérique pour leur métabolisme, avec un rendement nettement supérieur à celui du métabolisme anaérobie. Cette amélioration des performances a dû conditionner l'apparition d'organismes pluricellulaires de grande taille qui sont tous aérobies. De plus, l'accumulation de dioxygène a permis la formation d'une couche d'ozone (O3) dans la haute atmosphère. Jusque là, les êtres vivants étaient protégés du rayonnement solaire ultraviolet (qui détruit l'ADN) par l'eau de leur milieu. Ils ne pouvaient survivre hors de l'eau. En absorbant l'essentiel de ce rayonnement, l'ozone atmosphérique a rendu possible la sortie des eaux et la conquête du milieu continental par les êtres vivants.
Conclusion
Ainsi, au cours de l'histoire de la planète, la biosphère a influencé l'atmosphère et l'atmosphère a influencé la biosphère. Les échanges gazeux de dioxyde de carbone et de dioxygène constituent le moteur de ces interactions. Ceci reste actuel, notamment en raison de l'influence des activités humaines sur la composition de l'atmosphère, l'effet de serre et la couche d'ozone et, en retour, en raison de la sensibilité de la biosphère aux constituants, même minoritaires, de l'atmosphère et à la température.
À partir des documents 1 et 2, et en vous appuyant sur vos connaissances, dégagez les caractéristiques essentielles des mécanismes immunitaires impliqués au moment de l'élimination des cellules cancéreuses par l'organisme.
Document 2
Le document illustre la phase effectrice de la réponse cellulaire dont il montre deux étapes successives. Dans un premier temps, le LTc entre en contact avec la cellule cancéreuse. S'il reconnaît l'antigène qui lui correspond, il s'agit de sa cible et il s'y fixe par des molécules spécialisées. Dans un second temps, Le LTc produit une molécule, la perforine, spécialisée pour produire la lyse de la cellule cible. Cette dernière est lysée et son contenu se répand dans le milieu.
Conclusion
Les
mécanismes immunitaires impliqués lors de l'élimination
des cellules cancéreuses mettent en jeu les lymphocytes T. La coopération
de LT4 et de LT8 spécifiques d'un même antigène aboutit
à la formation d'un clone de LTc capables de provoquer la lyse des
cellules cancéreuses.
Le xeroderma pigmentosum de type B est une maladie rare caractérisée par l'apparition de taches brunes sur la peau. Cette pigmentation anormale est due à une mortalité cellulaire importante.
En vous appuyant sur les documents présentés, précisez les conditions et les mécanismes qui peuvent conduire à l'apparition de cette maladie dans la famille de madame D.
Une origine génétique
Le document 4 montre que l'absence de réparation a une origine génétique. Chez les individus atteints, la séquence du gène ERCC3 codant une protéine de réparation présente une mutation par rapport à celle de l'allèle normal. La cytosine en position n° 10 de la séquence normale est remplacée par une adénine. Si cette anomalie est responsable de la maladie, on doit pouvoir la suivre dans l'arbre généalogique.
Mode de transmission
Plusieurs individus atteints (II-1, III-1, III-2) ont des parents non atteints. Ceci prouve que l'allèle est récessif car sinon au moins un des parents serait atteint. Ceci est compatible avec les données précédentes : un seul exemplaire de l'allèle normal serait suffisant pour produire l'enzyme de réparation ce qui explique que les hétérozygotes comme I-1, I-2, II-2 et II-3 ne sont pas atteints. De plus, le gène est porté par un autosome. En effet, s'il était porté par le chromosome X, le père des filles II-1 et III-2 serait lui-même atteint puisqu'il aurait transmis son X à sa fille. La transmission du x. pigmentosum est donc autosomale récessive, l'allèle récessif étant l'allèle muté qui code une enzyme de réparation inactive. La sensibilité aux UV n'apparaît que chez les homozygotes qui ne produisent que de l'enzyme de réparation inactive.
Conclusion : la famille de madame D.
Madame D est atteinte et donc homozygote pour l'allèle muté qui est récessif. Chacun de ses gamètes sera porteur de l'allèle muté qui va donc se transmettre dans sa descendance aux garçons comme aux filles qui auront une probabilité 1/2 de transmettre l'allèle muté. Tant qu'il n'y aura pas de descendance avec un hétérozygote, la maladie ne se manifestera pas. En cas d'enfant homozygote, la manifestation de la maladie est conditionnée à l'exposition aux UV et peut donc être prévenue par les protections appropriées.
À partir des documents fournis, montrez que le potentiel d'action correspond à une séquence de phénomènes ioniques liés aux structures présentes au niveau de la membrane du neurone.
Le document 4 présente les variations de potentiel membranaire d'un neurone à la suite d'une stimulation efficace. La différence de potentiel transmembranaire de - 70 mV au repos passe, après un temps de latence de 1 ms, à + 30 mV en 0,5 s. C'est une dépolarisation. Le potentiel transmembranaire revient ensuite à sa valeur de repos après une légère hyperpolarisation. Les variations du potentiel de membrane peuvent être corrélées au comportement des ions cellulaires et extracellulaires et aux canaux ioniques qui en conditionnent le passage transmembranaire.
Mouvements ioniques et canaux
Le document 3 montre que lors de la phase de dépolarisation du potentiel d'action, le maximum de canaux de type 1 ouverts correspond au pic du potentiel d'action. Inversement, l'augmentation plus lente de l'ouverture des canaux de type 2 correspond à la phase de repolarisation. Or la composition ionique des milieux intra et extracellulaire donnée au document 2 montre que les ions Na+ extracellulaires doivent avoir tendance à pénétrer dans l'axone tandis que les ions K+ doivent avoir tendance à sortir en fonction de leur gradient de concentration. On en déduit que les canaux de type 1 doivent être des canaux spécifiques des ions sodium et ceux de type 2 des canaux spécifiques des ions potassium. La dépolarisation serait due à l'entrée d'ions Na+ résultant de l'ouverture des canaux sodium en réponse à la stimulation et la repolarisation suivrait par sortie d'ions K+ résultant de l'ouverture des canaux potassium.
Patch Clamp
Les expériences de patch clamp confirment ces mécanismes à l'échelle du canal individuel. L'expérience C du document montre qu'à la suite d'une dépolarisation imposée de la membrane on observe la succession d'un courant entrant et d'un courant sortant. Comme l'intérieur de la membrane est chargé négativement et l'extérieur positivement, un courant entrant traduit une entrée d'ions positifs, du sodium, en raison du gradient électrochimique. Inversement, le courant sortant est dû à une sortie d'ions potassium, là aussi en raison du gradient électrochimique puisque la cellule est dépolarisée.
Les expériences A et C le confirment. Lorsque les canaux de type 1 sont bloqués par la TTX, seul le courant sortant se manifeste. Si le sodium ne peut pas pénétrer, cela confirme que les canaux de type 1 sont les canaux sodium. Inversement, en présence de TEA qui bloque les canaux de type 2, seul le courant entrant se manifeste. Cela confirme que la repolarisation est liée à la sortie de potassium à travers les canaux de type 2.
Conclusion
Le
potentiel d'action, caractérisé par la succession d'une brève
dépolarisation suivie d'une repolarisation un peu plus lente, a
pour origine la succession des mouvements entrant des ions sodium et sortant
des ions potassium à travers des canaux ioniques spécifiques
qui s'ouvrent successivement à la suite d'une stimulation, en particulier
lors de l'application d'une tension (canaux voltage dépendants).
Le potentiel d'action correspond au comportement global des canaux individuels
à travers lesquels diffusent les ions en fonction du potentiel électrochimique
de la cellule.